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dimanche 11 janvier 2009

Brent Cash - How Will I Know If I'm Awake (2008)



Le meilleur de 2008 ? Du coté de la lumière, puisqu’il faut savoir la chiner quand elle n’est pas là, il y a l’album de Brent Cash, How Will I Know If I'm Awake : une courte merveille pop avec un soleil léger sur la nuque, une subtile armée d’embruns délectables sur la frimousse, des arrangements non patibulaires lorgnant chez Brian Wilson tout en regardant Curt Boetcher dans le fond du cœur. L’ensemble sans strabisme divergent ni costumes avariés SFP et Marcel Bluwal au pied-de-biche ; un tour de force remarquable, voilà.

NB : N’y voyez aucun anticommunisme primaire de ma part et n’oubliez pas d’ajouter Phil Spector et Burt Bacharach dans le shaker.

vendredi 2 janvier 2009

Mr. Oizo - Lambs Anger (2008)



Il est là lui. Oui il est là lui.

Alors Il n’y a pas de séminaristes, pas l’ombre d’un séminariste, de la musique électronique mais pas de séminaristes. Pas de succubes, de la musique électronique mais pas de succubes... Pas de succubes et pas de séminaristes, que de la musique électronique, de la musique d’ordinateur. Pas d’envoûtement, pas de miasmes sombres, pas de séminaristes, pas de succubes. Pas de miasmes sombres, de la musique électronique, de la musique d’ordinateur. Pas d’envoûtement, pas de miasmes sombres, pas de séminaristes. Pas de kystes, pas de dents en poudre, de poudre de dents explosées, il n’y en a pas. Pas de séminaristes, pas de kystes, pas de poudre de dents, pas de sang, pas de sang coagulé, de la musique électronique, de la musique d’ordinateur, c'est tout...
Alors il y a le contrôle de la pression artérielle, le cœur qui pulse et la pression artérielle. Pas de sang coagulé, pas de succubes, mais le cœur qui pulse, le corps du son tordu, fibre sur fibre, tâche sur tâche, atome sur atome, enzyme sur enzyme, diastase sur diastase. La suie, la suie du son, pas de miasmes sombres mais la suie du son et la pourriture qui se met là et ressort et se tord là. Il y a de la musique électronique, de la musique d’ordinateur, la musique du hasard. Il y a le hasard. Il y a un Bug, un Bug sans séminariste, mais qui crée le hasard ?

NB : Il y a aussi des animaux, nous sommes des animaux, des chiens andalous.

lundi 29 décembre 2008

Max Tundra - Parallax Error Beheads You (2008)



Le meilleur de 2008. Du côté de l’electro bricolée, puisqu’il faut savoir bricoler à temps perdu, il y a l’album de Max Tundra , Parallax Error Beheads You, une courte merveille de choses plus synthétiques que natures, un délectable duel d’arcade-bleeps entre l’hirsute Sonic et Super Mario l’homme aux pizzas. Tout ça plus ça, et pas moins ça, et sous le feu, la lueur des fusées 8 bits, des chansons… des vraies chansons, perverses, infectieuses, maniaques et décalées……
Voilà quand la parallaxe nous tient il y a toujours lieu d’être satisfaits, toujours lieu d’être ravis plus que scandalisés, car enfin que voulez-vous Prefab Sprout sans évanouissement bourgeonnant autour des Amiga(s) en rut ou Steely Dan sur le point de crépiter devant les ZX spectrum(s) ne sont que des choses ayant la potentialité tangible de réjouir le quidam qui ne demande qu’à être réjoui.

NB : N’y voyez aucune haine atrabilaire de ma part mais ce disque enterre le jazz-rock une nouvelle fois. Et ne me parlez pas de Jaco Pastorius ou de Squarepusher, non-merci ne me parlez pas d’eux, parlez moi plutôt de Green Gartside.


vendredi 26 décembre 2008

Marnie Stern - This Is It & I Am It... (2008)



Le meilleur de 2008 ? Du côté de l’abrasif et des filles énervées, puisqu’il faut savoir tourner à temps perdu autour des filles énervées, il y a l’album de Marnie Stern : This Is It & I Am It , une succession de tapping(s) véloces et pyrotechniques qui ont tout pour avachir la permanente d'Eddie Van Halen mieux que chez babyliss, voir pire en mieux, tout pour défriser les esprits revêches et par conséquent tout pour rendre heureux l’apolècte de base... Vous ne m’en voudrez pas de me fourvoyer ainsi dans si étranges comparatifs capillaires mais il vous bien constater que Marnie Stern est une vraie guitar-héroine hirsute et il faut également constater que sa Gibson SG customisée n’a rien du fer à friser et encore moins du fer à lisser et tout de la machine à ébouriffer : « Cette machine ébouriffe, cette machine dépeigne les biens peignés, cette machine occis les merlans du secteur ! » Pour le reste, et par-dessus ses exploits guitaristiques, Marnie Stern gazouille comme une jouvencelle tracassée par son carré, une Yoko Ono blonde plus fille indigne autiste que veuve noire gestionnaire… Ah oui ! les « chansons », les morceaux, un peu indéfinissables les morceaux, un peu Dire Straits accéléré par le speed métal divisé par deux multiplié par Magma et redivisé par Ratatat, bref que du palpitant, de l’acrobatique et de l’heureusement fatigant pour les oreilles... et les cheveux.


NB : This Is It And I Am It And You Are It And So Is That He Is It And She Is It And It Is It And That Is That...

lundi 14 juillet 2008

Ratatat - LP3 (2008)



D’aucuns, ici où là, commencent à gloser dans les coins : « Ah ! Ouais mouais ! Ratatat, toujours pareil Ratatat, ce paupérisme mélodique qui tourne en rond et lasse son homme, en plus la pochette est moche ! » Et bien que les gloseurs glosent, l'aigre a bien des chances de leur retourner un jour l’estomac. Ah ! Tous ces sombres sires, zélateurs du folk à bougie, pub-rockeurs bedonnants sur le retour, fans de ska festif, voir, pour les pires, partisans « impliqués » du post-rock à catogan, et bien qu’ils restent dans leur coin ! Qu’ils s’agglomèrent même dans ce coin ! Qu’ils forment une désobligeante pelote d’antipathie, elle ne saura pas bondir à la verticale tant elle sera plombée par elle-même, par sa composition si disparate et ses teintes astringentes et blafardes. Je ne tirerais en aucun cas le fil de cette saumâtre pelote là, figurez-vous que j’ai bien d’autres choses à faire, les plaisirs de la gymnopédie et de la distraction m’attendent et c’est une petite somme de satisfaction que je ne laisserais choir pour rien au monde.

Ce court préambule acrimonieux passé, nous allons vraiment pouvoir parler du nouveau Ratatat. C’est pour l’essentiel, et à gros traits, toujours le même bidule, ce genre de Daft Punk en dentelles avec le chapeau rond d’Erik Satie sur la tête, cette douceur sur le dance floor, ces guitares qui se souviennent du métal, ces mélodies qui montent comme des flèches et retombent vers le cœur et pas ailleurs. Une petite ivresse qui n’a rien d’un problème lancinant. Si on affine le trait - abandonnons la pointe biseautée 2mm pour une plus précise pointe 0.6mm tout autant biseautée - le crayon pourra alors décrire quelques imperceptibles modifications par rapport aux deux précédents opus ratatatiens, un plus grand choix dans les ingrédients : un piano, un Wurlitzer, un clavecin et même, voyez-vous, un mellotron ! Moins de percussions et de batterie, plus d’atmosphère dans le sens d’Eno, de l’ameublement et donc de Satie ; une belle guitare acoustique : « Mi Viejo » descendue de chez Morricone , un calypso noyé dans la mer des caraïbes : « Flynn », des interludes trépidants mais sans petit train : « Gipsy Threat » , en somme une nouvelle légèreté que les esprits emmêlés ne sauront pas distinguer, n’y voyant, à tort, que la triste aboulie des musiques d’ascenseurs. Pour le reste le crayon saura voir et vous signaler : « Dura », « Mumtaz Khan », « Mirando », petit aréopage de titres ordonnés dans le plus parfait ratatat style ; cette musique de jeunes chats humains.
Ah oui c’est vrai j’oubliais ! Il faut que vous appreniez qu’après avoir écouté le très beau dernier titre de ce LP3 : « Black Heroes », je me suis retrouvé hagard le crayon en suspend, l’air interrogatif et une question au coin du nez : Qui pouvaient bien êtres ces black heroes » là ? Je me suis alors souvenu que le vrai métier de nos jeunes chats consistait à triturer les rappeurs, je me suis remémoré tous ces remixes futés et follement rémunérateurs. Intuitivement j’ai pensé à tous ces trucs East Coast–West Coast, à tous ces « problèmes » résolus sous les néons de Vegas, j’ai pensé à Biggie, ce replet trépassé, et j’ai écouté, réécouté, de lui
« Party And Bullshit » et, voyez-vous, j’ai été ému.



Ps : En parlant de rap trituré, nos jeunes chats humains proposent un joli assortiment, c’est en téléchargement gratuit et c’est
ici.

lundi 10 mars 2008

Adam Green - Sixes and Sevens (2008)



J’en vois, qui dans le fond, sautent comme des cabris affligés. Eh ! bien affectés caprins sachez que vous pouvez bien cabrioler nerveusement, vous rouler dans l’affliction la plus consternée, rien n’y fera, j’aime assez le nouvel Adam Green ! Moi qui étais, tel le cabri flapi et occis devant l’anti-folk à bougies, si peu enthousiaste devant les Moldy Peaches, me voilà ravi par l’habile et aimable recentrage crooner axial de l’ami Adam. Les deux, trois précédents opus solos du bonhomme exhibaient quelques promesses qui ne demandaient qu’à être tenues, celui ci confirme, certifie et tamponne. Adam Green à découvert un truc, son truc , son territoire : la chanson maligne et retorse qui n’invente rien, le professionnalisme matois de musiciens à qui on ne la fait pas… cette voix, chaude, grasse et grave, une voix de chanteur de charme au-dessus d’une mêlée bien ordonnée. Alors dans ce truc qui est donc un territoire et accessoirement un disque, il y aura, des musiciens bien rangés, et des voix bien peignées : Sinatra et Ray Charles, Harry Belafonte et Jim Morrison (donc Sinatra)… Scott Walker sans la métaphysique, Leonard Cohen sans l’épaisseur littéraire… des chansons de cow-boys au coin du feu… le troisième Velvet et même Carla Bley en majorette devant une fanfare bien huilée. Rien de nouveau sous les veilles lunes de l’inspiration, ce disque n’invente pas plus que ça, d’ailleurs il n’invente pour ainsi dire rien, il recycle, mais même pas conceptuel voyez-vous, juste comme ça pour le plaisir de l’auditeur. On aurait peu de peine à préférer les originaux, Sinatra, Walker, Reed ou pour les cabris du secteur, le sel d’un folk bricolo à candélabres ; reste que l’audition de ce disque, absolument non crucial, procure un semblant de plaisir, et que le plaisir c’est beaucoup, l’hédonisme et le plaisir, c’est la transhumance…



Ah ! J’oubliais, puisqu’il faut en finir, l’hédonisme, le goût pour les choses non cruciales reste avec la nympholepsie et paradoxalement la haine des corps vieillis - le trépas consécutif de ceux-ci - le dernier tabou d’une époque se croyant délivrée de tout. Libre car enchaînée par rien, si ce n’est par elle-même, grande puissance de Sacher Masoch !