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mercredi 11 novembre 2009

American Spring - Spring...plus (1972)



La pochette est problématique, le disque pas, saint Brian produit son épouse de l’époque. Un disque conjugal en somme, mais alors pas si simple que ça avec des titres beaux à pleurer Sweet Moutain, Forever  (beau comme chez Dennis) une reprise de  Superstar des définitifs Carpenters, j’adore les Carpenters et vous ? J’adore les Carpenters car c’est seulement l’insondable inertie, la pesanteur de la raison, qui s'oppose à la création d’un monde, en dehors des corps et les Carpenters sont en dehors des corps. Brian aussi, c’est et ce sera d’ailleurs son problème :  comment s'extraire de cette enveloppe de chair et comment tenter de flotter au-dessus ? Comment tenter de conserver un minimum de distance face à son propre corps avec cette somme de désirs dedans ? Expérience périlleuse, expérience qui ne laisse rien de sauf en dessous de soi.


jeudi 4 octobre 2007

Japan - Tin Drum (1981)



Etonnant ! c’est l’un des disques que j’ai le plus écouté avec « La folie » des étrangleurs en chaussettes noires et les trucs tous raides et assez peu guillerets de la division de la joie. (Vraisemblablement que tout cela était lié à mon age de l’époque un vrai petit n’importe quoi fluctuant que j’étais …)
On notera en plus du japonisme de bazar un bassiste mega technique hypra prêt pour les piscines, les saladiers pleins de coke et les blondes communicatives adeptes du lissage de catogans avec une dextérité n’excluant pas une inconséquence très peu relative … On notera surtout
«Ghost» merveille de scie musicale nouvelle vague, et la voix de David Sylvian qui flotte là-dessus. On notera également, et pour finir, la classe persistante de David Sylvian, dandy décalé, précieux pas ridicule… à vous les studios.

jeudi 27 septembre 2007

The Nits - Ting (1992)



« Mais non, ce n’est pas cela… je suis petit, voyons, provisoirement petit… je roule… je roule je suis une avalanche dans la montagne ! Je vous en prie, gens qui passez par là, soyez assez bons pour me dire qu’elle est ma taille, mesurez-moi ces bras, ces jambes. »

Franz Kafka - Description d'un combat


Alors on voudrait être un mélange douteux de Lester Bangs et d’Alexandre Vialatte alors que ne sera jamais rien si ce n’est un Robert Walser sans œuvre ou un André Suarès sans colère. On voudrait chercher la profondeur des choses car l’ironie ne descend jamais jusque-là, mais non il n’y a pas de profondeur il n’y aura jamais de profondeur, toujours de l’ironie, de la surface qui cherche de la profondeur, comme ça, une protection mais une protection dangereuse. Alors il y a bien ce disque des Nits, le plus beau, mais à quoi bon ? Des yeux lavés et ternis par les larmes, du feu dans la tête, des maisons sur la colline (et pas derrière, saloperie d’ironie), un piano, un accordéon et encore du feu dans la tête…. Satie avec du feu dans la tête… mais la discrétion des disques silencieux, ces disques qui font taire un univers trop bruyant et tous les fracas de la tonitruance.

Chut ! je me soustrais…

mercredi 5 septembre 2007

Ptôse - Ignobles limaces (1984)



Le ronflement, le bruit de mouchage, la vermine, le hoquet des dames oblongues, la stimulation de la zone G quand l'endroit est déjà un peu mouillé et les dames oblongues bientôt en geyser, comme le Bellagio le soir quand il fait noir…
Le sacre du printemps, cette crasse du tympan, la chute de l’urine, la chute des larmes, l’étonnement l’ennuie et la colère qui monte quand le désir lui descend..
Boule (Viens ICI !) : on dîne ! Giraudoux ce con lui incapable d’imaginer les globuleux Résidents, incapables d’imaginer leur version française : les ptôses de Niort…. Des fils à dada bardés de minimoog les ptôses de Niort, des olibrius mid eighties qui vocifèrent avec beaucoup de sérieux (car il faut être sérieux) des choses énigmatiques sur la vermine, sur les limaces, vous voyez tous ces animaux aimables qui eux rampent et bavent. Là où Giraudoux ce con n’imagine rien ne voit rien et n’anticipe même pas les ptôses de Niort, Maurice Genevoix lui est encore pire, incapable de lâcher les bêtes à poil, incapable de flairer avant l’heure des lignes de synthés aussi naïves et salopiotes hein ?! Et ces guitares, comme des laconiques coups de rasoirs entamant le museau de ces saloperies d’écureuils marronnassent… bien incapable de penser à des choses aussi sournoises le Maurice, hein ! Maurice Genevoix, je ne vois rien même pas les globes oculaires, gros comme le nez au milieu de la figure ! Ah ! pour faire le malin autour des loutres y a du monde, mais pour le reste hein !
Alors que oui donc Ptôse est un malaise réjouissant, un abcès au pus lent, une romance baveuse, un rendez-vous crapoteux avec l’immonde où on se gratte et on regarde les autres se gratter devant les femmes fontaines…,
C’est décidé, je vais noyer Ophélie pour de bon, j’ai envie de faire un trou dans la couche d’ozone, mais une curieuse migraine me barre le front.. Alors, voilà, je me perds, je m’égare, je ne suis plus là, je passe par le trou dans l’ozone et voilà Giraudoux me regarde de biais, et il me tance, et je le frappe entre les deux yeux, et je tombe, il me reste assez de force pour tomber, voilà…

Ps : Ptôse c'est aussi deux trois choses sur le mythique label « sordide Sentimental »

vendredi 31 août 2007

Hackamore Brick - One Kiss Leads to Another (1971)



Un seul album en 1970, « One Kiss Leads to Another » rien d’autre, aucune autre marque laissée par ses oiseaux là. mais on pourrait dire que l’album se suffit à lui-même ; un petit miracle.
Ici (un peu à gauche pas loin du cœur) il faudrait parler avant tout de fraîcheur, de la fraîcheur (la candeur aussi) des premières fois, comme si nos oubliés jongleurs de briques mettaient toute leur énergie gracile dans le truc : un concentré de rock doux entre le meilleur Lovin Spoonful et la seconde manière du Velvet… oui vous voyez bien, le Velvet apaisé et frais en apparence ; celui du canapé et de Loaded loin des expérimentations, un grand groupe de rock à l’entrain trottinant. Tout chez Hackamore Brick semble venir naturellement, ces merveilles pop addictives « Radio, i Watched You Rhumba » et cette ballade tire larmes nimbée de guitare raide et de piano électrique tendre (Wurlitzer ?) « Peace has come » , et cette chose intrigante : « And i wonder » orgie inconvenante entre le « Murder Mystery » du Velvet (encore) et les Doors… Bon je m'immobilise stoïque là car tout est pour ainsi dire excellent. Un très beau disque à classer non loin de Jonathan et de ses amoureux modernes, juré craché croix de bois croix de fer si je mens, je vais en enfer… et l'enfer c'est les autres et surtout Kiss.

samedi 18 août 2007

Alain Bashung - Play Blessures (1982)



Avec « Play Blessures », Bashung passe la troisième : Pochette classieuse de Mondino, paroles classieuses d’un Gainsbourg pourtant peu concerné et sur sa seconde main. Et pour faire un tout cohérent musique … comment dire classieuse ! Peu habituel tout ça sur les planches vermoulues de notre Académie nationale de musique ! Du glabre moite, des mélopées de salles de bains pas aérées, du dada pelvis et lycée de Versailles, des robinets qui goûtent sur les sinus glacés de nos musiciens de studios à catogans abonnés à la chose morne binaire d’ici (ce petit orgue à un doigt, un peu partout est comme une libération) Et ce dégoût dans la bouche mon Dieu ! Grande leçon pour tous les Eudelines aristopunks du secteur.
Nous voilà plutôt donc frôlant la pelote déroulée par Colin Newman plus que la force basque (le fil de Newman viendra plus tard chez Novice) . De la New Wave triturée et pulvérisée au milieu des phrases du petit Lucien ou plutôt une vision du post punk d’ici glissant sur l’émail de la salle de bain et autour du glauque des mots… du Novö raide et saumâtre… Novövison en somme…La classe en somme…