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lundi 10 août 2009

Christophe J. - Sons Of Waterloo (1983)



De Christophe J. on ne savait pas plus de deux trois choses : qu'il était havrais, distingué et anglophile, qu'il portait beau l'imper gris et que Jiri Smetana (son mentor) un tchèque bienveillant, et néanmoins réfugié, l'avait pour ainsi dire découvert et extirpé des tréfonds du Gibus (ce night-club trépidant). On savait aussi que son album Christophe J. il l'avait miraculeusement enregistré à Londres et que le backing-band qui l'accompagnait avec une efficacité toute discrète était composé de la plus entière globalité des Immates... un combo sensas pour une galette sensas...
En fait ce que l'on savait surtout de Christophe J., c'est ce qui était sur son disque ; ce mamelon Power pop frémissant, ces airs doux-amers pleins d'ondes sentimentales, le souvenir des Kinks, la simplicité archaïque de bonnes chansons qui ne veulent pas se faire plus grandes qu'elles ne sont... Sur deux titres Christophe J. laissait tomber micro et songwriting et c'est Jiri Smetana qui s'y collait : " I Say Yeah" un limite boogie tout en riff et surtout " Wall Of Kampa" bel hommage à John Lennon ; chanson personnelle (comme on dit) puisque ce fameux "mur de Kampa" c'était le mur où la jeunesse pragoise, et bridée se défoulait dans moult graffitis libérateurs à la gloire des coléoptères... Le reste était du pur Christophe J., soit ce que j'ai décrit plus haut : une musique modeste et intangible où il était question de filles un peu roses, mais nerveuses, de la face ensoleillée de la lune, de choses tendres et d'autres moins.... Un disque presque inespéré, un disque sensas par un type qui devait l'être... sensas (même en imper gris). Qu'est-il devenu ? Mystère !

PS : Il n'y a rien à trouver de l'autre côté de lune, même pas Syd Barrett.


dimanche 12 juillet 2009

WC3 – Moderne Musique (1982)



On aimait beaucoup WC3 parce qu’intuitivement on sentait bien que c’était un groupe qui ne tricherait jamais, loin du post-punk rennais à saxophone (la clique raide de Marquis De Sade) loin des chemises rouges et des simulacres stoogiens en ouverture de Talking Heads (les mignons Taxi Girl), loin aussi de la brume anglaise et de ses vagues sombres (Joy Division et tutti quanti...) On aimait beaucoup WC3 parce que c’était un groupe puissant et sincère, drôle et sanglant, qu’il ne ressemblait à rien si ce n’est à lui-même et que, par exemple, son chanteur paraissait davantage préoccupé par ses tripes que par la pâtisserie viennoise ou la grande Europe. On aimait aussi beaucoup et surtout WC3 parce qu’il y avait Janine… Janine pieds nus sur la pochette ratée de leur premier disque réussi, une jeune Juliette Binoche en mieux. Janine et ses claviers qui étaient là, partout, un ciment merveilleux que ces claviers là, Janine le Dave Greenfield du Nord , le Ray Manzarek de St Quentin ( Aisne). On aimait WC3 et puis Janine est morte, suicidée un soir… backstage. On est resté un peu con, on était un peu amoureux d’elle sans même la connaître. Les strates du temps sont passées par-là, posées en fines lamelles, on a oublié Janine et WC3… Jusqu’à ce que …

Tiens l’autre jour, je déplaçais une pile de 33 tours et à travers le petit nuage de poussière inévitablement engendré par le déplacement, j’ai vu dépasser un coin de pochette: Moderne Musique par WC3 ! Intrigué, j’ai donc tiré la pochette, je l’ai même extirpé péniblement car elle était quasi collée entre un Greatest Hits de Roy Orbison et le Get Happy du binoclard Declan MacManus. L’opération achevée (l’extraction menée) je me suis alors retrouvé avec un disque en moins dans la pile de 33 tours mais avec entre les mains une pochette que j’ai toujours trouvée très à mon goût bien qu’elle soit plus moche que le gibbeux du coin... Ah ! oui, glissé dans le fourreau de cette pochette moche, il y avait encore un poster… et même, voyez-vous, un disque… un disque que j’avais beaucoup aimé en son temps, le disque de WC3… Estimant la chose possible, tenant 33 centimètres de celluloïd dans une main et mon courage dans l’autre, j’ai alors pris la ferme décision de réécouter tout ça et je me suis dirigé vers mon presque teppaz… Alors ?

Alors, il n’y a pas de déception à avoir, c’est toujours aussi bien, puissant et humble… Breakdown : « ce son d’enfer au sourire narquois » ce Bal des Lazes qui vire London Calling ; une merveille rêche, tendue et viscérale. Le reste pareil ou presque : ces claviers constamment judicieux, cette fatale cavalcade ferroviaire : Orient Express, ce spleen adolescent qui ne vire pas au mièvre : Mort et vainqueur, Derniers baisers du vautour … Ecoutez ce disque, il a toujours de la personnalité et il frémit encore. Ecoutez aussi les autres : WC3-1978-1980, une compilation raide-punk sur les débuts punk-raides du groupe, écoutez aussi et surtout La Machine Infernale, un disque très sournois, un son inquiétant comme si le tout tourbillonnait dans un lave-linge noyé par le sang coagulé, un climat problématique et plus lynchien que tous les lapins écorchés en lévitation du monde. Bref un disque intriguant , tellement intriguant qu’il est introuvable… Quoique…



vendredi 11 avril 2008

Marquis de Sade - Who Said Why?



Pendez Bénabar avec les tripes de qui vous voulez, oubliez les « jeunes gens modernes », les expos Agnes B… et ne la ramenez pas avec Ian Curtis. Il n’y avait pas d’images de Joy Divison en 1979 rien, nada… Peut être que l’instit rennais était passé par les Bains Douches un soir de tranxene, peut-être qu’il fantasmait Joy Division comme David Byrne à la fin de Remain in Light enfin rien n’est moins sur…. En tous les cas cet extrait de Chorus (une vieille émission) est mieux non-filmé (Don Kent) et senti que toutes les merdes sympathiques, souriantes ou pas de chez Taratata, il faut savoir rester sinistre !

« The final track on the album, "The Overload", was Talking Heads' attempt to emulate the sound of the band Joy Division. This is in spite of the fact that no one in the band had actually heard the music of Joy Division. Rather, it was based on an idea of what Joy Division might sound like »