dimanche 18 mai 2008

Chambre verte- (Ian Curtis)

 

 

Here are the young men, the weight on their shoulders,
Here are the young men, well where have they been?

Le fardeau n’est plus sur nos épaules, il est à présent en nous. Il y a bien évidemment du dérisoire, voir du pathétique, à vouloir tous les 18 mai (que Dieu fait) ressortir et réécouter Closer avec une obstination métronomique. Certainement pour ne pas oublier Ian Curtis, mais plus encore pour se souvenir des souvenirs. Pour ces nuits anthracite passé à écouter cette seconde face , caché sous les draps, un casque sur les oreilles et les yeux humides. Une chose terriblement importante, la plus importante dans l’existence d’un gamin de quatorze ans. Les disques qui ont tourné autour de notre adolescence sont les plus importants ; un socle sur lequel on s'arc-boute sans cesse, inconsciemment, comme sur du sable imbibé. Nous avons beau viser ailleurs, l’ arc ne revient pas à son point de départ en vain…

Voilà pourquoi tous les 18 mai il faut réécouter encore une fois la seconde face de Closer. (Je parle en face comme on parle en anciens francs) La première face, elle, est toujours cet ordonnancement raide, broyé par du métaphysique, une continuation d' Unknown Pleasures jusqu’à son point limite, un moyen d’en finir. La seconde face de Closer c’est une autre histoire, du moins palpable et du plus flottant. Ian Curtis est dans la lampe, il en sort, mais le « génie » c’est Martin Hannett , lui canalise, sculpte, ordonne une matière sensible, le génie simple, par contre, de Ian Curtis c’est ce qu’il laisse échapper malgré lui-même, cette voix de baryton concassé qu’il semble découvrir, c’est voix qui vient APRES dans un apaisement apparent, comme toutes les voix de crooners. Ian Curtis était un grand crooner en devenir…
La seconde face de Closer, une délivrance passagère ? En tous les cas, une sérénité troublante. Ian Curtis ne lutte plus il peut même fredonner détaché , Heart an Soul est une transe analeptique engourdie par les antidépresseurs, Twenty-four hours n’est que le renoncement d’un cœur lourd, The Eternal une prière et Decades la plus belle chanson boiteuse du monde... la plus belle chanson du monde ?

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