vendredi 8 février 2008

The Crystals - He Hit Me (And It Felt Like A Kiss)



« He Hit Me (And It Felt Like a Kiss) » est pour tout dire une chose assez pérturbante ! Ode incongrue louant les mérites du passage à tabac conjugal que même Ike Turner n’aurait pas osé dans ses pires meilleurs moments ? Protest song féministe palimpseste ? Vraie grande love song déguisée sous les oripeaux du cynisme ? Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire par le succinct bout du télescope, mais Il y a de fortes chances pour que cette chanson ne soit, en fait, et tout simplement, qu'une élémentaire contradiction se soulevant en elle-même. Une gracieuse montée en neige par l’elfe cyclothymique en lunettes noires Phil Spector. Jolie ascension, sordide et guillerette, beau second degré misogyne et parfaitement dégueulasse, tambours caustiques et funèbres qui se heurtent à un mur de cynisme… Spector fait du Spector. Là où tout se complique, c’est que notre maniaco-dépressif fait aussi avec les lyrics de la princesse Brill Building Carole King. Des mots subtils, clairvoyants, un autre second degré ou alors un premier degré caché derrière le second, un troisième ? En tous les cas, Spector est candide en l’occurrence ; roué nabot roulé dans la farine par un rouleau bizarre ; l’intuition féminine ! Et nous de nous réjouir devant cette love song maquillée…. Devant cette vengeance douce, devant ces représailles susurrées… De l’amour, oui, « Avec toute la tendresse possible, il m'a frappé et il m'a rendu joyeuse… » Personne n’a vécu une histoire d’amour au second degré il est donc toujours possible de s’en souvenir au troisième…
La chanson, comme moi, sera mal comprise, construite avec du ciment elle sera écoutée avec des pincettes, alors que non en fait, voilà….

En 1982 Martha Davis et les Motels reprendront (mal) « He Hit Me (And It Felt Like a Kiss) » à ce sujet et parmi les anecdotes qui fourmillent ici et là sur Phil Spector, voilà un bidule aimablement glauque et pour ainsi dire presque croquignolet… ne renâclons pas devant notre plaisir… et écoutons l’artiste, Martha Davis donc :

« JAMAIS ! Jamais ce porc ne produira mes disques ! Je vais vous raconter. En 75, j’avais quitté mon mari depuis un bail et je gagnais ma vie en jouant dans les clubs de L.A J’avais pas de compagnie, pas de disque à la radio, mais deux filles à élever. Un copain à moi qui travaillait à la radio servait de rabatteur pour Spector. Un jour, Spector lui dit qu’il cherche des filles à produire, et mon ami l’amène voir mon show. Sans me prévenir. Spector m’écoute chanter, et dès que j’ai fini se précipite dans ma loge avec ses deux gardes du corps. Il n’y trouve que l’aînée de mes deux filles, qui devait avoir neuf ans. Moi j’avais dû traîner en route, discuter avec les musiciens, n’importe quoi. Toujours est-il qu’au bout de cinq minutes, j’étais encore dans le couloir. Il s’impatiente, « je sais comment la faire radiner » qu’il dit à ses gorilles. Il sort un P 38 de sa poche, le colle sur la temps de ma fille et lui dit de m’appeler. Effectivement, les « Mummy, Mummy ! » qu’elle a poussés étaient assez convaincants. J’accours, affolée. Dès qu’il me voit, il lâche la mouflette et range le flingue. Il s’approche de moi et se dressant sur la pointe des pieds il me gifle ! « J’aime pas attendre, si on bosse ensemble, faudra t’en souvenir » qu’il me fait. Évidemment, moi je lui en colle une, et comme je fais quand même quatre ou cinq têtes de plus que ce sale nabot, je l’envoie valdinguer à l’autre bout de la pièce. Les gorilles dégainent. « Laissez, les gars, laissez » qu’il leur dit , et il revient à la charge. Là je lui en mets trois sur le nez, et rapidement on le retrouve par terre. Mort de rire : « Super ! Elle me plait cette poule-là ! J’aime les poules qu’ont de la personnalité ! » Il se relève et me tend la main « Sans rancune poupée, on va causer bizness, à présent. Mais avant faut que je me calme. Tu m’as mis une branlée, et je supporte pas de perdre. Faut que je trouve quelque chose pour me calmer. » Il sort son calibre et vide son chargeur sur un orgue qui traînait dans un coin. Il rengaine et il dit : « Ah, ça va mieux ! On peut y aller à présent. » J'aime autant vous dire que je les ai attrapés, lui et ses gorilles merdeux, et que je les ai VIRES ! Jamais ce type ne s’approchera à nouveau de moi ! Quand il m’a cogné, je vous prie de croire que ça n’avait rien d’un baiser ! »

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2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

ah les Motels et Martha Davis !!!!
tte ma jeunesse mon Fifi !

7:31 AM  
Blogger Philippe L said...

Peter Dums, I presume ?

Bof ! les Motels c’est quand même limite MOTR à saxo

3:57 PM  

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