mercredi 12 septembre 2007

Little Jimmy Scott - Sometimes I Feel Like A Motherless Child



Comme je suis sûrement plus petit que mes sentiments, comme je n’arrive pas à les contenir alors ils sortent irrémédiablement et dérivent hors de moi-même comme des filaments revêches et incontrôlés.
Ouvrez les yeux ce n’est pas Billie Holiday fermez les yeux ce n’est pas Karen Dalton, ouvrez les yeux c’est Little Jimmy Scott, déchiré, résigné au milieu du bleu sombre…

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8 Comments:

Blogger skorecki said...

oui, c'est très beau, j'ai beaucoup de disques de lui, je l'ai aimé, trop aimé peut-être, j'ai plus de mal aujourd'hui: trop de maniérisme, un mélange de billie holiday et de charles aznavour, toujours un peu trop expressioniste, si vous voyez ce que je veux dire, exactement comme le petit charles (j'ai eu pourtant la chance de le voir dans de très bonnes conditions, dans un hôtel particulier des halles, j'étais tout près, tout près....) ...

8:14 PM  
Anonymous Laurent said...

Clair que la version de Jimmy Scott est à tomber par terre, comme le reste de l'album (Exodus, 196...9?)
Sur un autre disque, paru à la fin des 90's, il livre une superbe intreprétation du "Holding Back The Years" des Simply Red.
Sinon, comme le dit Skorecki, aujourd'hui la voix du monsieur bêle un peu plus qu'à sa grande époque.
Et sonne parfois un peu "too much", bien que Scott semble totalement habité.
Bisous.

5:03 PM  
Blogger pepito said...

dernier passage au new morning, il y a déjà deux ou trois ans... petite carcasse épuisée avec une voix en lambeaux... deux titres dévastés, sans âme... soudain, du haut de son tabouret, "sometimes..." jaillit telle une source d'eau claire rafraichissant tout sur son passage... l'émotion intacte...
jimmy scott était un médium ce soir là, quand j'allais le voir après le concert pour un dérisoire autographe (dont je suis tout de même très fier), je ne retrouvai qu'un très vieux bonhomme aux yeux épuisés... la magie était partie...
la prochaine fois, je vous raconterai comment j'ai pris anita o'day dans mes bras...

5:10 PM  
Blogger Philippe L said...

Oui raconte-nous !

5:15 PM  
Blogger pepito said...

lors de son dernier passage à paris, la dame donnait une série de récitals au franc pinot, une garguotte jazzesque de l'île st louis... sincèrement, le matin même quand la voix dans le poste annonça l'évènement, je pensais qu'elle se trompait, que la dame s'était éteinte dans les années 70... ni une, ni deux... j'étais donc sur place le soir même... malgré mes jambes, malgré tout...
anita était très âgée et enrhumée jusqu'aux oreilles... elle était encore belle malgré les outrages du temps...
sur un cruel écran, un vidéo-projecteur diffusait des images de sa folle jeunesse... "she's not on drugs anymore" crut bon de me dire sa follasse de producteur sur un ton égrillard avec un éclat désagréable dans l'oeil... elle était assise à mes côtés sur un tabouret de bar et regardait ces films d'un autre âge comme si elle les découvrait...
elle me demanda une serviette en papier que je m'empressai de lui procurer pour qu'elle y tamponne ses lèvres fraîchement ripolinées... elle me tendit les bras pour que je l'aide à descendre du tabouret... je la pris donc à bras le corps pour soulever la frêle silhouette et la déposer délicatement sur le sol trop bas... elle me remercia et me pria de récupérer le tabouret auquel mon billet ne me donnait pas le droit... son geste me bouleversa, sur son visage, les traits de ma grand mère récemment disparue s'imprimèrent et les larmes affluèrent...
c'est donc ainsi que je pris anita o'day dans mes bras...
inutile de dire que la serviette en papier avec les traces des lèvres de la dame est soigneusement protégée par un petit cadre ikéa avec le billet d'entrée...
le concert ? inexistant, hélas. mais quelle importance ? elle n'avait plus rien à prouver... peut être juste des fonds à réunir pour une énième opération... sous son smoking masculin cravatée de noir, elle dissimulait un corps à la dérive... sa tête ne devait pas être bien loin...
à une jeune et jolie chanteuse lui demandant un autographe à la fin du concert, elle rédigea un touchant "anita o'anita" d'une main gauche hésitante... j'ai eu plus de chance sur ma superbe pochette de "incomparrable !" (où elle affronte crânement la caméra) dont elle ne se souvenait plus et dont elle lut avec intérêt la playlist...
je rentrai donc sur la rive droite avec la charmante chanteuse à qui j'offris mon adresse dont elle ne fit jamais usage... elle dût, comme tant d'autres, se méprendre sur mes intentions... évidemment, elle ne pouvait pas savoir...
voila...

5:57 PM  
Blogger pepito said...

je viens d'ailleurs de trouver un clip du concert d'anita au franc pinot sur youtube...

http://www.youtube.com/watch?v=qSGU3YjBgis

6:15 PM  
Blogger skorecki said...

c'est vrai qu'anita o' day était pathétique au franc-pinot (sauf pour les quelques premières secondes, sa voix comme un souffle, ah que l'approche de la mort fait bien chanter les femmes).
pour pépito, un cadeau sur mon blog

7:28 AM  
Blogger RBMilou said...

Bonsoir,
Little jimmy scott se sert de sa voix comme d'un instrument, il est le seul à avoir un pareil phrasé.
Son enfance fût un cauchemar son adolésance un esclave de tangerine (ray charles) et sa vie de senor un rêve.
S'il existe un seul ange sur terre c'est Jimmy.
Ma chanson préférée reste (nothing compare to you) à écouter sans modération et si vous avez envie procurez vous le double album "the essentiel ofr Jimmy scott" 1h30 mn avec un ange

RBMilou

11:39 PM  

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