mardi 8 mai 2007

Cool Memories 3



Je retrousse mon jean à hauteur de chevilles, laissant sournoisement apparaître une paire de chaussettes forcements noires prolongées par d’assez reluisantes Doc Martens en peau retournée marron. Je porte cette petite veste cintrée bleue électrique avec des épaulettes qui laisse croire que je pratique la profession peu usitée de groom saturé post atomique dans un hôtel désaturé.. Rue de la République non loin de la FNAC j’achète un paquet de Pall-Mall sans filtre. Le paquet est souple, les cigarettes plus longues, le paquet est rouge il tranche superbement en dépassant nonchalamment de la poche de ma veste tellement remplie de bleu Ikb klein. Sur cette veste facilement colorée j’ai accroché un badge verdâtre de New Order reprenant les couleurs, la typographie de Ceremony le premier Ep échappé de chez Factory Records après la mort de Ian Curtis...
Plus loin, rue Mercière, au milieu des affiches lacérées, je croise Gilles, nous conversons bientôt avec les fatiguées prostituées du secteur. Gilles fume des Camel, les filles rigolent… Un peu plus tard devant la vitrine de S.. (le nom m’échappe) au moment même où nous regardons avec concupiscence un tee shirt des Stranglers , un skin à l’improviste vient nous chercher des noises. Le pauvre garçon boule de haine bondissante, nous traites de pédales, de bougnoules en vestes bleues, de mods ! J’essaye de dulcifier le dialogue, mais peu finement Gilles crache à la gueule du tondu qui bientôt sort un pistolet à eau plein d’un liquide incertain. Un peu inquiets rapport à la nature du liquide (de l’urine !) nous détalons derechef le débile à nos basques. Apres une course peu commune qui nous voient traverser à toutes berzingue la place des Terreaux, nous semons le monospore raz du tif les premières pentes de la croix rousse atteintes (il faut bien dire que le pistolero tondu est généralement peu sportif en plus de nazillon.) Pour nous remettre de nos émotions nous achetons une commune Jeanlain chez le premier arabe du coin et redescendons vers les quais de Saône en devisant doctement sur les mérites comparés d’Echo and the Bunnymen et de Killing Joke . Plus tard le pont traversé, Gilles roule un joint dans une pissotière voisine de la cathédrale St Jean ; joint que nous allons gaillardement mégotter sur le quai devant le palais de justice. Apres avoir balancé deux trois cailloux sur les péniches qui passent, nous remontons dans la circulation... vers le monde... de ventrus nuages sombres trouent le bleu pâle , l’orage guette…
A présent je porte des pantalons décathlon Quechua souples et kakis, je me chausse de fonctionnelles baskets grises avec des rayures oranges, sans chaussettes. Je ne fume plus rien depuis longtemps. La rue Mercière n’est plus qu’une accumulation de restaurants vulgaires et faussement chics. Il n’y a plus de prostituées elles se sont déplacées plus loin derrière la patinoire, elles ne parlent plus la langue du pays, ce qui ne favorise pas les discutions. La place des Terreaux à été relookée par Jean Nouvel, il n’y plus de pissotière et le parvis de la cathédrale Saint Jean est envahi à présent par les Punks à chiens. Sur le quai devant l’ancien palais de justice il y a maintenant un parking. On a jugé Klaus Barbie, mais il y a toujours des skins. Gilles la dernière fois que je l’ai vu était chauve et père de trois enfants. L’orage journalier s’annonce…


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