mercredi 3 septembre 2014

Bobby Charles - Bobby Charles (1972)



Cet été n'aura vraiment rien eu pour lui, des averses plus que de raison une quasi-froideur prenant de sournoises habitudes et une humeur globalement maussade entre les montées d’humidité.
À défaut de soleil heureusement que pour nous il y eu la musique et quelques disques chaleureux écoutés comme ça au débotté. Des bidules de vieux grigous seventies, le premier album de Bobby Whitlock (avec Clapton dans le fond), Nobody's Fool de Dan Penn (une merveille), le premier album de Doug Sahm sans le Sir Douglas Quintet (avec Dylan dans le fond), le Yes We Can de Lee Dorsey (une autre merveille) et cet album de Bobby Charles qui dans le genre tranquille se pose là.
Résumons : Bobby Charles est un drôle de gars aux racines un brin croquignolettes, un petit bout cajun, un petit bout syrien, un petit bout tout ce que vous voulez. C'est le premier blanc à avoir eu la « chance » de chanter pour les disques Chess et quelques-unes de ses compositions ont été reprises avec un certain brio par Bill Haley ou Fats Domino. C'est en 1972 sa carrière d'artisan déjà un peu derrière lui, qu'il enregistre son vrai premier album. Il y est accompagné par une clique tout à fait impressionnante : quelques échappés du Band (Rick Danko, Levon Helm, Garth Hudson et Richard Manuel), un ancien acolyte de Neil Young  (Ben Keith), un ancien acolyte de Bob Dylan  (Bob Neuwirth), l'éminent Dr John, Geoff Muldaur, plusieurs autres...
Avec tout ce beau monde-là, on pourrait imaginer un résultat hétéroclitique, une sorte de jam-session à la coule, un machin tout juste agréable concocté par des musiciens venus pointer le bout de leur nez enfariné. Il n'en est rien, le tout est cohérent et porte incontestablement la patte de l'ami Charles. Tranquillité, détachement et moiteur. Des blues non cruciaux, des ballades panthéistes pleines de tiédeur sudiste (le magnifique I Must Be In A Good Place Now ), du R&B extirpé du bayou, de la soul blanche aux yeux bleus, des trucs mid tempo frôlant le bénitier (Save Me Jesus). 10 chansons pour oublier la pluie ; allongé dans un vieux rockin chair, avec un soleil déjà bas sur le front.  




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3 Comments:

Blogger skorecki said...

des merveilles, oui, mais trop cher pour moi ... en ce moment, mon truc c'est plutôt (oui, encore) will oldham and co ... (son livre d'entretiens est passionnant aussi)

9:07 AM  
Blogger Philippe L said...

Heureux de vous lire.
Ces merveilles sont disponibles en version compressée sur quelques plateformes de streaming, ce n'est pas extraordinaire, mais faute de mieux...

4:48 PM  
Blogger frumious bandersnatch said...

Très belle sélection estivale, en effet. Dans le même ordre d'idée, je me permets de vous conseiller Lonnie Mack, notamment deux disques 70s qui pourraient vous ravir, "Hills of Indiana" et "Home at last".
Difficiles à dénicher "en vrai" mais en cherchant bien, et faute de mieux il y a
http://stuckinthepast08.blogspot.fr/

Je vous lis régulièrement avec beaucoup de plaisir. Merci pour tout.

9:30 PM  

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