vendredi 18 juillet 2014

Antonio Carlos Jobim – Urubu (1976)



C'est le disque le plus tourneboulant de Tom Jobim. Le plus sombre et le plus mélancolique aussi. Une face chantée, une face instrumentale, loin de la plage et des reflets mordorés d'Ipanema. L'auditeur attentif constatera que les habituels arrangements orchestrés par Claus Ogerman, l'homme des cordes élégantes, deviennent ici presque dissonants. L'ensemble donnant l’impression d'avoir été conçu par un genre de Ravel amazonien tout juste un peu moins toqué, mais tout de même assez emporté par les vents intérieurs du Brésil. Dans la première chanson (Boto) il est question d'un dauphin d'eau douce folâtrant entre Amazone et Orénoque pendant que deux trois autres bestioles assurément sybarites, un crabe, des perroquets et une perruche lui tournicotent au-dessus du museau. Ethno-musicologiquement parlant, cette chanson commence par un solo de bérimbau (un arc musical à une seule corde ) et se transforme en une toada brinquebalante. Le titre suivant (Ligia) est une parfaite love-song aux arrangements luxuriants (paroles coécrites avec Chico Buarque). Je ne vais pas m'enquiquiner à disséquer le reste du disque titres après titres, sachez simplement qu'il y a une autre chanson à fibre écologiste où Jobim chantonne encore autour des bestioles (Correnteza (The Stream)), une autre love-song pleine de cordes embrumées (Angela). La seconde face avec ses airs de suite symphonique est une pure merveille, le travail de Claus Ogerman est fantastique avec pour point d'orgue une valse amazonienne qui tirerait de vraies larmes à un authentique crocodile. Bref, c'est un disque à écouter, croyez-moi.





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