samedi 7 mai 2011

Bill Callahan - Apocalypse (2011)



Sept titres, rien de plus, rien de moins. Ce disque est aussi beau que le Sometimes I Wish We Were an Eagle de l’année dernière, il y a peut être moins de chansons évidentes dedans, mais je ne pense pas que cela soit un problème. Callahan semble avoir trouvé sa formule : un narrateur, ému, parfois ironique, une voix placidement encaissée, des chansons tranquilles comme suspendues au bout de belles cordes en nylon… Enfin des chansons tranquilles s’il n’y avait pas ce machin hypnotique qu’est America ! America (!) c’est l’Amérique et ses marines chantants — Kris Kristofferson, Mickey Newbury ou George Jones — c’est l’Amérique un peu partout, au Vietnam, en Irak ou au Pakistan, cette diatribe en forme de faux blues est très bien, bancale, grinçante, politique sans être ostentatoire, chafouine dans le bon sens. Pour en revenir au calme apparent, l’Amérique c’est aussi l’Amérique du Big Bend National Park (la pochette de ce disque) ce pays encore un peu indompté, avec ses héros… ses mythes… sa nature… « un pays où les montagnes se prosternent, comme un ballet dans le soleil du matin ». Pour faire court, disons que c’est l’Amérique qu’il nous faut aimer parce c’est l’Amérique qui n’est pas ailleurs... Pour le reste, au-delà du « politique », du panthéisme, il y a cette dernière chanson, One Fine Morning, un genre de Sweet Jane campagnard sans saxophone où l’amour de la nature remplacerait les allusions sexuelles de l’affreux citadin Reed. Pour le reste et pour l’essentiel il y a surtout l’intime, l’universel plus que l’Amérique, les fils de la « vie vécue » qui remontent dans les deux plus belles chansons de ce disque, Baby' s Breath, et Riding for the Feeling, cette dernière, une valse confessionnelle magnifique, forcement magnifique, est certainement la plus belle chanson de l’année : « Il n'est jamais facile de dire au revoir » un bel adieu planté au milieu de ce beau disque qui sait ne pas être trop long.

P.-S. Pour mieux achever son Apocalypse Callahan récite en boucle un bien sibyllin « DC450 » qui n’est rien d’autre que le numéro de cet album au catalogue de Drag City… On dira que Callahan   n’est pas dupe et que cette soudaine distance ne nous gêne en rien, bien au contraire.



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2 Comments:

Blogger skorecki said...

tellement dense, tellement beau ... si je n'étais pas aussi paresseux, je le commanderais immédiatement sur amazon ... demain peut-être ...

1:40 PM  
Blogger Francky 01 said...

Ce disque est magnifique. Avec Anna Calvi et le Fleet Foxes, le + beau disque de folk 2011 !!! Et la pochette, cette peinture à l'huile est superbe !!!!!!!!!!! (Smog)ou Smog ou Bill Callahan forever......

2:06 AM  

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