samedi 7 novembre 2009

Chambre Verte - Jacno







Nous resterons inconsolés puisque nous sommes inconsolables... C’était notre dandy décalé à nous, l’homme de la Valstar (verte) et des Gauloises (bleues), le quidam qui savait si bien mal faire chanter sa fiancée sur la même ritournelle (toujours la même) , avec cette rickenbacker, ce synthétiseur hésitant joué debout avec cette classe aristocratique...

Lassé de laisser s’étaler les évidences du factuel et du chagrin réunis nous laisserons plutôt parler la gouaille de l’artiste :


Le truc marrant, c’est la façon dont j’ai rencontré Elli. À partir de quinze ans, je suis devenu une espèce d’école buissonnière ambulante, voleur par-dessus le marché. C’est à ce moment qu’il y a eu la bénédiction de ce fabuleux Debré. Il y avait une loi dont j’ignore toujours ce qu’elle pouvait être. Toujours est-il que j’ai été le premier et le dernier à voter la grève, à la fin on n’était plus que trois dans le lycée... L’idée était que moi, pendant les manifs, je balançais des callaisses sur les flics pour que la bagarre se déclenche... pendant ce temps, je cassais les vitrines et je volais ce que je pouvais... Le sale gamin. C’est là que j’ai rencontré Elli. Elle était au lycée des filles du même arrondissent et, qui dit gonzesse dit fourbe... Elle avait réussi à se faire engager dans le service d’ordre de la ligue communiste. C’est là que je l’ai repérée. Je vois cette fille qui n’avait apparemment rien à foutre de la manif... Elle était trop mignonne, elle avait un blouson Alice Cooper, avec un brassard et des écrous dans la main, et elle bricolait les vitrines. On s’est bien trouvé.

En 1976 il n’y avait rien à part Triangle ou les Variations. On avait dix-sept ans, on n'imaginait pas qu’on puisse gagner du pognon avec de la musique. Rien que pour ça, on était complètement inachetable. Tout ce qu'on pouvait rêver, c’était enregistrer un disque. Le premier était assez nul , je dois dire. C’était presque du live. Pendant la prise Elli chantait en yaourt... une sorte de faux témoin pour qu'on se repère. Et le type délégué par la maison de disques disait « Elle sont très bien ces voix, on les garde ! ».... on l’a fait en cinq jours. Dès qu’un morceau sonnait à peu près normalement, il y avait toujours ce type qui disait : « Parfait ! Bon, bougez pas, on enchaine sur le prochain titre »... Par contre pour le second, on a mis le temps et je reste persuadé que c’est un bon disque. j’avais appris à jouer de la guitare entre les deux.... Le premier c’était plutôt des barrés à toute volée.

Le punk en France c’était de la rigolade, mais pas plus qu’ailleurs. A Londres, c’était encore plus la rigolade, c’était même à hurler de rire, tellement ils voulaient du fric, les Sex Pistols et toute cette meute de petits cons. On avait participé à un festival qu’organisait Malcom Mc Laren , ils étaient tous là, je rencontre l’autre crétin, Johnny Rotten... je lui dit « viens boire un coup avec nous au bar » et lui qui me répond effrayé : « Je peux pas, Malcom nous a dit de ne pas sortir des loges avant le concert ». il était dans un trip showbiz insensé, tout en prétendant le contraire, évidemment. Un petit poulain ridicule. c’était des conneries tout ça... Comme leur truc d’épingles à nourrices; c’était un coup d’Elli ça. Malcom nous voit, il avait déjà sa boutique de fringues. Elli avait des épingles parce qu’elle n’avait pas de fric, alors elle raccommodait comme ça. Malcom était fasciné, il disait que c’était génial, qu’on devait sortir ça industriellement. Deux mois plus tard, il en bazardait partout, tout faits. Si ça, c’est pas de la rigolade... il n’y avait pas grand monde de sincère là-dedans, à part quelques-uns, les Clash...

PS : Quant tu es amoureux de quelqu'un, tu veux toujours le rectifier, tu veux l’idéal, alors c'est des reproches, des douleurs, et en même temps c’est des flashes, une bienfaisance qui te passe dans le corps, des doigts de pied à la tête. « « T’es loin, t’es prêt », c’est ça, l’entente parfaite, et puis, juste après, l’incompréhension... Comme des étrangers. On peut aller chercher sous l’eau, dans les étoiles, ça sera toujours pareil.

N.B. Après les images animées (en haut) les mots (au milieu) on écoutera (là, dessous) la plus belle chanson d’Elli Medeiros et Denis Quillard : Toujours les souvenirs, une « chanson de rupture » extraite des Nuits de la pleine Lune.

Les propos de Jacno ont été bidouillés (et volés) d’après (et dans) un vieil inrockuptible en noir et blanc.

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3 Comments:

Blogger KMS said...

En complément, deux chansons des Stinky Toys...

http://kmskma.free.fr/2009/11/584-les-samedis-musicaux-8-bye-bye.html

4:25 PM  
Anonymous Dolka Potts said...

Inconsolable, oui...

4:28 PM  
Blogger Watoo Watoo said...

Si triste en effet...

Merci pour les anecdotes.

10:42 PM  

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