lundi 18 mai 2009

Chambre verte - (Ian Curtis)


« Caressing the marble and stone, love that was special for one, the waste in the fever I heat. How I wish you were here with me now. »

Je ne sais pas si Ian Curtis était un quelconque christ post-punk sacrifié sur l’autel des années 80 ou plus simplement un jeune homme n’ayant pas les épaules assez larges pour supporter le poids de ses divers problèmes, ce que je sais par contre c’est que les décennies passant (bientôt trois) il ne faudrait pas l’oublier et en tous les cas, si ce n’est sans cesse, tout du moins parfois l’écouter.
Écouter par exemple cette seule trace laissée (une demo incomplète enregistrée par Peter Hook) où il chante « In A lonely Place », sa dernière chanson, son testament ? Davantage qu’un stoïque monolithe marmoréen que l’on devrait caresser c’est une poudre de marbre dynamité qui recouvre tout, auditeur y compris. Un synthétiseur rampant et glacial, un tambour menaçant à peine dérangé par le mélodica volé d’Augustus Pablo. Ian Curtis lui n’y est presque plus, comme hors du continent humain, enseveli par sa dépression, déjà passé du côté des fantômes. Il n’y a rien de plus troublant (de poignant et de terrifiant tout à la fois) que « l’ailleurs » de cette voix là ; ce n’est même pas la voix d’un jeune homme qui va mourir, non c’est la voix d’un jeune homme qui est déjà mort .

La fin de l’enregistrement est brutale, elle ne pouvait être que brutale.

P.-S. Tous les 18 mai, on restera intimidé par cette grande présence des fantômes.

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