samedi 12 janvier 2008

Comment dit-on zen en gallois ?



« Vous prenez votre vie entre vos mains / Mais ne prenez en main votre vie comme je l’ai fait de la mienne / Ne vous sentez pas si mal / Et regardez toujours l’avenir avec espoir. »

Mon Dieu quel disque ! Planté au cœur de l’erratique discographie eighties de notre massacreur de poulets « Music For a New Society » est un bloc de terreur pure. Incontestable Temesta d’or, disque frappé glauque comme une tequila pas frappée qu’on s’enfilerait l’air las et tout seul … c’est un must indispensable à écouter méfiant et circonspect les fenêtres fermées (pour les non-habitants du rez-de-chaussée) et le compteur du gaz fermé lui aussi. « Musique pour une nouvelle société », et ben on imagine cette société ! et on frissonne ! Cale est cocasse comme un Cioran en pire en comparaison le « Berlin » de son frère ennemi maudit est une chose passablement guillerette. Notre Gallois mal embouché lui ne triche même pas il reste cru appuyant là où ça fait mal quand Lou lui se cache derrière son masque (ou son casque de moto) , on aura donc affaire à un sincère cynique d’un coté à un nouvelliste distancié (mais tremblant) de l’autre … Pour en revenir à cette fameuse musique pour une nouvelle société et bien c’est une œuvre d’homme seul au monde, on imagine un John Cale résigné presque a bout de force un John Cale qui pousserait le vice jusqu’à inventer le disque que Syd Barrett aurait créé en sortant des jupes de maman et de ce vilain jardin … Une musique constamment sur le fil du rasoir ; une musique faite de vrombissements électroniques incongrus de guitares vraiment sèches ourlées d’un orgue sépulcral. Ambiance glaciale cicatrisée sur la banquise où la voix de Cale dépitée hésite entre les cris et les râles, une voix qui vient après : après l’amertume et le ressentiment, après la résignation même. Ecouter « Sanities » par exemple. Il y a ces raccommodages bouleversants « Close Watch, Chines Envoy » un titre plein d’umour triste « Damn Life » reprise de « L’hymne à la joie » ravissant non ? Je ne sais pas si John Cale est vraiment fou enfin il paraît s’en être sorti aujourd’hui - quoiqu’un type qui collectionne les revues sur les chars d’assaut reste quand même potentiellement suspect - en tous les cas il n’a passé un pacte qu’avec lui-même … Comment dit-on zen en gallois ?

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4 Comments:

Blogger Rom said...

Cette version de "Close Watch" est beaucoup plus belle que l'ancienne.

3:38 PM  
Anonymous pépito said...

raoul, veux-tu m'épouser ?

12:47 PM  
Blogger Benoît said...

Dites, est-ce que vous connaissez "Words For The Dying", l'album symphonique de John Cale où celui-ci adapte en chansons des poèmes de Dylan Thomas ?
C'est vraiment une sorte de chef d'oeuvre méconnu.

1:08 PM  
Blogger Philippe L said...

Oui je le connais, c’est assez beau, mais pas autant que « Paris 1919 » le plus beau Cale à bouquet symphonique

10:03 PM  

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