vendredi 3 février 2006

Plombé-plombant

Oui c’est vrai, ceci n’est pas un livre ; celui qui le touche, touche un homme » Walt Whitman


« Deux choses me remplissent d’horreur : le bourreau en moi et la hache au-dessus de moi »
Difficile de trouver plus plombé-plombant que Stig Dagerman chez lui il n’y a pas d’espoir : angoisse, solitude, absurdité de l’existence tout un programme !! Et le lecteur de s’embourber dans cette prose magnifiquement confinée ou on se demande les pieds dans la boue si c’est la vie de l’écrivain qui contamine ses écrits ou l’inverse ? Stig Dagerman est de son temps, l’immédiat après guerre, existentialisme charbonneux et démoralisation latente... Il n’a que vingt deux ans lorsqu’il écrit son chef d’œuvre officiel « L’Enfant Brûlé » un livre d’une mélancolie proprement terrifiante sorte d’autobiographie en profondeur ensemencée d’admirables aphorismes inspirés par l’angoisse et le désespoir, le tout sur fond de paysages enneigés et de soleil froid irradiant des personnages ravagés, croquignolet non ? Dagerman est un magnifique créateur de forme qui creuse son intime, - le déterre presque – et crée avec cette terre la, qu’il passe par le tamis de son imagination ; un nouveau cosmos, effroyable, hallucinant, une transfiguration proche de la folie. On ne sort pas des livres de Stig Dagerman indemne, ils vous défient continuellement dans un sentiment de malaise permanent, ils portent en eux le destin de son auteur, suicidé à l’age de trente ans.

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