jeudi 9 février 2006

Il faut dormir au début des films



Quand on se réveille au milieu du Désert Rouge d'Antonioni, tout fusionne. Je me suis réveillé dans l’espèce de baraque ou il y a du rouge vif, avec l’impression de flotter dans le film, d’être une partie de sa chimie intime. Pas un réveille bourru plutôt une étonnante harmonie comme s’il fallait retrouver cet état latent pour recueillir le film. Bizarrerie de l’émetteur récepteur, heureuse singularité des choses ressenties en dehors du filtre parfois sec de la pensée trop articulée. J'ai eu la même expérience avec un film un peu obscur de JC Biette, Le Champignon Des Carpates j’étais seul dans la salle, je me suis endormi au bout de quelques minutes assez lasses, et puis par inadvertance je me suis à peu près réveillé et dans mon demi-sommeil j'ai vu devant mes yeux le film se lever comme un bloc de poésie, une expérience très forte et intime. Cette expérience du sommeil mêlé à la trace de l'instant filmé est paradoxalement un axiome magnifique permettant une complète fusion avec le film, c’est évidemment un postulat assez tordu, mais je suis tordu !! . Un conseil il faut dormir au début des films et lire Robert Desnos

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