samedi 12 novembre 2005

Scarface – Howard Hawks (1932)



Je viens de revoir Scarface un peu par désoeuvrement il faut bien le dire, et à ma grande surprise c’est comme si je le voyais pour la première fois tant cette nouvelle vision ne s’accorde pas à mes souvenirs.
C’est un classique reconnu ou tout est ou il faut : une histoire un poil mythologique et passionnée qui révèle des caractères, une société … Une photographie splendide et vaporeuse qui le fait ressembler par instants à du Walker Evans, une utilisation moderne du hors champs ou plutôt du hors lumière, dans l’ombre. , des poursuites automobiles qui derrière le guilleret vieillot garde une brutalité toute sèche, un casting terrific, Ah !! Georges Raft et sa pièce de monnaie Donc c’est tellement un classique, la matrice du genre, qu’aucun film de Gangster ne peut oublier Scarface.
Bon alors quoi c’est le genre de film que l’on pourrait voir avec une légère ironie devant la patine et la poussière, ce qui est définitivement injuste, contemplons-nous Piero Della Francesca au second degré ? Peut-être mais pas toujours. Donc derrière l’usure qu’y t-il ? et bien surtout un film saisissant, ou le crime serait une chose complètement métaphysique, il y a de cela, délivrez nous du mal !! Dans sa dernière partie. Après la mort de Raft, le récit subit une sorte d’accélération poétique. Le duo incestueux que forme Paul Muni et Ann Dvorak se retrouve coincé par la police. Et tout devient singulier, la lumière fabuleuse, les sons angoissants, un art primitif ou tout jaillit et se résume : l’amour, l’interdit, le chagrin, la peur, la résignation, la mort … Ann Dvorak qui crie : Qu’elle est comme son frère, qu’elle n’a pas peur, est bouleversante, une symbiose fatale entre deux êtres au milieu des décombres.

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