mercredi 15 juillet 2009

Psychogeographie indoor (12)



1.

Paraphrasant Remy de Gourmont je dirai que de tous les plaisirs procurés par la littérature le plus délicat est certainement celui de ne pas être compris. Cela remet l’homme à sa vraie place, dans « le bel isolement d'où l'inutile activité l’avait fait sortir » : il lui faut alors réintégrer sa « Tour » saisir un violon et jouer pour les araignées qui — elles — sont sensibles à la musique. L’homme ne sera aucunement gêné par l’incompréhension qui rode. Il rencontre, jour après jour, « ceux qui ne le comprennent pas » ils font sa joie. Il les aime : ils l’incitent à se retirer dans sa vraie vocation : le Silence.
Homme mais psychogéographe tout à la fois, je suis pourtant embarrassé par la perspective de vous voir trébucher dans les abyssales cavités de ma prose hiéroglyphique, je vais donc quand même tenter d’être plus clair et moins abscons, les araignées sont sensibles à la sonorité pure des mots obscurs mais il arrive un moment où leur arachnéenne compagnie doit faire place à la présence des hommes, il faut parfois descendre de sa « Tour », tomber de son silence, pour rester vivant, face aux autres… et mort en soi-même.
On retrouve alors des hommes, voir des fantômes….


2.




L’été est là, l’été est orageux, il y a des éclairs et il y a des fantômes un peu partout. Pour ce qui est des fantômes Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les plus craintifs et couards d’entre vous doivent savoir qu’ectoplasmes et autres esprits, à l’inverse de la foudre, ne sont jamais belliqueux, qu’ils n’ont aucune volonté personnelle de vouloir nuire à quiconque et que de toutes les façons il suffit de pointer dans leur direction un objet métallique, un coupe ongle par exemple, pour qu’effrayés ils disparaissent aussitôt. (Ce n’est pas le cas de la foudre qui aime le coupe ongle tout autant que le paratonnerre). .
L’ex couard et intrépide tout nouveau chasseur de spectres pourra donc lire sereinement l’Annuaire des fantômes anglais publié par la Scientific and Fantastic Society de Bristol, ce bottin, qui est aussi une mine, recense près de deux mille sujets avec le caractère de chacun, ses manies et ses heures et lieux d’apparition préférés. Le foudroyé encore fumant du jour, lui, ne lira rien puisqu’il y a de fortes probabilités pour qu’il soit à son tour passé du côté des fantômes… c’est ainsi.

Tiens en parlant d’ectoplasmes, le grand médium Ecossais Daniel Dunglas Home n’avait pas besoin de la Scientific and Fantastic Society de Bristol et d’un quelconque bottin pour partir à la chasse, il faisait apparaître fantômes, spectres et autres esprits quand il le voulait et où il le voulait, avec et sans lumière. Des mains venaient vous frôler le visage, une musique inconnue s’élevait de nulle part et le frisson était là. Les diverses prouesses à base d’êtres furtifs de Daniel Dunglas Home furent vérifiées et tamponnées par l’université de Harvard, elles éveillèrent l’intérêt de William Crookes, l’homme qui en isolant le thallium fut à l’origine de la physique nucléaire. William Crookes qui outre la physique et la chimie était également un éminent paranormaliste devant l’éternel. Il n’en était pas à son premier coup d’éprouvette venu, on le voyait souvent tourner autour de Florence Cook le plus charmant médium sur le marché. Enfin tourner, pas comme un être furtif, je me comprends… tout entier.


3.



Pour en venir vraiment à la psychogéographie indoor et oublier tout ça : le silence, la foudre et les fantômes, on parlera un peu d’André Blanchard : un type qui doit aimer les uns et moins l’autre. Ce n’est peut-être pas un écrivain qui compte, tout juste un chicaneur habile dans son style, un élu de « l’heureux petit nombre » posé bien à l’écart du magma environnant, un type circonspect devant la grande masse gélatineuse. Vraisemblablement un petit-maître mais dans la plus positive acceptation du terme, un membre tenace de cette caste discrète sans laquelle l’horizon littéraire ne serait qu’une morne plaine tout juste dérangée par quelques pics himalayens… Les limites de l’altitude sont ce qu’elles sont et il faut parfois savoir se contenter de plus modestes hauteurs, savoir vadrouiller autour de ces monticules, tumulus et autres mamelons jurassiques qui forment parfois le plus secret et savoureux de la littérature ; ces collines où de temps à autre le vent de l’inspiration souffle plus qu’ailleurs. En somme, il faut peut-être voir André Blanchard comme une belle colline inspirée.

Pour le reste, résumons son nouveau livre, Pélerinages : des paysans, des vignobles et des souvenirs…
Ne pas se fier aux soixante-dix premières pages, « profils paysans » qui n’inspirent pas la confiance, agriculteurs plus loquaces que chez Raymond Depardon, sapidité de bénitier, saveur vieille France, le livre ne décolle pas, il décolle plus loin, avec la mémoire (et le style) … Besançon posée là, les souvenirs remontent, la jeunesse avec. Les années passées comme pion, cette apathie soixante-dix tout juste dérangée par un Pompidou grossissant jusqu’à l’explosion. Déjà Blanchard un peu anar- réac, dubitatif devant le nouvelobs et la gauche commune. Néanmoins derrière le ratiocineur, deux trois pointes, une fenêtre et un père qui va mourir… de l’émotion, un peu.
Ensuite Blanchard nous embarque à bord d’une 2Cv grise, drôle de vaisseau, et voilà les pèlerinages. Oh ! païens les pèlerinages ! Paris ce « Reims de l’art », le Père-Lachaise, la tombe de Pierre Desproges et puis, plus mélancoliquement que sournoisement, la France profonde, direction Bourgogne et une croix noire avec en dessous une autre tombe, la tombe de Louis Calaferte, son maître en écriture : « Ci-gît Calaferte en ce lieu. Qui n’aima que G., l’art et Dieu »

Voilà en gros pour le factuel. Pour le reste on pourra aimer, ou non, André Blanchard et son livre, un chose est certaine c’est que chez lui il y a comme chez tout bon écrivain plus qu’un style, une langue ; ici le blanchard. Le « blanchard dans le texte » est toujours parfaitement dans son rythme, moins court que cadencé, plus tranchant qu’empesé, une bonne musique, un treuil vers les hauteurs, oh ! pas si haut, à hauteur de colline, c’est la juste hauteur.

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dimanche 12 juillet 2009

WC3 – Moderne Musique (1982)



On aimait beaucoup WC3 parce qu’intuitivement on sentait bien que c’était un groupe qui ne tricherait jamais, loin du post-punk rennais à saxophone (la clique raide de Marquis De Sade) loin des chemises rouges et des simulacres stoogiens en ouverture de Talking Heads (les mignons Taxi Girl), loin aussi de la brume anglaise et de ses vagues sombres (Joy Division et tutti quanti...) On aimait beaucoup WC3 parce que c’était un groupe puissant et sincère, drôle et sanglant, qu’il ne ressemblait à rien si ce n’est à lui-même et que, par exemple, son chanteur paraissait davantage préoccupé par ses tripes que par la pâtisserie viennoise ou la grande Europe. On aimait aussi beaucoup et surtout WC3 parce qu’il y avait Janine… Janine pieds nus sur la pochette ratée de leur premier disque réussi, une jeune Juliette Binoche en mieux. Janine et ses claviers qui étaient là, partout, un ciment merveilleux que ces claviers là, Janine le Dave Greenfield du Nord , le Ray Manzarek de St Quentin ( Aisne). On aimait WC3 et puis Janine est morte, suicidée un soir… backstage. On est resté un peu con, on était un peu amoureux d’elle sans même la connaître. Les strates du temps sont passées par-là, posées en fines lamelles, on a oublié Janine et WC3… Jusqu’à ce que …

Tiens l’autre jour, je déplaçais une pile de 33 tours et à travers le petit nuage de poussière inévitablement engendré par le déplacement, j’ai vu dépasser un coin de pochette: Moderne Musique par WC3 ! Intrigué, j’ai donc tiré la pochette, je l’ai même extirpé péniblement car elle était quasi collée entre un Greatest Hits de Roy Orbison et le Get Happy du binoclard Declan MacManus. L’opération achevée (l’extraction menée) je me suis alors retrouvé avec un disque en moins dans la pile de 33 tours mais avec entre les mains une pochette que j’ai toujours trouvée très à mon goût bien qu’elle soit plus moche que le gibbeux du coin... Ah ! oui, glissé dans le fourreau de cette pochette moche, il y avait encore un poster… et même, voyez-vous, un disque… un disque que j’avais beaucoup aimé en son temps, le disque de WC3… Estimant la chose possible, tenant 33 centimètres de celluloïd dans une main et mon courage dans l’autre, j’ai alors pris la ferme décision de réécouté tout ça et je me suis dirigé vers mon presque teppaz… Alors ?

Alors, il n’y a pas de déception à avoir, c’est toujours aussi bien, puissant et humble… Breakdown : « ce son d’enfer au sourire narquois » ce Bal des Lazes qui vire London Calling ; une merveille rêche, tendue et viscérale. Le reste pareil ou presque : ces claviers constamment judicieux, cette fatale cavalcade ferroviaire : Orient Express, ce spleen adolescent qui ne vire pas au mièvre : Mort et vainqueur, Derniers baisers du vautour … Ecoutez ce disque, il a toujours de la personnalité et il frémit encore. Ecoutez aussi les autres : WC3-1978-1980, une compilation raide-punk sur les débuts punk-raides du groupe, écoutez aussi et surtout La Machine Infernale, un disque très sournois, un son inquiétant comme si le tout tourbillonnait dans un lave-linge noyé par le sang coagulé, un climat problématique et plus lynchien que tous les lapins écorchés en lévitation du monde. Bref un disque intriguant , tellement intriguant qu’il est introuvable… Quoique…

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vendredi 10 juillet 2009

The Specials - Friday Night, Saturday Morning



« Wish I had lipstick on my shirt
Instead of piss stains on my shoes »


« Friday Night, Saturday Morning » c’était le « Friday on my Mind » des Easybeats, mais abordé par sa face raide et blafarde. Cette lymphatique musique de train fantôme… Les « joies » du vendredi soir : descendre une multitude de pintes dans la boite du coin, regarder les filles, mais pas plus… Les « joies » du samedi matin : rentrer seul, attendre un taxi, une tourte à la viande dans la main, un pied dans une flaque de vomi… Bref, Terry Hall était un sacré « écrivain de chansons. »

« J’aurais préféré avoir du rouge à lèvres sur ma chemise plutôt que de traces de pisse sur les chaussures »

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lundi 6 juillet 2009

The Drums - The Drums EP (2009)



Les raisons qui nous pousse à aimer un disque, quand elles ne sont pas mystérieuses, sont parfois saugrenues. Tenez par exemple celui-ci : le premier de The Drums (Quel nom !), je l’aime beaucoup parce qu’il est frais et succinct là où d’autres sont longs, pléthoriques et rances (Saumâtre effet gaveur du numérique). Huit titres donc, pas un de plus, et surtout pas le temps de s’ennuyer. Pour rester, moi aussi, concis et plus bref que stoique je dirais que ce disque là, le disque des Drums c’est ce qu’il faut aimer, cette ferveur juvénile (en chemisette), ce curieux alliage froid-chaud, post-punk et guitares twang, le tout en équilibre sur une planche de surf… Une drôle de planche, un drôle d’effet boomerang qui sonne comme un incunable Factory 81 (The Wake) mais avec la twistante lumière des boys band de plage à tous les étages. On écoutera et réécoutera «Let's Go Surfing » : mains qui claquent, sifflements ingénus et mauvais bassiste à médiator ; un titre qui donne envie de gigoter en remuant une tête qui se vide plus qu’elle ne se remplie. D’ailleurs à ce titre ce disque je l’ai écouté la tête vide en sifflant et en gigotant et je l’ai beaucoup aimé, l’été est là : Let's Go Surfing !

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mercredi 1 juillet 2009

No comments - N°23



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dimanche 28 juin 2009

Merry Airbrakes - Merry Airbrakes (1973)



Je ne détaillerai pas comment cet aérolite oublié est parvenu à vibrer jusqu’à mes oreilles (qui ne demandaient rien) sachez que cet album (rare pour le moins) a été enregistré en 1973 par un certain Bill Homans, vétéran de la guerre du Vietnam. Un vietvet légèrement cramoisi du ciboulot que ce Bill Homans, on l’imagine sans peine las les cheveux déraisonnablement longs grattant ses terrifiants souvenirs sur une guitare même pas espagnole… Loin de son fictif, virtuel et même pas vrai éventuel collègue : l’axiome Stallone ( postulat tout en bandana, regard bovin et biceps saillants) voilà donc un type fragile (lui) et pas revenu de ses blessures qui ne cherche pas l’algarade de substitution mais cautérise sur lui-même, ce qui a d’une part l’immense avantage d’être plus urbain et d'autre part le fait d’être moins néfaste pour une société qui elle ne veux qu’oublier… la chienne ! … Donc voilà Bill Homans son frangin Peter et quatre olibrius manipulant avec une dextérité non feinte moult instruments : une slide guitare par-ci, un orgue même pas mordoré par-là voir un harmonica super bien accordé ! Cette discrète assemblée concoctant le plus souvent du blues « Three Hearts » voir du blues rock un peu déplacé « Draft Board Blues » avec l’intéressante impression de voir le croquignolet Cpt. Beefheart chanter le Vietnam ! Don Van Vliet glapissant dans les rizières ! et les Jacquiers de pleurer (artocarpus incisa, l’arbre à pain ) et les Vietcongs de s’agacer devant la stridence... le blues concassé c’est toujours plus aimable que le napalm… D’ailleurs en parlant de Napalm il y a dans le disque de Merry Airbrakes l’opinion des Vietnamiens et c’est en cela un vrai disque concept avec vue panoramique et tout le tremblement. Sachez également (tendres têtes de bois) qu’il y au-delà du blues moulu par l’électricité deux trois ballades à haute teneur lacrymal… fragiles comme l’ouvre-boite gâté d’une boîte de ration périmée …

En parlant de fragile connaissez-vous le film « Cutter’s Way » d’Ivan Passer ? La plus belle chose cinématographique sur ce sujet : Les vétérans de la guerre du Vietnam, tout ça . Si vous ne connaissez pas ce film magnifique (avec un Jeff Bridges admirable.) procurez vous le de toute urgence

Nb : L’odeur du Jacquier après l’orage sur le delta du Mékong est quasiment insupportable pour un appendice nasal non autochtone.


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vendredi 26 juin 2009

The Optic Nerve - Forever and a Day (1993)



S’il y a du dérisoire à vouloir donner dans la reconstitution historique, il y a heureusement quelques exceptions qui sont là pour confirmer la règle. Prenons cet obscur combo : les Optics Nerve: un seul album qui a vu de nez a de quoi inquiéter et rebuter l'éventuel auditeur : des coupes de douilles problématiques, une pochette en faux vintage et vrai retro, un soupçon tenace de revivalisme aux petits pieds qui rode. Bon on écoute quand même le disque, et là surprise, il faut bien constater que l’inquiétude à tendance à tomber et que même un début d’intérêt commence à poindre. Si la production est bien rachitique-sixties et plus garage que mon dos (en fait des démos recueillis), les compositions sont, elles, presque toutes excellentes et tiennent relativement bien la route : tendues, droites, debout et sans béquilles... Des carillons mid-sixties, des rickenbackers volées aux Byrds et même un nasillement plus dylanien que nature. Du bon garage-rock qui n’invente pas plus que ça, mais avec un grand respect de la tradition et en somme quelque chose de classique bien plus qu’une trop forte addiction aux oripeaux du retro. Si seulement il n’y avait pas ces cheveux « playmobil sixties » et cette pochette faussement mordorée il n’y aurait aucun mal à bien vouloir recommander ce disque.

PS : Il est évident que l’écoute des originaux s’impose d’elle-même.

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dimanche 21 juin 2009

No comments - N°22



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samedi 20 juin 2009

Mick Farren - Vampires Stole My Lunch Money (1978)



Argument douteux : une pochette pareille ne pouvait enrober qu’un bon disque. Constatation, après une première écoute semi-attentive, pour un peu il n’y a pas de doute. Chose curieuse le quidam qui aurait eu l’étonnante velléité d’imaginer un éventuel sous-zappa nouvelle vague trouvera ici ce qu’il cherchait. Que du gnangnan, un genre d’espèce de must croquignolet (les lyrics !) avec Wilko Johnson en guest star (C’est vous dire si les riffs saignent plus qu’à Sétif).

Pour le reste vous pouvez consulter la note consacrée à Mick Farren chez
wikimachin, je suis las sans être là et très peu inspiré ces temps ci.

Bien à vous.

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mardi 16 juin 2009

Ubik – Surf (1983)



Je ne me suis pas posé ici pour écrire une quelconque histoire du rock Rennais (qui plus est à saxophone), il y a des gens et des sites Internet qui feront très bien ça pour vous, c’est
par-là. Je ne me suis pas non plus posé ici dans le but avoué de réhabiliter quiconque, quoi que ce soit, et encore moins un lieu et une époque supposée dorée (Rennes et la fracture eighties). En fait si je me suis posé ici c’est simplement pour vous parler un peu d’Ubik, groupe rennais circa 80 (donc), tellement oublié qu’il a même été oublié par le site Internet que j’évoquai plus haut. Ubik si peu trouvable, si peu disponible car n’existant quand vinyle et 33 tours par minute.

Résumons Ubik, le groupe pas le livre, c’était la bête bondissante de Philippe Maujard, bassiste élastique et chanteur raide, type un peu azimuté, breton par erreur mais vrai martien costumé aluminium… En orbite tout autour de lui, des musiciens, des vrais… Daniel Paboeuf, sax terror échappé de chez Marquis De Sade (le groupe), plus anonyme, un guitariste qui lui devait plus à Robert Fripp qu’à Joey Ramone, liant le tout un batteur positivement efficace et métronomique. Pour situer la musique d’Ubik il fallait imaginer un croisement incongru (?) entre les Talking Heads et la seconde mouture de King Krimson, des brides de no-wave new-yorkaise (James Chance ?) et de cold-wave « bretonne à saxophone» (Marquis de Sade), un funk froid de godelureaux blancs mais non dénué de balancement (les spécialistes parleront de groove) et même au loin des rivages fusion intrigants tel du Magma en mieux et sans kobaien (le quasi-tube Kakikouka).

« Surf » sera le seul et unique album d’Ubik, il résumera tout. Si un jour vous avez la bonne fortune de trouver cet enregistrement sachez que vous aurez entre les oreilles un bel exemple de funk froid et sautillant, un machin vigoureux et plein d’éclat blême, une bonne surprise et un bon disque malgré le temps qui passe comme chez Bergson.

PS : Reste une question que tout honnête homme devrait se poser : Qu’est devenu Philippe Maujard ce martien slappeur costumé aluminium ?

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dimanche 14 juin 2009

No comments - N°21



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lundi 8 juin 2009

Mickey Newbury - Triad Studio Sessions (1991)



Huit titres, une guitare, un violoncelle et un hippie qui passait par-là. Au-dessus un type qui siffle, un peu, qui chante surtout… Huit titres arrachés à l’oubli et ressortis de nulle part, un « bootleg », un disque qui ne devait pas exister, il existe pourtant et c’est un disque merveilleux.

Reprenons ! A la fin du printemps 1991, Mickey Newbury enregistre ces huit titres, ces huit « démos » dans les studios Triad à Eugene, Oregon. Principalement des covers : une version splendide et presque définitive de « Summertime », une reprise de « They Will Never Take Her Love » merveille de Leon Payne écrite pour Hank Williams… Des reprises donc, mais aussi du Newbury dans le texte, deux medleys et notamment celui qui ouvre l’album, « Genevieve - Lovers - How Many Times », presque une symphonie, une merveille sentimentale, peut-être la plus belle chose qu’il n’est jamais enregistrée.
Ces séances splendides, pleines d’intimité et de naturel, Newbury les trouvaient pourtant trop faibles : « de la merde » disait-il en haussant les épaules ; elles resteront donc cachées, rangées dans un carton que l’on posera sur une étagère, on les oubliera.... Un jour un quidam incertain, et plus anonyme que mon ombre, réouvrira ce carton posé là entre les toiles d'araignées et les crottes de souris. A l'intérieur, un miracle ! rien de la boite de pandore, plutôt le carton d’Aladin.
Les plus bilingues liront toute l’histoire, elle est racontée, là en dessous, ils pourront ensuite partir à la recherche de ces sessions, elles sont trouvables, en catimini, mais trouvables.


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jeudi 4 juin 2009

Remake / Remodel N°9



« Et les mélodies tendres et sereines qui, d’être ainsi hyper-exposées et comme suspendues, basculent, en effet du coté de la douleur, mais légère et délicate, celle-ci masquée, jamais vraiment dite… »


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dimanche 31 mai 2009

The Jags - Evening Standards (1980)



Foutrement Mod Revival ? Des Jam clones, seconds lot de dessous les fagots ? Oui certainement un peu de ça ; mais pas que cette confiture là. Rien de Tennessee mais quelque chose de power-mod (je viens de l’inventer), de bouncy-pop (aussi), comme un goût d'Elvis Costello grande époque sautillante et même un hoquet Nick Lowe (ce grand homme circonspect) qui remonte discrètement ; l’ensemble finalement assez loin des crétins revivalistes en parkas et vespas RAF.

On écoutera « Back Of My Hand » bondissant one hit wonder épique et genre d’espèce d’hymne tout en riff, « Desert Island Discs » qui commence comme du bon Who, passe par une guitare twang et continue très bon Costello et bons lyrics … En fait, pour faire court, en écoutera presque tout avec un bonheur quasi-étale car l’album est continuellement pop dans le bon sens ; solide et punchy, peut-être un peu uniforme à la longue mais toujours agréable. Bref un bel assortiment de chansons de demi-saison, rien de plus et c’est déjà beaucoup.

PS : Que ceux qui ne m’entravent en rien sachent qu’il n’y aura pas de glossaire !

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mardi 26 mai 2009

Colin Blunstone - The Ghost Of You And Me (2009)



Je ne voudrais par être le triste écho (voir le perroquet déplumé) de Francois Gorin (l’homme de goût des instits en détresse) mais ce disque est un cas d’école. Quatre titres passablement rock-FM qui rappellent le pire de Blunstone – Ses errances mid-seventies (deux albums à prendre avec des pincettes) ses panouilles chez les immondes Barclay James machin, une récente réformation des Zombies labellisée Franck Provost (les Zombies y étaient plus morts que vivants) – bref quatre titres plus botoxés et ignominieux que du Toto en pire ! Et puis soudain miracle ! Un quatuor à cordes, la voix de Blunstone et rien de plus… Si de la magie… Fermez simplement les yeux et écoutez monter cette voix, les yeux toujours hermétiquement clos, entendez la passer à hauteur d’azur, quelque chose de bleu qui paraît un cantique d’ailes, loin des corps, trop loin des corps ? Les mots me manquent pour décrire les six derniers titres…

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