mercredi 22 avril 2015

Solitude de l'audionaute de fond (12)



13 avril 2015. Bon n° de Rock&folk que j'ai lu en parti à bord d'un Airbus qui a eu la bonne idée de ne pas s'écraser  contre une montagne qui ne lui demandait rien. Un papier de Patrick Eudeline consacré aux « bandes de rockers », quelques propos un brin nostalgiques de Dylan pour qui les « origines du rock » sont moitié blues ( Des violons arabes et des valses de Strauss qui s'accordent), moitié ploucs (le Hillbilly, l'alcool de contrebande qui rend maboul, des bagnoles à fond sur des chemins de terre). Il faut écouter les Delmore Brothers, les Stanley Brothers, Gid Tanner et ses Skillet Lickers, ce genre de gars-là…

14 avril 2015. J'écoute le jeune Art Pepper avec le Marty Paich quartet, de la souplesse, de la décontraction pour une musique précise et colorée (il faut  parfois savoir parler comme un représentant en tapisserie). J'écoute Paul Desmond (A Taste Of Honey) et c'est comme un rendez vous secret avec Audrey Hepburn devant l'une des vitrines de Tiffany's. J'écoute l'album The Jimmy Giuffre Clarinet (1956). Giuffre interprète un blues avec pour seul accompagnement le martellement de son pied (So Low). Il y a un autre tire où un célesta solitaire répond à sa clarinette (Deep Purple), une version de My Funny Valentine arrangée dans les limbes (Haut-bois, cor anglais, basson et basse…) Ce disque se mérite, un Himalaya de Jazz janséniste

15 avril 2015. Peter Case – Thank you St. Jude (2001) Voilà une belle chose pas compliquée ; enregistrée en trois sessions et un après-midi avec un violon une guitare en bois et des chansons pour tout matériel. Le meilleur de Peter Case ? Peut-être pas, ce n’est pas certain, le meilleur de Peter Case est globalement ailleurs, chez les Nerves, les Plimsouls, ces parangons Power pop musclés et pleins de tendons saillants. Là, l’acoustique primant, nous sommes plus détendus, pas avachis, mais reposés, d’une ostensible tranquillité devant des « versions » calmes et épurés ; des « versions » qui oublient la pop survitaminée, pour mieux se prendre les pinceaux dans les racines de la grande tradition américaine (country, blues, Dylan, tout ce que vous voulez…). On entend Case quasi yodeler, il le fait bien, pas aussi bien qu’un cow-boy perdu, mais presque aussi bien. Les chansons tiennent toutes seules, elles sont proches de l’os et paradoxalement elles ne semblent pas chercher un quelconque point de douleur. C’est finalement un disque très plaisant, très bien pour les débuts de printemps lorsque le soleil commence à descendre moins tôt. Rien de plus, rien de moins, c'est déjà beaucoup.

16 avril 2015. Duane Allman – An Anthology (1972) Sorti un an après son trépas inopportun cette compilation rassemble quelques uns des plus magnifiques gratouillis commis par l'ami Duane en tant que musicien de studio. On le retrouve derrière Wilson Pickett, Aretha Franklin ou Eric Clapton, il y est très à son aise, on le retrouve aussi derrière Boz Scaggs et John Hammond Jr, il y est plus que très à son aise, crotté, bouseux mais majestueux…

17 avril 2015. Ciel changeant, voilà quelques nuages. J'écoute Charles Brown l'un des plus beaux représentants de la tendance west-coast-blues, une magnifique plainte relâchée (Black Night). J'écoute Lars Gullin suédois toxicomane et jazzman, un saxophone baryton comme on en rencontre peu (Danny's Dream). Je regarde et j'écoute Hoagy Carmichael chanter Honk Kong Blues dans un vieux Hawks de dessous les fagots, je regarde une belle blonde platine et j'écoute Cliff Edwards chanter It's Magic dans un vieux navet au technicolor flamboyant.

18 avril 2015. Pauline Murray & The invisible girls (1980) Le casting est impressionnant, outre au gazouillis la mousseuse (et ex Penetration) Pauline Murray, on notera dans une sorte de farandole raide : Vini Reilly, Bernard Sumner et leurs courtes guitares crispées, Martin Hannett et sa grosse basse… un John Maher rescapé de l’onanisme foutrement adolescent qui tape sur ses peaux comme un vrai homme prodigue en testostérone… Le tout est produit par l’équipe de choc Factory, Chris Nagle en observateur distant et Martin (encore lui) Zero Hannett en facteur d’ambiance, il y a de pires souteneurs. Seul hic au passage, car il y a un hic, ce disque n’est que très occasionnellement agréable et reste pour l’essentiel anecdotique bien malgré la distribution.
Peter Coyle - I’d Sacrifice Eight Orgasms With Shirley MacClaine Just To Be There (1986) Plus qu’un magot caché, plus qu’un must oublié, ne cherchez pas une île, un quelconque filon, soulevez simplement les fagots, voilà. Peter Coyle -> oui le Peter Coyle bien peigné de Lotus Eaters -> Album solo, un titre génial : I’d Sacrifice Eight Orgasms With Shirley MacClaine Just To Be There, une chose gauche et dévoyée -> Il y a un autre album , un double : A Slap In The Face For Public Taste, encore plus machin tordu -> Le tout est introuvable ici -> En attendant vous pouvez vous fader la jolie scie, vous tailler la jolie guêpe sur The First Picture Of You ; une fois de plus…


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