dimanche 13 juin 2010

Stuart Moxham - Fine Tuning (1995)



J’ai perdu de ma ferveur sautillante , je suis bien morne à présent. Tiens si j'avais encore un peu de souffle, d'inspiration et d'inclinaison bondissante je vous parlerai vraiment de musique, de Stuart Moxham par exemple... Mais non rien de tout ça, je suis las sans être là, vide et sans souffle, me contentant d'agiter les bras que j'ai fort longs, cherchant à expulser mon intimité substantielle dans des strophes autographes d'un intérêt plus que relatif. Tout cela est pathétique et n'est rien de moins que la piteuse plainte du condamné qui le front nimbé cherche une hypothétique grâce inspiratrice. Force est de constater que je ne trouve rien, que l'inspiration ne me vient pas, que je me désagrège, que bientôt je ne serai plus qu'un petit amas stoïque et non sautillant. Ensuite je ne serai plus rien, disparu, effacé, deleted...

Si j'avais encore un peu de ferveur sautillante, je vous aurais peut-être parlé des « jeunes géants de marbre », de la statuaire grecque antique, d'Alison Statton et de son détachement. Je vous aurais aussi parlé de ce disque : Fine Tuning, de ces « démos » enregistrées comme à la maison où on retrouve Stuart Moxham assis sur un canapé avec pour tout « matériel » une guitare en bois et quelques vieilles chansons des Young Marble Giants. La guitare est très bien, les chansons sont très bien, le disque est très bien...

Je ne vous parlerai pas vraiment de ce disque, l'élan m’a quitté, de toutes les façons il est possible que vous n'ayez jamais aucune chance de l'écouter un jour ce disque puisqu'il n'est pas trouvable en dehors de la flibuste condamnée par HADOPI. Sachez seulement, et pour éveiller une curiosité qui ne saura peut-être jamais comblée que les chansons de Stuart tiennent toutes très bien, même sans Alison, même sans Wurlitzer , qu'il y a toujours ce qu'il faut chérir chez lui : du Duane Eddy en mutting, du Steve Cropper étouffé, de la candeur labellisée Buddy Holly, du charme en pagaille... de la délicatesse...

Pour le reste, je ne sais pas si Stuart Moxham a perdu de sa ferveur sautillante, s'il est morne à présent. Visiblement non, il semble heureux, retiré dans la campagne anglaise avec sa femme et ses trois enfants, il est moniteur d'auto-école et membre d'un groupe de sonneurs de cloches, ce n'est pas rien. Il y a bien eu cette courte reformation des Young Marble Giants qui a réjoui les nostalgiques de la nostalgie, il y a bien quelques albums de temps à autre, c'est déjà beaucoup , de toutes les façons, inspiration ou pas, Stuart Moxham vit et c'est toujours ça de pris.



P.-S. Merci à l'impeccable Pol Dodu secret inspirateur de cette faible notule.

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