jeudi 6 décembre 2007

David Thomas and The Pedestrians - The sound of the sand and other songs of the pedestrians (1981)



Le piéton est un quidam humanoïde se déplaçant à pied, en marchant ou en courant, on l’opposera au transporté, individu découragé par lui-même, qui lui, se contente d’être déplacé tel un roi fainéant par moult véhicules motorisés ou non… automobiles, colportages en commun en dehors des périodes de débrayages, cycles automatisés, veaux, vaches, cochons… Le piéton est adepte d'un mode de transport dit « doux. » Sa vitesse est de l'ordre du mètre par seconde (5km/h environ) Un minimum de marche journalier est nécessaire pour le bon fonctionnement de tout corps encore un peu frétillant, un minimum de marche au gré du hasard est réputé nécessaire pour le bon fonctionnement de toute âme encore un peu sautillante. Il faut savoir qu’un maximum de psychogéographie outdoor est également nécessaire pour atteindre une indispensable déréliction poétique face aux choses. Aux tristes possesseurs de GPS (Global Positioning System) je ne dirais qu’une seule chose : piétinez ce morne boîtier en polymère aggloméré et chantez sous la pluie !
Il y a trois photos vaguement connues d’Alfred Jarry. L’une prise par Nadar où Alfred pose plein de morgue dans une attitude trop moderne pour être honnête, une autre (photo de classe recadrée) où il ressemble à un Rimbaud en pire, la troisième, la plus intrigante, c’est cette photo prise devant le phalanstère de Corbeil où le père d’Ubu, drôle de casoar à moustache, chevauche sa bicyclette Clément Luxe modèle 1897. Une bicyclette achetée à Laval et qu’il ne paiera jamais vu que figurez-vous Alfred avait des choses passionnantes à faire en dehors de payer des bicyclettes ! Psychogéographer à dos de vélocipèdes, par exemple… tirer à l’arme à feu sur les enfants des voisins… grimper dans les arbres tel l’orang-outan ou le rouge gorge...
On rapprochera le vélocipédiste du piéton dans le sens où les deux se consument eux-mêmes… dans le sens où ils n’usent pas la bête ou l’énergie fossile….
Ah oui ! David Thomas et ses piétons dans tout ça ? Chacun sait ce que le replet David doit à Jarry et énormément, notamment cet esprit dada qui fait la grâce de Père Ubu en dehors des périodes brumeuses au-dessus de Tokyo. Et bien figurez-vous que dans cet album de 1981 (premier de l’oiseau en solo à plusieurs) l’esprit est là, parfois plus dadais que dada, avec parfois plus de fantaisie pastorale, et en tous les cas un casting impeccable pour accompagner un Crocus faisant mine d’être seul … John Greaves, Mayo Thompson, Richard Thompson, Philip Moxham… Drôles de piétons sachant faire habilement avec les trottoirs. Drôles de trottoirs où il faut savoir coexister avec d'autres éléments aux cinétiques différentes (charrettes à marmots, patins à roues alignées, etc.) ou paralysés (mobilier urbain), tout cela pourrait créer des tensions sans un minimum de souplesse !

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