samedi 22 avril 2006

Un Kerouac chafouin


J’ai un gros faible pour « Satori à Paris », livre primesautier où Kerouac part à la recherche de ses ancêtres en Bretagne. Très drôle, cocasse, burlesque même, Kerouac est continuellement chargé au cognac, il prend le train baguenaude dans la campagne bretonne où on le regarde d’un air méfiant tout d’abord avant qu’un début d’intérêt ne se manifeste chez l’autochtone un poil dompté par ce singulier pochtron venu des Amériques…Dans « Big Sur » on retrouve un Kerouac un peu chafouin qui fatigué par le brouhaha ambiant se réfugie au bord de la mer, à Big Sur, dans une cabane isolée. D’ailleurs Kerouac n’aura fait que ça fuir, enquiquiné par ce qu’il avait inventé et qui le dépassait, les Beatniks, la contre culture. Alors que lui était plus travaillé par la spiritualité qu’autre chose. Bouddhisme peut-être assurément des bouts de vieux catholicisme en loucedé. Kerouac était aussi un grand panthéiste (ce qu’il y a de plus beau dans la poésie anglo-saxonne.) C’était aussi et surtout un homme libre. Libre de se tuer dans l’alcool, libre de se gâcher et de ne rien donner à ce consortium incertain que forme la société, libre de ne pas être concerné par un monde offrant toute une gamme de pesanteurs mordorées. Libre de ne pas être politique au sens merdeux. «Nouveau Redneck » , il se réfugie dans les jupes de sa génitrice entre deux delirium tremens … on le trouve puant de conformisme, alors que lui n’est que désolation, entre son frère mort, ses problèmes d’identités mal assumés, une vraie féerie morose, tout ça finira mal … genre de glauque divertimento franco-canadien au milieu des reptiles et de la fièvre, ensuite le silence … les écrits restent …

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