dimanche 20 novembre 2005

The 40 Year Old Virgin - Judd Apatow (2005)



Quelle bonne surprise !! C’est le genre de film qui ne paye pas de mine et qui pourtant au bout du compte révèle tellement de choses insoupçonnées que l’on pourrait rester comme dans un léger halo après sa vision. Une sorte d'antidépresseur totalement naturel et sans contre-indications qui rendrait aux âmes les plus délétères leur plus complet potentiel de guilleret enfouie. Un film souvent hilarant ce qui n’est pas toujours le cas de moult projets à visée poilante. Il ne faut pas se fier au titre français - vulgaire et très injuste- . Si on n’est pas loin de la comédie régressive Hollywoodienne avec tout ce que cela engendre dans l’évaporable il y a dans ce film des choses beaucoup plus subtiles que la simple reculade potache. Il y a par exemple des dialogues très crus et grossiers souvent jubilatoires, et un vrai talent pour l’étude de caractères, tous les personnages existent, ils ont une vraie épaisseur qui excède le vague croquis, bien évidemment on pense au sitcom et le magasin d’électroménager petit kammerspiel au milieu du monde pourrait exister autant que l’appartement de Jerry Seinfeld. Du coté du poilant il y a des scènes irrésistibles : l’épilation, la nymphomane alcoolique , Paul Rudd vendeur dépressif …
Pour revenir au titre du film, prenons le titre américain « The 40 Year Old Virgin » qui a les avantages du prosaïsme, Steve Carell est donc vierge à l’age de quarante ans tout un programme. Pourtant s’il est question de peur du sexe c’est avant tout l’histoire d’un corps burlesque, qui ne veut pas s’arracher à l’enfance qui refuse le monde en se repliant dans des totems intimes, ici une dérisoire collection de figurine Rosebud évident, C’est aussi un corps qui préfère la bicyclette à l’automobile, ( ici placer les gros sabots du symbole phallique.) Steve Carell incarne tout cela à merveille, il est simplement génial. Si pour ce vieux schnock de Bergson le comique c’est du « mécanique plaqué sur du vivant » Chez Carell c’est plutôt du « sentiment abandonné par de la douceur » c’est un corps burlesque, mais un corps doux comme chez Peter Sellers. Le corps burlesque ne fait qu’interpréter sa propre intimité il est en dehors de l’histoire ou plutôt il est l’histoire, jamais loin de l’enfance « Peut-être est-il même un corps adulte rêvé par un petit garçon, et conçu pour faire face aux situations de ce rêve. Le corps burlesque est sexué, mais chez lui le sexe est oblitéré par quelque chose de l’ange … »

Donc Steve Carell est un ange et « The 40 Year Old Virgin » derrière la peur du sexe est aussi et avant tout un adieu à l’enfance..

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