lundi 11 juillet 2005

L’interprète – Sydney Pollack (2005)

Le grand retour de la fiction paranoïaque de gauche ? Pas si simple, si dans les années 70 l’ennemi était plus facile à définir même si métaphysiquement impalpable, aujourd’hui tout est plus compliqué les idéaux ne sont plus ce qu’ils étaient, il y a plus de complexité, c’est ce qui le fait le prix un peu de ce film, s’il n’y a pas d’amertume chez Pollack il semble se réveiller en plein cauchemar en plein dout. De ce doute que fait il ? Un polar souvent efficace avec deux trois scènes béton (l’autobus), il fait avec quoi ? D’abord un lieu le bâtiment de L’ONU assez cinématographique (souvenons nous du père Hitch et de sa Mort aux trousses), ensuite une ville New York assez bien filmée, de long plan d’hélicoptères qui pourraient venir du froid Michael Mann des scènes de rues assez nerveuses, des décors impecs et élégants (belle direction artistique) ensuite il fait aussi avec une Nicole Kidman un peu aléatoire (mais charmante) et un Sean Penn presque bon et donc sobre.
Apres l’histoire, paranoïa, idéaux de gauches déçus, et multiples fils de l’intrigue qui justement devient filandreuse sur la fin, l’ennui s’immisçant petit à petit, un sentiment sournois puis insistant nous vient, et si Pollack nous parlait d’autre chose ? Derrière cette efficacité un peu glacée il y a un léger voile de tristesse, pourquoi ces plans insistants sur la Skyline de Manhattan ou il semble filmer l’absence ... l’absence des Twin Towers !!! Quand on interprète le film à travers ce mince filtre le film devient presque passionnant, voir émouvant dans la scène de l’autobus.

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