mardi 28 décembre 2010

Clubroot - II - MMX (2010)



Le dubstep c'est très bien, le dubstep c'est – en gros – du speed garage qui s'amortit sur des infra basses aux alentours de 140 bpm, c'est un peu l'Air Bag des musiques électroniques speedées, un machin lourd, lent et plus atmosphérique qu'un mauvais Marcel Carné plein de pavés mouillés. Une musique globalement triste, globalement vaporeuse, une musique que l'on écoute en prenant des airs ténébreux en tirant sur une équivoque cigarette pleine de substances prohibées. Bref rien de bien réjouissant – pour le mieux un truc de jeune idiot, pour le pire un truc de vieux jeune idiot qui veut rester à la page (en d'autres temps pour se croire encore jeune on tâtait de la poulette, c'était mieux)–. Bon vous allez me dire que je tourne autour du bourdalou et que je parle beaucoup un peu quand même dans le vide, vous aurez raison... Sachez seulement que consommateur occasionnel de la niche dubstep susnommée plus haut j'ai beaucoup écouté cet album de Clubroot cette année. En fait, je l'ai beaucoup écouté en faisant le ménage (il est très bien pour), j'ai du l'écouter complètement ivre trois ou quatre fois (j'ai cessé l'illicite depuis des lustres), mais je ne l’ai jamais écouté en traquant la poulette. En tant que vieil idiot un peu pervers j'y ai trouvé pas mal de satisfactions, des satisfactions paradoxales, que voulez-vous aimer un disque plein de flûtes de pans, de chants ethniques et de nappes synthétiques new age c'est un peu aimer le pire du pire sans se l'avouer vraiment.



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lundi 27 décembre 2010

No comments - N°53



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vendredi 24 décembre 2010

Squarepusher - Shobaleader One D'Demonstrator (2010)



Pervers comme je suis il me faut toujours faire semblant d’aimer un mauvais disque raté que tout le monde déteste. Disons que par exemple j’aime faire semblant d’aimer ce disque de Squarepusher, son goût Jaco Pastorius amoindri, ses faiblardes remontées javellisées, cette odeur de muzak conceptuelle qui rode… Bref le machin sensément assez nul d’un futur ex electro toujours un peu intello qui tourne autour du pot. Reste à savoir pourquoi n’ayant aucune tendance masochiste (je suis plutôt sadique en douceur) je fais semblant d’aimer ça ? (Ce factice étriqué, cette fausse west coast en plastique, ces vocodeurs d’occasions rachetés on ne sait où …) Reste à savoir pourquoi ce disque de petit blanc bec sans moustache qui se voudrait plus jazz-rock qu’il n’est, se retrouve dans ce bleugh ? C’est un mystère ! Peut-être qu’il n’est pas si horrible que ça après tout ? Allez savoir, hein !



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mardi 21 décembre 2010

No comments - N°52



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dimanche 19 décembre 2010

Chambre Verte - Blake Edwards



Je suis très peu cinéphile ou tout du moins si je l’ai été un jour cela n’aura été qu’une lubie passagère, la lubie passagère d’un jeune désœuvré, chômeur de surcroît, qui passait son temps et pensait trouver son bonheur — la vérité ? — au cinéma. De ce court moment de cet « instant cinéphile », il ne me reste plus grand-chose, de vagues souvenirs et un intérêt fluctuant pour quelques cinéastes. Blake Edwards était de ceux-ci, j’aimais sa vraie délicatesse (parfois cachée) son élégance éthylique, son humour nimbé, son burlesque sophistiqué... Voilà il est mort, moins tragiquement que son ami Richard Quine, mais il est mort tout de même et je dois avouer que si je n’ai jamais autant été éloigné de mon « instant cinéphile j’ai été, par contre, ému par la nouvelle de cette mort là. Pour me consoler, je me suis permis de sombrer dans le bon alcool d’un cocktail adroitement composé, j’ai écouté Henry Mancini en me souvenant de Peter Sellers, d’Audrey Hepburn et de Claudine Longet (ah ! Claudine). Voilà…

En hommage, je me permets de reproduire un long entretien positiviste. Sachant que je n’ai aucune autorisation pour le faire, je l’effacerai si les positivistes me le demandent, ce serait fort dommage, mais j’aurai alors la souplesse de me plier à leurs légitimes exigences.

Entretien avec Blake Edwards
Entretien avec Blake Edwards (suite)

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samedi 18 décembre 2010

Chambre Verte - Don Van Vliet





La légende dit que sa voix détruisait les micros, la légende dit que pendant l’enregistrement de Trout Mask Replica il s’était enfermé dans une pièce et que les musiciens le suivaient en improvisant dans une autre. La légende dit qu’effrayé par sa propre voix il avait réclamé la présence d’un chirurgien pour soigner les arbres qui risquaient de souffrir et même s’écrouler. La légende dit beaucoup de choses sur Don Van Vliet … Enfant prodigue il avait conçu le projet assez bizarre de sculpter « tous les oiseaux du ciel, tous les poissons de la mer, tous les animaux de la terre »… Puis comme par enchantement Frank Zappa était passé par là, ils avaient un peu fricoté, il l’avait quitté, il avait fait le zigoto avec son saxo, chanté des blues filtrés par Albert Ayler et Eric Dolphy, enregistré des disques casse-gueule et d’autres plus centristes… finalement la musique et son business ce n’était pas trop son truc alors il s’était retiré dans le désert, il y vivait dans une caravane, il peignait « tous les oiseaux du ciel, tous les poissons de la mer, tous les animaux de la terre ». Il y eut la maladie, lente, insidieuse, puis cette mort discrète, polie… pour un peu on aurait pu croire que le désert allait cesser d’avancer…

P.-S. Lui et Blake Edwards, en deux jours, c’est un peu trop…

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dimanche 12 décembre 2010

Johnny Dowd - Wake Up The Snakes (2010)



Johnny Dowd est un drôle de zigue, un ex-GI reconverti dans la chanson qui a attendu l’âge avancé de 49 ans pour publier ses premiers épanchements en solo (l’impeccable Wrong Side of Memphis en 1998). On lui doit depuis une bonne pelletée d’albums tout aussi recommandables les uns que les autres. On pourrait dire de ce Johnny là qu’il est un peu frappé et que plein de bidules inquiétants lui traînent dans le ciboulot. Un genre de Roky Barett ou de Syd Erickson qui chanterait avec la voix gravillonneuse de Tom Waits ou de Don Van Vliet. Un schizophrène vaguement country gothique qui aurait de quoi inquiéter le commun des mortels (le commun des mortels a bien tort de ne pas se laisser inquiéter). Son nouveau disque a beau être plus tranquille, il est quand même toujours assez schizo et souvent très bien, c’est un bon disque de vieux grigou avec orgue horrifique et voix « trempée dans le bourbon ». Johnny y est assez en forme, il chante avec une fille qui passe (Kim Sherwood) et on croirait entendre chanter un couple improbable dans la salle d’attente d’une entreprise de pompes funèbres (on croirait aussi chanter un Lee un peu fou et un Nancy qui aurait perdu ses bottes). Il y a des blues garrottés, des mambos glauques, de la soul raide et du garage rock qui fuzz sur les marécages. Les histoires de Johnny sont toujours sinistres : des crétins white trash, et plus hillbilly que ma main gauche font des choses bizarres, il y a du cannibalisme, un tueur sur la route, des hommes qui agonisent et des femmes qui finissent mal… Bref que du poisseux, rien que du poisseux, mais du poisseux languissant, du poisseux pépère et imperturbable comme le serpent fou en pleine sieste digestive au milieu du swamp. Voilà, c'est bien, écoutez-le.



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vendredi 3 décembre 2010

Chambre Verte - Peter « Sleazy » Christopherson



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