mercredi 28 octobre 2009

L’incunable du jour (1)



Trois filles (Anomy) from the bronx dans les early eighties. La face A est une cover de Bowie (TVC 15) assez dispensable. La face B (Lone Wolf) qui est très bien aurait dû être la face A. Donc vous écoutez la face B qui aurait dû être la face A . J’aime beaucoup cette face B (ah le spleen urbain !), j’aime beaucoup les Raincoats aussi.

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dimanche 25 octobre 2009

A Place to Bury Strangers - Exploding Head (2009)



Et voilà que le neo-shoegaze lève sournoisement le bout du nez, et voilà que les primesautiers A Place to Bury Strangers appairassent toujours stiff et raides dans un second album qui ne décevra pas les amateurs du genre puisqu’ils y retrouveront tout ce qu’ils aiment : ces murs de distorsion à loyer modéré, ces rythmes abrasifs, ce chanteur maigrichon qui s’accroche au maelström (tout en regardant ses chaussures...) Pour la distorsion le fan neo-shoegaze de base sait déjà qu'Olivier Ackermann leader affiché de la clique sonique dont il est ici question est aussi l’inventeur d’une pédale multi-effets assez prisée du microcosme (Lightning Bolt, Wilco, U2, TV on the Radio l’utilisent également ...) donc il n’y a pas de mauvaises surprises à avoir, pour ce qui est des rythmes abrasifs il n’y par contre pas d'explication rationnelle (la carence en fer ?) quant à la maigreur vocale elle paraît rédhibitoire (c’est un problème). Pour le reste et pour tout le monde, les A Place to Bury Strangers sont toujours noir c’est noir, obnubilés par la mort et la destruction (Aleister Crowley est là, Charles Manson aussi, avec toute la famille...) et toujours plus My Little bloody Jesus Valentine qu’immaculés dans l’architecture globale de leurs morceaux : un bienheureux assemblage de bruit blanc monté sur des textures pop moribondes. Bref un peu à l’écart des quelques revivalistes vaporeux qui encombrent un peu trop le secteur : que du bon (bruit concassé) et rien que ça.


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dimanche 18 octobre 2009

No comments - N°27



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lundi 12 octobre 2009

Psychogeographie indoor (14)



« L'immersion chasse pour un temps les simulacres et conduit vers cet ailleurs éclairé des formules tragiques de la création »

1.

Ce matin une chronique d’Albert Thibaudet (bourguignon et madré), deux chapitres des Sept Piliers de la Sagesse (une belle page sur la beauté des morts : la bataille finie, reste les morts ; ils sont jeunes et ils ont la pâleur de l’ivoire neuf…) L’ennui toujours un peu là avec T.E. (Lawrence) j’ai encore cédé à la tentation de le laisser choir et mon regard c’est une fois de plus dirigé vers la pile de livres à lire. De cette fameuse pile j’ai extrait une chose de l’affreux réactionnaire Montherlant, un ouvrage qui sent l’humus et la noisette : La Petite Infante de Castille, récit de voyage sans discoboles ni petits garçons (mais petites filles, lapidez-le !) et encore moins de théaaaatrre… C’est assez savoureux, très bien écrit, drôle, antipathique et plein de mépris aristocratique envers la piétaille. On imagine sans peine un Montherlant plus misanthrope que ma main droite. Bref un sale con !
Dans la pile de livres à lire il y avait eu avant ce Montherlant musqué un roman de François Nourissier : La Crève - oui lui le Nourissier, le Nourissier terriblement barbu, terriblement de l'Académie Goncourt – en fait, on constatera que, sous l'engourdissement et derrière l’anxiolytique pompidolien, La Crève cache quelque chose qui accroche en bien. Ne me demandez pas quoi, peut-être ce goût saumâtre et gris tout à la fois (de la cendre ?), certainement ?

2.



Du côté du nouveau ma « rentrée littéraire » est essentiellement brumeuse et locale puisqu’en parti constituée par le livre d’un quasi-voisin lyonnais : Robert Alexis, U-Boot chez José Corti. Une belle histoire en apnée où le sous-marin est un véhicule qui outre la navigation subaquatique ouvre moult écoutilles digressives. On se retrouve ainsi plongé dans les confidences d'un sous-marinier à la sexualité plus déviante que ma main gauche, dans les souvenirs d'un autre happé par la fatalité dégueulasse du groupe, le nazisme, les origines du nazisme, la monté du nazisme, ce genre de choses... mais toujours dans une pâte légère et impressionniste, avec du mystère et un beau style (poétique et désuet ?). Pour le reste si le sous-marin est un lieu favorable à l'introspection et à ses épanchements, une fois échoué sur une île tropicale qui passait par là, il n'est plus qu'un objet hétéroclite autour duquel tourne deux trois sauvages. Kurtz rode et le panthéisme avec. On affirmera que tout ça commence chez Jules Verne, passe par Gracq pour mieux finir chez Conrad. Les deux dernières pages, en forme de pirouette, sont ratées et trop malignes pour être honnêtes , c'est dommage, le reste était presque impeccable.

3.



En restant lyonnais et « rentrée littéraire » le livre de François Beaune Un Homme Louche à lui aussi de bons moments (d’autres plus périclitants) , c’est le vrai-faux journal intime d’un certain Jean-Daniel Dugommier (le glaviot), adolescent limite autiste fan de hard-rock autrichien, puis adulte louche et interné... Beaune est bon dans les micros-décalages kafkaïens, dans la sous-réalité du sous-quotidien, dans la légère déréliction... moins dans le sursignifiant; meilleur dans le grain de sable qui grippe la machine que dans les charges semi-voilées montant à l'assaut d’un monde qui nous accable.. Le livre est parfois drôle, parfois sinistre, mal maitrisé, mais plein de promesses.

Pour finir dans le factuel et par fidélité, on dira de Solo le nouvel opus de Michka Assayas qu’il n’est pas mal, mais pas transcendant... Qu’on y trébuche souvent sur le romanesque (les clés du roman à clé) l'arrière-goût houellebecquien et le coaching corrélatif de chez Grasset (cette photo espiègle et ce bandeau ad hoc). Néanmoins, entre deux trébuchements inopportuns, reste quand même du bien : les « thèses spectaculaires» de Guy Debord bizarrement défendues par un François Nourissier (on y revient) encore un peu gamin, cette ironie grise, cette malice poisseuse.... Michka s’invente, se libère, on trébuche moins, sur la fin où on sent qu’il pourrait éventuellement devenir un « vrai » écrivain (Il faudrait qu’il « tombe » malade).

P.-S. Jacques Chessex est mort d'énervement à propos de « l’ affaire Polanski », ce n’est pas une très bonne nouvelle...

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jeudi 8 octobre 2009

Sweet Trip - You Will Never Know Why (2009)



Le disque précédent de Sweet Trip était rempli de glittch electro qui craquaient dans l’oreille comme autant de pépins électroniques, il était aussi plein de brrr et de drrrr, des trucs bleepy qui sursautaient sur un tapis limite pop. Malgré tout ces bidouillages drum'n'bliss nous n’étions pourtant pas chez d’autres adeptes plus furieux et irrésolus de la chose, nous n’étions pas chez Venetian Snares... chez Sweet Trip il y avait des chansons, oui des amorces de chansons, un monde plus rose et pop, un monde plus fleuri, un monde alangui, du bonheur latent loin de l’embarras et de l'anthracite. Ce You Will Never Know Why (oui il est là, nouveau fuchsia et frais) est encore mieux et plus délicat, il est même pour tout dire charmant, il oublie les glittchs et autres « micro-accidents electro » pour naviguer vers quelque chose de plus fleuri : un genre de My Candy Valentine approximativement neo shoegaze avec jeunes filles éthérées et basses rondes de chez Sarah records.... Voilà il est ça, mais bien plus et tout à la fois aussi : pop, bossa, latin, post-punk dans l’esprit... Treize morceaux, treize délicatesse, mais pas de malheur, des rythmes complexes, parfois plus impairs que ma main droite, d’intéressants basculements harmoniques, des guitares acoustiques immaculées, une Fender plus préparée que le piano du même nom, des cordes luxuriantes, un Wurlitzer amniotique, des patterns de synthétiseur attrapent cœur... Voilà, voilà, tout ça, mais surtout par-dessus tout ça la voix de Valerie R. Cooper, une voix à la qualité nympholepte indéniable, une belle voix de jeune fille cristalline, on dira. Pour le reste quant à la nympholeptie vous pouvez me lapider ! Lapidez-moi c’est de saison, mais vous pouvez quand même écouter ce disque avant, merci.

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dimanche 4 octobre 2009

Bernard Szajner - Brute Reason (1983)



French eighties post-punk electro-bricolo avec le chauve inquiétant Howard Devoto en guest. On notera que Bernard Szajner outre le post-punk electro-bricolo était également inventeur puisqu’il inventa un jour la laser harp (la harpe laser), instrument très peu pratique à transporter… mais bon.

Jean Michel Jarre (le botoxé en chef lyonnais à cheveux longs) volera par la suite la laser harp de Szajner pendant que ce dernier (chauve lui) méditait sur les visibles dégâts de l’alopécie précoce. Ce ne fut que le début de moult vilenies chez le fils Jarre. On ne rappellera pas ici son fameux « Rampling lâchage » qui est dans toutes les mémoires.

P.-S. Vous me direz que je ne vous parle pas vraiment de ce disque et vous n’aurez pas tort. D’un autre côté est-ce si important ? En attendant écoutez-le si vous avez la bonne fortune de le trouver ici ou là (il est anecdotique) mais écoutez surtout toujours le chauve inquiétant De Voto chez Magazine il y est encore très bien et à son avantage.


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