jeudi 27 novembre 2008

Out of the fog - Anatole Litvak (1941)



Pour l’amour d’Ida on ferait n’importe quoi, par exemple supporter l’insupportable John Garfield dans un Litvakerie de troisième main... Bidule embrumé et théâtral, avec figure du mal estampillée petit racketteur, et petit non-patron pêcheur racketté. Je me demande si tout ça est républicain ou démocrate et sachant que la moitié du casting sera par la suite labellisée sorciers et sorcières, je regarde mon balai dubitatif en constatant que l’intrigue sera, elle, résolue dans un bizarre élan de type CIDUNATI, Gérard Nicoud es-tu là …

NB : Finalement pas le pire d’Anatole, la brume est très bien tout comme les seconds couteaux.. et à ma grande honte, même si chargeant la barque, Garfield est presque bon.

PS : Je mange le chapeau que je ne porte pas.

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samedi 22 novembre 2008

Pants Yell! - Alison Statton (2007)



Cher M. Hermès,

Je suis de la même inconsistance, que votre vue volatile, terriblement intense, bien qu'elle me couvre de volonté ajourée.
Sachez qu’aujourd’hui en cherchant sous les fagots quelques enregistrements de la délicieuse Alison j’ai bien malgré moi mollement trébuché sur une chose qui ne valait pas son titre. Bien que de prime abord agacé par ma faible chute, je ne serais néanmoins pas trop retors car en fait à l’écoute de cet enregistrement j’ai éprouvé un court plaisir, plaisir un peu coupable, plaisir passager, mais plaisir bien là … Oui j’ai trouvé qu’il y avait un petit charme, le charme de Sarah (records) plutôt que celui Alison… un petit freluquet au pépiement, une petite clique de mignons peu embarrassés par la testostérone aux instruments… et même, voyez-vous, un orgue boiteux comme chez les Young Marble Giants… mais un brin banal car, cela va s’en dire, sans le faux vrai génie bancal.
Le tout était joli, n’était que joli mais agréable puisque joli… Vous savez comme moi qu’il faudra bien un jour prendre des mesures drastiques contre le joli, vous savez que ce jour là l’embarras sera posé là dans sa pleine stabilité marmoréenne et qu’il nous faudra lui faire face sans trembler... En attendant, il y a toujours plus d‘agrément que d’inconvénients à vouloir encore chérir les choses « jolies et non essentielles », j’ai donc planté ma tête dans le sol et une fois de plus j ‘ai écouté résonner cette pop autruchienne, le courage attendra.

Sinon, comme convenu, les chats invisibles ont hurlé comme des femmes ou des instruments endommagés, vous le saviez déjà mais il est toujours utile de rappeler les évidences sautillantes aux non-ignorants qui ne les ignorent pas.

Bien à vous

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mercredi 19 novembre 2008

Remake / Remodel N°8



« Quand je serai une vieille dame morte, j’aimerai à me vêtir, moi aussi, de brouillard lilas, et de fumée rose; je me nourrirai avec le parfum des fleurs; ou avec l’odeur des prunes, qui est délicieuse et qui me donne des envies d’amour.»

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jeudi 13 novembre 2008

Jesse Belvin - Mr.Easy (1960)



Le destin tragique de Mr. Easy, triste histoire, mort à 28 ans, sur le bord d’une route, assassiné en couple par une automobile bilieuse, - ne conduisez-pas, il y a trop de risques -. Jesse Belvin un autre Sam Cooke un autre Otis Redding, plus secret, plus ordinaire, moins mythique, venant avant les autres, mort avant… Plus compliqué aussi, Belvin un songwriter prolifique… mais dilettante, très dilettante... tellement dilettante ; il écrit des chansons, des dizaines et des dizaines qu’il ne monnaye pas plus que 100 dollars pièce, des chansons écrites en cinq minutes, dans une voiture, sur un banc, dans la cuisine… allez savoir !
Et puis lassé d’être un vague artisan en équilibre sur les bords d’une industrie bien réelle, il saute, il chante, oui c’est un chanteur, un vrai, un crooner magnifique, avec une voix magnifique : « Goodnight My Love » et dans le fond un pianiste âgée de 11 ans, l’incontournable Barry White, « Guess Who » merveille écrite par sa femme Jo Ann, plus qu’un cadeau, un phénomène en suspension, plus qu’un one-shot doo-wop non une merveille, une vraie . Il chante et chante encore (procurez-vous les compilations) il est Mr. Easy, un type cool, un vrai…
Mr. Easy c’est justement le titre de l’un de ses seuls vrais albums, un album que les esprits chagrins trouverons peu représentatif : trop crossover, trop blanc, trop joli… trop Sinatra, trop Nat King Cole et Billly Eckstine … pas assez Sam Cooke, pas assez noir, pas assez non-produit… Les esprits retors ravalent bientôt leur mauvais chagrin , c’est un disque formidable, un vrai disque de studio comme il y a des vrais films de studios (un disque RCA, comme il y a des films RKO) superbement arrangé par Marty Paich, avec Art Pepper au saxophone, Jack Sheldon à la trompette, deux magnifiques souffleurs . Oui une merveille, une vraie, un fil d’or où Jesse Belvin est conscient de ses propres limites, oui il sait que sa voix ne sera jamais aussi riche que celle de Sinatra,qu’elle ne volera pas comme celle de Sam Cooke, oui il le sait, alors il l’utilise à sa juste mesure cette voix, veloutée expressive dans « Blues In The Night », duveteuse sur les cuivres « In The Still Of The Night » nonchalante et dans la soie « Makin' Whoopee » toujours distante mais dans l’émotion, comme dans cette belle version de « The Very Thought Of You », un voix qui pourrait vous faire pleurer sans pouvoir elle-même pleurer, tout est là, c’est le secret.
Jesse Belvin ne pourra pas écouter ce disque qui ne sortira qu’après son bien inopportun trépas automobilistique. Sam Cooke signera chez RCA, il y aura d’autres disques, superbement produits, superbement chantés, il y aura « A Change Is Gona Come » cette pierre angulaire, mais il ne faut pas oublier les premiers tailleurs de pierres…



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dimanche 9 novembre 2008

Chuck Willis - The King Of the Scroll



Il y a deux Chuck Willis qu’on ne cesse de soupeser, sur la balance posé sur le côté droit, un convaincant blues shouter à la voix forte et robuste, posé symétriquement sur le côté gauche de la même balance, un crooner doux et vulnérable, un blues balladeer souple et attentionné. Chose curieuse le massive et le fin pesant strictement le même poids la balance reste stoïque. Tout cela serait très simple dans le meilleur des mondes impassibles s’il n’y avait, en fait posé à côté de la balance, un troisième Chuck Willis, un magistral songwriter ; l’un des plus beaux façonneurs R&B fifties. Il suffit d’écouter ses disques pour s’en convaincre : deux, trois compilations * disponibles sur le marché et le tour est joué… voilà des joyaux à foison : « CC Rider » smash hit définitif, irrésistible adaptation d’un maussade classique blues-folk, des ballades angoissées : « Don't Deceive Me (Please Don't Go)» , « It's Too Late » (repris par Buddy Holly, Charlie Rich, et Otis Redding..) du métaphysique : « I Feel So Bad » (repris par Elvis Presley et Otis Rush..) et pour finir du joyeux, l’étonnant chant du cygne « Hang Up My Rock & Roll Shoes » dernier titre enregistré, magnifique (précurseur) comme du Elvis vraiment noir… mais en mieux que ce que j’en dis …

Tout Chuck Willis est presque dans ses disques, tous sauf les histoires : le turban qui lui vaut d’être surnommé The Sheik Of The Blues, le scroll cette danse qu’il invente un soir télévisé où derechef il s’auto-couronne King Of The Scroll, son passage de Okeh records à Atlantic records (ne pas oublier que nous somme à Atlanta, c’est important) et puis le destin, le vrai, le sombre destin… ulcère, péritonite, opération… il ne se réveille pas, mort en 1958, il avait 30 ans… Quand on songe à un autre roi, l’Elvis blanc, majestueusement trépassé sur un bien incertain trône 20 ans plus tard, il y a de quoi rester songeur... et vigilent question tuyaux !
I Remember Chuck Willis (1963)
Stroll On: The Chuck Willis Collection (1994)
Wails! The Complete Recordings, 1951-1956 (2003)

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jeudi 6 novembre 2008

No comments - N°10


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lundi 3 novembre 2008

Mix of the week – N°4



Et sa nuque fragile qu’on découvrait par instants nue, avec le renflement, touchant à voir, de deux tendons qui saillissaient sous la peau duvetée, couleur d’ambre clair, selon les mouvements de sa tête… et la sérénité d’âme qui s’éloignait d’elle, de tout ce qui l’environnait, la rêverie, la tristesse ; ces chansons qu’elle chantait, un filet de voix douce…

Au menu : des filles, oui des filles rien que des filles. La merveilleuse Alison… Alison et ses clones… mes petites amoureuses… April, Rachel, Anna … Alison encore, toujours Alison…

Fall Of Saigon - So Long 2:23
April March - Garcon Glacon 3:37
Anna Domino - Land of My Dreams 4:20
Papas Fritas - Say Goodbye 4:43
Antena - Noelle à Hawaï 3:27
Tokow Boys - Swinging pool 2:55
Marine Girls - On My Mind 3:05
Mary Moor - Pretty Day 2:58
Weekend - Red Planes ('81 Demo) 8:53
Young Marble Giants - Final Day 1:39

10 songs, 38:14 minutes

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