mercredi 28 février 2007

Le « croquignolet » du jour - Screamin’Jay Hawkins



Voilà sept ans que je suis dans ce putain de cercueil, et c’est trop, vraiment trop , raide, gonflé, flasque, pourri les os sont là à présent, bientôt je ne serais plus qu’un petit tas de poussière et je me demande bien comment je peux parler à vos petits culs laiteux vu que je ne suis plus rien ou presque … que du concassé , plus rien, nada le néant ; merde quoi bordel ! Alors que je suis mort tellement de fois AVANT ! Que je suis ressorti du cercueil avec mes dents de vampire en plastique tellement de fois avant : par exemple, je suis mort une fois quand les Japonais m’ont torturé en m’arrachant les ongles ! Quand le petit officier avec les grandes bottes en venu avec son calibre et me la mis entre les mains pour que je me tire un pruneau dans le cigare ! Faut être con ou japonais ou les deux pour me refiler un calibre faut dire, le petit Japonais voulait que je me suicide et moi finaud j’ai retourné le pétard contre lui ! Je m’en suis servi pour lui tirer une balle entre les deux yeux ! Il est tombé en arrière comme un caillou. Ensuite j’ai vite pris un fusil qui traînait par terre et j’ai liquidé le reste des petits japs qui beuglaient dans leur langue de merde, faut pas me la faire à moi !
Je suis mort une autre fois quand ces connards de Drifters m’ont enfermé dans mon cercueil de scène. De l’air pour cinq minutes et ces connards qui m’enferment ! J’étouffais bordel j’étouffais ! alors, je me secoue et à force de me secouer je casse mon cercueil et je ressors, furax ! Faut dire que j’avais chié dans mon beau costard de scène blanc. Alors moi je cherche ces connards de Drifters ! Ils auraient pu avoir des flingues des couteaux tout le tremblement, si je les avais attrapés ce jour-là je leur aurais rentré la tête dans le coup … tas de cons les Drifters … putain me faire ça à moi hein faut vraiment pas avoir de face …
En parlant de face et de connards, quand j’étais jeune et pas encore mort tout ça … je jouais dans l’orchestre de Fats Domino, ce gros tas se foutais tout le temps de ma gueule. Un jour je lui ai dit : « regarde-moi bien fils de pute quand je joue du piano les gens se tapent dans la main parce que je suis bon, très bon. Un jour je serai bien plus célèbre que toi, et tu seras BLANC ! TU SERAS UN GROS NÈGRE BLANC, Man ! » après le gros Fats m’as évité pendant 25 ans et j’étais trop content de le voir devenir petit à petit BLANC ! Comme le navrant Bo Diddley , « I Put A Spell on Bo Diddley ! » Quand je voyais ce type, j’étais malade à en crever « foutez-moi ce type dans une autre pièce. Ce mec trimbale des microbes, des germes ! » J’étais allergique à ce gros con .. En fait j’étais et je suis encore malgré la poussière, le meilleur, le meilleur nègre, le meilleur boxeur poids lourd plus que le Cassius qui tremble, un killer, un putain de gorille , le plus fort toujours le plus fort, même mort ! Attention à vos petits culs blancs ! Un seul noir pouvait chanter comme moi : James Brown , il attend son cercueil depuis 2 mois, raide, gonflé , flasque bientôt les os lui aussi James Brown ! Enfin le Godfather of Soul faut pas déconner non plus ! J’ ai tout inventé, les capes, les dents en plastiques, les serpents, la constipation … tout vraiment tout, je suis un grand chanteur d’opéra en plus, un putain de ténor plus que ces gros blanchâtres ritals de mes deux merdes quoi !
Pour en revenir à mes décès, je suis mort une autre fois . le jour ou, je suis allé dire à ma femme que je la plaquais, je l’ai trouvée à moitié à poil avec trois japonais ! Quand j’essayais des les virer, tchac ! elle m’a planté un énorme couteau de cuisine dans les poumons. Je me suis retrouvé à l’hosto, comme une flaque, avec des tuyaux dans le corps ASSASINE ! Trucidé par une pintade putain merde quoi ! Quand j’ai ouvert un œil, elle était là . Alors, je lui ai dit « Cours ! Cours vite ! Parce que si je t’attrape … » C’était en 1964, elle court encore la pintade, hé,hé !
En fait, je suis mort une première fois quand ma mère m’a abandonné, quand j’ai été recueilli par ces indiens Blackfoot et quand mon enfance est morte … Avec tous ces rituel cette camelote qui a tué mon enfance ! Quand ces indiens me lâchaient seul et nu dans la forêt pendant plus d’un mois sans rien, sans nourriture moi le nègre de Cleveland au milieu des bois ! Mangeant des racines, de l’herbe et des putains d’écorces, des écorces quoi merde ! Des crabes, des serpents moi qui ai même avalé un scorpion vivant ! Voilà moi le seul nigger Blackfoot vampire à tête de mort plume de corbeau sur le chapeau du marché, Alice Cooper est une erreur Screaming Lord Sutch et une petite crotte toute blanche à prendre avec le thé, je suis mort, je ne suis plus rien, les gonds de mon cercueil ne grincent plus, il y a de la terre au-dessus de ma poussière, je suis triste et je flotte et je parle à vos faces de craies je me demande bien comment d’ailleurs, c’est magique tout ça.

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samedi 24 février 2007

Psychogeographie indoor (3)



L’air hagard et un peu chiffonné, je me suis réveillé ce matin avec une irrésistible envie d’arpenter ma bibliothèque, lâchant un peu de réel pour partir à la recherche des fantômes car oui ils sont bien là dans les livres ces troublants spectres ! Discrets puisque la discrétion est l’une de leur qualité essentielle, craintifs de peur de déranger, divaguants dans les livres, entre les lignes et sur les planches de ma bibliothèque.
Il y a dans toute hypothétique armoire à livres ce sentiment cette sensation que je ressens avec une acuité de moins en moins relative d’avoir à faire à la vaste communauté des trépassés, et comme chacun sait qu’une bibliothèque est une poudrière et que la communauté des trépassés ne cesse de croître, il y a du cocasse même pas caché à voir une poudrière tenue par des fantômes de plus en plus nombreux … une chambre verte, une poudrière, je n’allumerai pas de bougie, l’explosion rode !
Me voilà donc le regard en suspend face à une multitude de revenants, sur les planches et non entre les planches chez moi il y a plus d’écrivains en poussière que d’écrivains vivants, plus d’écrivains défunts à la prose vivante que d’écrivains vivant à la prose défunte … Parmi ces spectres il y en a quelques uns que je regarde néanmoins avec un air de plus en plus suspect, je me demande si par exemple LF Céline est un exoplasme de bonne compagnie, ne trouvant plus chez lui qu’une morne exhortation de sa propre vérité, une haine de lui-même finalement assez peu importante. Mon regard par exemple vient de s’arrêter avec un haut de cil sur ces livres aigrelets que sont « Rigodon » et « D’un château l’autre » et me voilà perplexe, les vivants écrivent un peu trop comme Céline son influence est trop prégnante, relire Céline aujourd’hui me paraît être une sorte de pléonasme barbare, bref Céline sent le pipi ! Mais vous me direz que l’époque sentait le pipi d’ailleurs la cohorte d’écrivains malséants collabos est d’une compagnie assez peu agréable (Ghostbuster) il y a bien le délicat Drieu qui discute réverbère avec un Gérard De Nerval affligé (ah ! les horizons dégagés de la nouvelle Europe !) un bien beau développeur de syntaxe Drieu et un fantôme plus courageux que l’azimuté de Meudon, il y a surtout ce salaud sybarite achevé de Maurice Sachs qui me semble être l’ectoplasme abject le plus sympathique de ma bibliothèque, je ne lui présenterait pas mes petits cousins néanmoins ! Dissimilitude et contraste parmi tous ces écrivains en poussière il y en a d’autrement plus touchants, des types rattrapés par le réel d’une époque à qui ils ne demandaient rien ci ce n’est de vivre ! Pour rester petitement français il y a Desnos , Desnos balancé par Céline à la barbarie , Desnos oui Desnos qui est peut-être un fantôme plus conséquent que le petit thérapeute aigre, et je ne parlerai même pas de supplément d’âme … il y a Benjamin Fondane et Max Jacob il y a Jean Prevost , dandy Stendhalien tombé dans le Vercors sous les balles allemandes, il faut parler d’eux , inlassablement … il y a aussi les écrivains du Stalag * , Raymond Guérin suintant complètement organique Bataillien avant l’heure ou presque, en tous les cas imbibé par sa propre chair, non loin de Guérin les terriblement humains Benjamin Péret et Hyvernaud chuchotent leur sombres histoires avec le tendre Henri Calet de beaux prosateurs clandestins ces trois là ... « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes »… .
Il faut aimer les fantômes, il faut aimer la poussière, il faut aimer les livres vraiment, la poussière n’est pas l’oubli, il y a des livres que l’on peut prendre dans ses bras, il y a la vérité, il y a le réel, et l’amour… il y a parfois des larmes dans les livres, ne les secouez pas trop …


* Un peu à coté Vialatte lui comme toujours fait le malin, mobilisé en 1940 Sa jument lui crève un œil ! Il est fait prisonnier, tente de se suicider petitement, victime d’hallucination il est interné pendant quarante petits jours … et bientôt libéré (lire « Le Fidèle Berger ») il finira la guerre comme correspondant de guerre avec un uniforme et tout et tout, non mais merde quoi !

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Anna Domino - East & West (1984)



Moins bien que les Young Marble Giants ou même Isabelle Antena , moins bien que les meilleurs Durruti Column mais meilleur que les pires, moins Punk que Kleenex- Liliput ou Ludus (oui Ludus l’amour de jeunesse non consommé du Morrrisey à glaïeuls), moins ethno bricolo que Lizzy Mercier Descloux, moins touchant que Rosa Vertov, assez peu de piscine un soupçon de catogan chez le saxophoniste mais qu’un soupçon … Pas de piscine, pas de blondes, pas de Coke , mais putain de bordel de merde !!! où est la Coke ? !!!!

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lundi 19 février 2007

L’amour c’est gai l’amour c’est triste



C’est gai c’est triste, ça craque drôle tendre ça pince triste doux enfin quoi merde voilà j’adore ce film ! Le meilleur rôle de JP Marielle (peut-être) le meilleur rôle de Chantal Goya assurément (c’est moins dur) laconique petit volatile tombé de la branche Chantal Goya et Claude Melki quoi Claude Melki !! tendre autour et dedans Claude Melki un drôle d’acrobate et la ramenez pas avec Buster Keaton Melki a son territoire à lui celui de la résignation douce… on n’oublie pas les dialogues de Rémo Forlani délicieux du vrai que no et plein d’autres choses qui mériteraient un développement plus conséquent – sur Pollet notamment… mais j’ai la flemme peut-être un autre jour… précipitez vous sur ce film …

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dimanche 11 février 2007

Trêve



« Plus tard, je pensais que je pourrais mourir à n’importe quel moment, et que la mort fixerait pareillement mes traits dans l’attitude que j’avais. Ce n’est pas tant de la mort que je me méfiais que de ses conséquences immédiates. Même après l’avoir déserté, on garde quelque responsabilité envers son corps, son apparence – comme envers les femmes qu’on a quittées, au moins le temps qu’elles mettent à nous oublier. Je ne voulais pas faire les choses dont je ne pouvais penser qu’elles correspondaient à une grimace. Un visage immobile à quelque chance d’être photogénique. Le dandysme consiste à se placer du point de vue de la première femme de ménage qui découvrira le cadavre… »

Je ne sais pas si ce livre est comme le prétend Philippe Sollers dans une quatrième de couverture un peu bravache un livre « génial », d’ailleurs le génie en littérature semble une chose assez aléatoire voire un peu morte tant les massifs les plus divers paraissent avoir été arpentés jusqu’à leurs plus hauts sommets et cela depuis un certain temps déjà … Donc, ne nous roulons pas dans le « génial » et Sollers est trop malin pour ne pas oublier toutes ces choses évidentes … Ajoutons qu’il est l’éditeur de la chose ce qui calme l’impartialité supposée de notre ami au fume-cigarette. Nous parlerons donc plutôt d’amitié post-mortem entre deux écrivains ce qui ne manque pas de panache … Frédéric Berthet est mort un jour de Noël comme Robert Walser mais quand Walser était retrouvé après une promenade fatale (fatalement volontaire ?) sous un agrégat relatif de neige, Frédéric Berthet lui était retrouvé gisant dans son appartement parisien ouvert au vent après un réveillon trop arrosé, vous auriez dû lire le beau papier de Philippe Lançon paru dans un Libération d’il y a quelques semaines, papier qui formulait tout cela beaucoup mieux que moi et qui était aussi une autre belle déclaration d’amitié post-mortem …
Mais revenons au livre, plus précisément au livre qui nous concerne ! Dans l’appartement de Frédéric Berthet on a retrouvé une somme considérable d’écrits épars, des débuts de romans, des prémisses d’essais de nature diverse et une partie autobiographique non négligeable, parmi toutes ces choses entre manuscrits et tapuscrits on a notamment retrouvé le journal d’un roman : « Trêve » jamais publié et comme oublié volontairement par son auteur, c’est cette somme qui est aujourd’hui publiée. On a donc à faire à une matière aléatoire faite de bouts romanesques, d’aphorismes souvent limpides et d’une partie journal intime constamment déguisée tant elle semble communiquer avec la partie romanesque par de très minces tuyaux (la littérature c’est de la tuyauterie de l’intime vers l’extime). Le livre dans sa structure forcément morcelée rappelle assez souvent le Journal de Kafka, mais là où tout se complique plutôt un journal de Kafka contaminé par l’ironie et le détachement de Fitzgerald par cette sorte de magie qui permet à la désinvolture de frayer avec la profondeur tout en restant svelte « Ah ! oui c’était cela. Il suffisait de se montrer profond pour qu’aussitôt on veuille vous enterrer. Son propre fossoyeur. »
Écrits à la charnière des années 80 ces fragments gardent une trace persistante de l’époque idoine : la fin du politique le retour à l’hédonisme nécessaire à tout être constitué de vibrations (diverses , variées) vibrations si peu communes à l’ensemble d’une humanité hypothétique formant société . On découvre un Berthet quasi mondain parfois bienheureusement superficiel, il sort beaucoup boit énormément, semble amasser une somme considérable de conquêtes féminines il pourrait être un double lumineux d’Alain Pacadis que l’on croise d’ailleurs au détour de deux trois pages , silhouette et symptôme définitif de l’inconséquence supposée début eighties, Jean Lorrain toutes ces histoires fin de siècle : « Pacadis : une toupie ronflante. Au palace, du haut de la galerie, je la vois danser de loin. Pacadis et le tripier des Halles – les rats » Il y dans « Journal de Trêve » des jeunes filles merveilleuses et solaires, une vision du sexe plus dans l’aérien que l’organique, une sensualité jamais rabat-joie, c’est aussi surtout et principalement un livre hanté par le pressentiment d’une mort précoce ... Berthet ne se trompait pas.

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vendredi 9 février 2007

Roddy Frame - Surf (2002)



Première amabilité discographique entièrement en solo de notre ami Roddy Frame, avec dans le mélange seulement sa voix et une guitare (espagnole ?) … mélange pur , non dilué où on ne se perd pas dans les afféteries de l’arrangement pour se retrouver devant des chansons peu habillées et sans Mark Knopfler son look de tennisman classé 72eme mondial parce qu’il joue beaucoup de tournoi satellites tout ça … . Jolie cuisine avec néanmoins un manque de variété dans les plats jolis gratouillis de guitare mais sans gruyère, jolie voix mais un peu uniforme, à la longue manque un soupçon de dissonance nécessaire (les trous, le gruyère ?) à toute entreprise de ce type (le type tout seul avec guitare) manque beaucoup de brèches mais du charme, disque de dimanche matin quand la neige ne fond pas …

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jeudi 8 février 2007

Comment ne pas parler des livres que l’on n’a lus ?



162 pages achevées d’imprimer le premier décembre 2006 en Normandie à Lonrai, n°d’éditeur : 4335, le dépôt légal est de janvier 2007 (ce qui pose son livre !) Edité chez les « Editions de Minuit » 7, rue Bernard Palissy à Paris dans le sixième arrondissement, arrondissement que je ne connais pour ainsi dire pas ! Comme la ville de Lonrai en Normandie d’ailleurs … L’ouvrage coûte 15 euros ( l’euro est l’unité monétaire crée par l’Europe supposée politique afin de lutter économiquement dans un monde mondialisé mais pas l’alter …) Il y a un site Internet des « Editions de Minuit » ce qui prouve plein de choses et pas d’autres, et pose son éditeur … La collection « Paradoxe » de chez minuit est au même gabarit que la collection « Critique » il y a des auteurs communs entre les deux collections, mais la collection « Paradoxe » est moins lactescente d’ailleurs elle sent une drôle d’odeur comme de la tapisserie fraîchement collée, on imagine Deleuze posant de la tapisserie avec ses ongles si bizarres et tous ses trucs qui déguerpissent de son ciboulot comme par mégarde avec son chapeau tout bizarre aussi. Il y a toujours l’étoile avec le petit m (La marche à l'étoile) la typographie est plus petite que chez le raz du cou plombée-plombante (vous voyez … il est là … oui … là. posé) voilà.
La chronique des différentes manières de lire un livre, des situations merveilleuses où l’on se perd quand il faut ne pas en parler et des moyens à ne pas mettre en bataille pour ne pas se sortir d’affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait impossible d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on n’a lu et surtout avec un quidam qui l’a lu lui aussi et ce pour la simple raison qu’aimer un livre c’est parfois en tomber amoureux comme d’un nouvel être distinct, quasiment palpable, émotion personnelle et pas forcement partageable…. Et que le sentiment amoureux parfois ne s’étale pas au vent de la répartition et des avis, de la « discussion » et de toutes ces choses qui forment un monde bien loin du flottement, de la pure intuition et de la magie des cœurs qui se croisent et se reconnaissent.

NB : je m’empresse d’ajouter devant la foule engourdie que je ne suis absolument pas amoureux du livre évoqué plus haut, mais de Robert Walser oui …

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mercredi 7 février 2007

Esquisse de Klimt



Je ne sais plus qui de Philippe Pascal de Marquis de Sade ou des branchouilles top modernes d’Actuel avaient inventé ce concept mou de rock européen ? En gros pour résumer une sorte de rock peut exister et avoir des racines strictement européennes ... Kurt Weill , Berg ,Mahler, le père Schoenberg et tout le tremblement sérialité et imagerie décadente viennoise sont des influences majeurs ! Bon ok d’accord quand les influences sont bien digérées cela peut être sympathique mais quand la viennoiserie est un peu lourde la digestion devient bien vite problématique ; musique sans âme (soul) fascination suspecte pour des époques et des imageries pas top (l’Allemagne nazie, brrr), érotisme d’endive blafarde , le tour est vite fait ... alors que ce qu’il y a de miraculeux dans la musique populaire c’est peut-être la lente et continuelle bacchanale entre les racines les genres et les influences digérées,l’ European Son to Delmore Schwartz du Velvet a autant ses racines dans le blues du delta (et donc de l’Afrique par la bande mes agneaux) que chez les binoclards germaniques. Et Kraftwerk est aussi un grand groupe de Soul Music !



Bon je digresse un poil oublions les rhizomes et autres tubercules ,revenons aux guillerets Marquis De Sade groupe rennais circa 79/81 indéniablement post punk avec une somme d’obsessions ramenardes considérables : Klimt, Egon Schiele les viennoiserie écroulées l’expressionnisme , les yeux de Peter Lorre et la bande à Baader 15 ans avant LuKe Haines. "Dantzig Twist" sorti en 1979 avec des titres en Anglais en Français d’autres en Allemand , du post-punk bien rigide et même un très bon de disque pour tout dire (Velvet, Can, Wire , Television). Seul problème le chanteur Philippe Pascal donc qui est très altruiste, très dramatique contrôle un peu trop le truc et manque assurément de sincérité. Les plumitifs de l’époque comparaient souvent Marquis de Sade à Joy Division, funeste erreur ! même s’il y a des teintes communes, il y a plus de distance (assumée) chez les Rennais (instituteurs) que chez les Mancuniens ( pousseurs de chariots en usine.)



"Rue de Siam" le second album paru en 1981, aujourd’hui ou ça revivalise dans le post-punk d’opérette est un truc qui tient aussi sacrément la route, mélange détonnant entre les cuivres qui ont fait leur quasi sautillante apparition et le reste du bidule qui reste bien glacé lui. Ca groove sur la banquise, d’ailleurs c’était le problème de ce groupe, tiraillé entre les aspirations de Philippe Pascal et le reste des oiseaux (pingouins ?) qui eux étaient plus attirés par des choses vaguement dansantes, l’album tire d’ailleurs sa force et sa singularité de cette lutte entre le chaud et le froid ... bon pour le reste lyrics mornes qui parlent de guillerets cancers et de drogues ... voir d’icebergs et de sous-marins (c'est d'un goût ! ) il y a même un très grand titre "Iwo jima song "(bien avant Clint !) très grand titre car tout est là : le froid, le chaud … et surtout cette science crispée pour la montée en neige dramatique ... quasi sournoise la science . Philippe Pascal(e) après moult épisodes à visée dodécaphonique (Marc Seberg) est réapparu récemment il psalmodie à présent une sorte de blues désincarné comme quoi je ne me suis pas trop trompé cette musique elle vient du blues et donc du Delta et de l’Afrique, hein ! voilà quoi…

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Vidéo du jour - Laura Nyro



Sublime, forcement sublime
...

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jeudi 1 février 2007

Petit vélo



Nous avons parfois tendance à gloser l’air dubitatif sur les jeux de notre ami Perec les bidules compliqués de l’oulipo machin chouette jeux un peu vains trucs bidules pour happy fews groupies de mots croisés … et bien détrompez-vous mornes pleins ! les contraintes c’est bien ! Pour preuve prenons ce mince volume « Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? » Courte merveille pleine de chausse-trappes où un Perec assez burlesque baguenaude au milieu de procédés littéraire divers et variés ( apocope, calembour, chiasme, circonlution, diaphore, ellipse, épiphrase, euphémisme, métathèse …) l’intrigue à base d’humour de caserne n’est bien évidemment qu’un prétexte nous ne sommes pas chez Celine et son « Casse pipe » quoique ? Pour revenir au piège et au bouleversant cachés des contraintes Perecquiennes il faut prendre le livre par sa fin, par son index, index conclu de manière à priori incompréhensible par la lettre P et par un mot de prime abord abscons, le mot Psittacisme ! Bon regardons de plus près, nous voilà avec un mot de 11 lettres qui commence par la lettre P cette même lettre P est la 11eme lettre avant la fin de l’alphabet rien de bien évident vous me direz ? et bien détrompez-vous consternés fourbes tout cela est crucial ! tout d’abord « Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? » (11 mots coco ! ) débute vraiment à la page 11 (pagination folio) ! Ensuite en se plongeant dans l’histoire du petit Perec on se rend compte chose terrible et poignante que sa mère a été déportée vers Auschwitz le 11 février 1943 … on remontant dans l’index 43 lignes au-dessus de psittacisme nous voilà confirmé dans nos intuitions par un Perec laconique, avec cette ligne : « Jeu de mots 11 (eh ! oui) » tout cela est un peu trop graphique et embrouillé je suis peut-être confus mais sachez que c’est une découverte bouleversante que l’on n’est pas peu fier d’être le complice de Perec au-delà de sa propre mort , de celle de sa mère, d’ailleurs en extrapolant nous pouvons dire que le sujet de Perec c’est cela cette disparition , la disparition d’une grande partie de sa famille qu’il ne connaîtra jamais, la Shoah … Pour confirmer nos intuitions ouvrons le livre page 43 où il est question d’articulation naturelle dans le récit et relisons la définition de Psittacisme « trouble psychique consistant à raisonner sur les mots sans avoir dans l’esprit les idées qu’ils représentent » … bon psittacisme a surtout et avant tout pour origine latine psittacus, qui est la racine de perroquet et me voilà un peu roulé dans la farine , mais le sourire en coin et le cœur qui tape un peu plus vite .

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