dimanche 28 janvier 2007

Julie Tippetts - Sunset Glow (1975)



Donc voilà Julie Tippett(s) ! Après avoir quitté Brian Auger dans le fracas et la vaisselle brisée (qui garde les enfants ?) notre Jools Julie épouse un certain Keith Tippett , autre tâteur de claviers (c’est une manie) mais lui très free-jazz tu vois j’improvise tout ça… Donc nous voilà avec la toute nouvelle Madame Tippett et sa coupe afro disparue, et ce disque « Sunset Glow » réputé « Rock Bottom » en fille , assurément il y a de cela , Julie est accompagnée par une bande de « Jeune turcs » de Canterbury et elle psalmodie admirablement quasi comme Robert Wyatt! Pourtant il y a une différence de nature entre « Sunset Glow » et « Rock Bottom » même palettes de couleurs même pinceaux même filaments brisés dans la texture de la voix mais chez Wyatt il y a beaucoup plus de douleur, plus de renaissance par le chant, un chant qui flotte sur les mélopées le tout passant directement dans le cœur de l’auditeur avec une fluidité toute aquatique, du liquide vers du liquide … Chez Julie Tippett(s) on reste dans une contemplation des sentiments un peu vaporeuse (vapeur d’eau), chant d’amour mélancolique mais pas renaissance sublime , pas de tête ressortant de l’eau à la recherche d’un hypothétique oxygène , peut-être qu’un divorce et un remariage sont moins traumatisants qu’une chute peu croquignolette à base de lysergie mal maîtrisée, peut-être ? C’est pas si sur … Néanmoins le Tippett(s) est très bon notez le sur votre calepin … au suivant ...

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vendredi 19 janvier 2007

Psychogeographie indoor (2)



L’air hagard et un peu chiffonné, je me suis réveillé ce matin avec une envie assez moyenne d’arpenter ma bibliothèque, pas ma bibliothèque la vraie, la toisante non ma bibliothèque auxiliaire vous savez celle qui pourrait faire un peu honte, celle où l’on entasse en vitesse une somme de livres un peu problématiques, livres offerts par des gens manquant assurément d’un minimum de goût, livres achetés pour des raisons que l’on a fini d’oublier, livres lus dans l’enfance, chéris pour des raisons saugrenues.. La nostalgie de l’enfance tout ça … Je bute souvent l’air hagard et un peu endormi sur cette armoire à livres pour la simple et bonne raison qu’elle est située par un hasard topographique à côté de mon lit - vous savez la modeste couche d’où s’échappent nos rêves- , d’ailleurs je me demande dans quelle mesure cette proximité avec de la mauvaise littérature ne contamine pas mes songes ( à la longue pire que l’amiante et les OGM tout ça), ce qui expliquerait un mal de tête persistant ce matin à moins que ce ne soit l’excès de Gewurztraminer de la vieille . Bon voilà vous me direz c’est bien joli tout ça, mais posé sur cette modeste succession de planche vaguement blanche quels sont ces volumes qui méritent aussi peu de considération ? En fait, cette bibliothèque n’est même pas un enfer, l’enfer est ailleurs dans la grande, la vraie bibliothèque celle qui peut se laisser admirer par le visiteur curieux, visiteur qui pourra le regard en suspend se laisser tromper par une troupe bien ordonnée de littérature lactescente et vaniteuse, on est snob ou pas assurément.
Ma bibliothèque auxiliaire elle a très peu de potentiel snob à l’inverse de l’autre donc… on y trouve principalement de la littérature policière, tout Lawrence Block (J’adore Lawrence Block) tout Dennis Lehane sauf Mystic River, il faut lire Dennis Lehane merde quoi ! Tout Ellroy (mais vous savez déjà pour Ellroy), presque tous les Michael Connelly avec leur efficacité fourbe, quelques Donald Westlake avec leur drôlerie, les classiques … Goodis , Thompson, Chandler et tout le tremblement, tout Manchette même les merveilleuses chroniques … bon jusqu’à présent rien de honteux , mais voilà que mon regard s’arrête interloqué sur un volume de Delacorta ! Livre complètement oublié et d’une provenance indéterminée ! Intégrale de plus de 600 pages en plus ! Argh ! Delacorta symptôme eighties définitif entre la légèreté publicitaire et l’inconséquent le plus total ! Avec ses héroïnes tout juste pubères que maintenant ce drôle d’oiseau serait en prison ! Finalement chez Delacorta , il y a pas mal de charme, du charme flottant étourdi terriblement vieillot eigthies alors que maintenant l’époque est lourde … Pas loin du Delacorta il y a des Marc Behm, pas loin des Behm trois-quatre Pierre Siniac presque collés entre eux, à l’étage du dessous une succession de San Antonio lus dans l’enfance certains achetés chez de chafouins bouquinistes sur les quais de Saône. Pour rester local un livre d’une amie sur la pêche dans les Dombes ! plus loin quelques René Belletto et un Calaferte que je n’aime pas (la mécanique des femmes) les autres Calaferte sont dans la grande bibliothèque, mais ne succombons pas à l’effet quenelles … et concédons quelque temps à d’autres livres terriblement problématiques ! Un Luc Ferry oui un Luc Ferry ! « Le nouvel ordre écologique » assez peu croquignolet où il est question d’écologistes vaguement totalitaires c’est une manie chez le dépeigné étudié ça les écolos fachos … livre sinistre donc un peu plus loin pour rester dans les anciens dépeignés un Regis Debray assommant « Vie et mort de l’image » un Finkielkraut (sur Péguy ) furieux on se demande bien pourquoi ? Des livres d’Edwin Plenel de Pierre Bourdieu , d'autres livres que je n’ose même pas évoquer le rouge au front ... Plus en adéquation avec moi-même : les mémoires de Groucho Marx … La correspondance de François Truffaut, les cent meilleurs dessins de Chaval , des atlas de géographie qui tiennent avec des bouts de scotch des choses de science fiction (K Dick, C. Clarke, E =Mc2 …), mais aussi de la mauvaise littérature : Beigbeder , Ravalec, Dantec, Jean Marc Roberts , Patrick Besson ! Oui un livre de Patrick Besson ! Le pseudo haineux du Figaro ou de l’Humanité je sais plus bien … et bien sachez que j’exorcise dans le vide ! Ce livre de Besson « Lettre à un ami perdu » est une assez jolie chose, chronique d’un amour débutant dans le Paris de 1980 avec la neige qui fond et la boue qui vient, un peu fitzgéraldien presque beau … d’ailleurs à côté dans ma bibliothèque auxiliaire il y un Fitzgerald « La sorcière rousse » peut-être que le talent est contagieux … non loin un Saul Below touche un Henry James qui frôle un Modiano qui caresse un Lao-tseu, finalement je vais peut-être refaire de beaux rêves …

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dimanche 14 janvier 2007

Lindstrøm - It's a Feedility Affair (2006)



Je vous jure que ce disque est sournois on l’écoute un première fois en se disant mouaif le disco norvégien ça casse pas trois pattes à un arpenteur de dance floor, on l’écoute une seconde fois en se disant tiens le petit gimmick qui tourne finalement là « Fast & Delirious » il est bien sympa et on commence à taper du pied … On écoute ce disque un troisième fois en se disant tiens quand même les Norvégiens qui falsifient Moroder 25 ans plus tard c’est assez rigolo « Further Into The Future » et on commence à bouger la tète en plus du pied, on écoute ce disque une quatrième fois en espérant voir une norvégienne diaphane apparaître dans le salon « Music (In My Mind) » on enlève son tee shirt pour mieux taper dans les mains, on écoute ce disque une cinquième fois et on ne souvient plus de rien si ce n’est d’un mal de tête persistant, on écoute ce disque des sixième fois et il commence à devenir addictif, finalement t le disco norvégien c’est assez bien … On écoute ce …

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L'Inconnu du Nord-Express-Alfred Hitchcock (1951)




Les meilleurs Hitchcock sont ceux ou les personnages féminins figures fantasmées sont un peu le centre du film, d’ailleurs ce n’est pas un hasard si ces films sont les plus émouvants et touchants, Notarious Vertigo ou même Marnie baignent dans une mélancolie indéniable et c’est pourquoi ils sont tellement beaux. Ici ce n’est pas le cas les figures féminines ne sont que des prétextes déclencheurs et rien de plus, et même si la jeune fille jouée par Patricia Hitchcock est un joli personnage futé ce n’est que le sujet des fantasmes du très perturbé Bruno (Robert Walker), ce n’est que de la chair fraîche blanche et une paire de lunette et pas un concept qui porte à la mélancolie sublimée.

Bon alors le film, l’intrigue est un peu trop mécanique et huilée voir meme seche et épurée , Farley Granger est très fade d’ailleurs c’est presque trop un corps neutre et même moderne pour l’histoire on imagine qu’avec Jimmy Stewart dans le rôle le film aurait été tout autre. Des défauts oui mais Hitchcock transcende l’ordinaire : sous-entendus grivois un cornet de glace, le tunnel de l’amour, l’épouse à lunettes de Granger qui est vraiment un corps obscène, son assassinat qui commence comme une scène d’amour et s'acheve filmé dans le reflet des lunettes, le film est avant tout une question de transferts multiples et successifs, transfert entre Bruno et les autres en regle générale, oedipien avec sa mère à la peau blanche elle aussi, transfert amoureux avec Farley Granger oui amoureux la lecture homosexuelle est évidente, transfert entre un corps et un autre fantasmé dans l’extraordinaire scène de la réception chez le sénateur ou Bruno étrangle un autre corps à distance.. D’ailleurs on se souvient de scènes magnifiques Bruno ne tournant pas la tête comme les autres spectateurs du match de tennis, le montage parallèle entre le match de tennis et Bruno cherchant à récupérer le briquet tombé dans une bouche d'égout, la scène finale sur le manège ou les deux hommes fusionnent vraiment et qui prend des dimensions cosmiques.

Innocent pris dans un cercle infernal, thème du double, interrogation sur l’étrangeté et la normalité perversions diverses on est bien chez Hitchcock pas le Hitchcock amoureux et tardif, mais c ‘est très bien quand même, parce qu’il y a toujours ce transfert encore du fond vers la forme sublimée.



L'art d'Hitchcock est de nous faire participer par la fascination qu'exerce sur chacun de nous toute figure épurée, quasi géométrique, au vertige qu'éprouvent les personnages, et au-delà du vertige nous faire découvrir la profondeur d'une idée morale. Le courant qui va du symbole à l'idée passe toujours par le condensateur de l'émotion.

Claude Chabrol et Eric Rohmer - Hitchcock , Ramsay poche cinéma, 1957


Chabrol et Rohmer distinguent deux figures symboliques, celles de la droite et du cercle. Pour la droite : l'échange matérialisé par un renvoi, un va et vient, dans le match de tennis et l'espace entre les deux protagonistes, dans les mouvements des pas en gros plan par lesquels débute le film, ou le mouvement du train. Et le cercle et le tournoiement, figures de la mort (la femme de Guy est vendeuse de disques) et plus généralement de la névrose du Bruno.

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lundi 8 janvier 2007

Johan Asherton - God's clown (1988)



On a souvent limité Johan Asherton à une version frenchie et sympathique du spleen Drakien pourtant sur ce premier album il faudrait plutôt chercher du coté de Marc Bolan* de Dylan voir du Johnny Thunders tout seul et éclopé. C'est en fait plus tard que Johan Asherton évoluera vers une musique plus conséquente et mature tres influencée par Townes Van Zandt , Drake et la cohorte d’écroulés magnifiques qui supporte nos chagrins ... pour revenir à « God's clown », il est parfaitement non essentiel, pas produit d’une manière foudroyante (Une guitare acoustique et deux trois bidules) pas d’une altitude prodigieuse dans le song-writing, mais pourtant l’ensemble est très agréable avec notamment un indéniable caractère lumineux décontracté et chose plaisante une voix de petit frenchie qui arpente la colline de l’anglais sans trébucher sur les racines affleurantes du phrasé aristo-punk des Eudelines du secteur.

*enfin du Bolan électrique qui jouerait acoustique pas l’inverse, c’est pas clair …

Sur le myspace de l’oiseau, une ode modeste et touchante à Townes Van Zandt et un hommage plus qu’émouvant à Dominique Laboubée

http://www.myspace.com/johanasherton

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The knife - Silent Shout (2006)



Ce disque semble exister pour le seul et simple plaisir de déballer une cohorte de synthétiseurs analogiques antédiluviens dans une sorte de repli amniotique rétro futuriste où on fait discrètement le malin avec les filtres, la modulation l’enveloppe, tout le toutim et je ne parle pas de l’arpégiateur randomisé et d’une smala de boites à rythmes rachitos, genre petit con binoclard qui emmerde tout le monde avec son Meccano avec moteur en plus, et sa sœur qui fredonne par-dessus en plus … Donc beaucoup de plaisir pour qui aime les discrètes montées de cut gras les rythmes pas sorciers mais malins et tout le petit tremblement naïf futuriste. Reste que grande question où ce niche le song-writing dans cette histoire ? Hein ! Je pose la question merde quoi ? Et bien figé glacé circa 82 (donc quasi inexistant) avec des bouts Kaftwerk 1977, pour le mieux cela sonne comme du DAF de fille sans Robert Görl mais avec la légèreté ou voir même pire (ou mieux) du Gotainer sous viagra qui travaillerait pour l’honneur … Pas un disque crucial loin de là , mais bon quoi agréable, très Suédois frère et sœur équitables, le garçon chante mieux quand même.

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mercredi 3 janvier 2007

Espers – II (2006)



A force d’écouter dans l’ombre des disques d’acid folk obscures enregistrés à 83 exemplaires en 1972 cela devait bien arriver voilà donc un genre ! Et on ne parlera même pas de xian folk qui aurait une fâcheuse tendance à faire fuir l’auditeur agnostique.. voir pire athée ! Donc rassurez vous le nouveau Espers est bien païen plein de fatras à bougies initiatiques et sonne comme du Comus avec une guitare distordue le plus souvent … du Sacher Masoch à flûtiaux délicieux « Dead Queen » du Fairport Convention après l’heure légale « Cruel Storm » le tout soutenu par un voix évoquant Sandy Denny , quelque chose de presque hors de portée d’ailleurs cette voix laissant entendre que le désastre s'est déjà produit mais tout en gardant la mémoire distincte et terrifiante de ce désastre absent , même si Sandy Denny vole plus haut jusqu’à l’évaporation dans le nimbé éthéré, la chanteuse de Espers attaque les nuages … encore un petit effort …

Dans le genre folk post apocalyptique à bougies le Current 93 de cette année « Black ships ate the sky » est assez merveilleux, mais je suis à court d’arguments … Merci David Tibet pour tout ça quand même et lisez John Cowper Powys (Dans le genre un must) merci pour lui aussi…

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lundi 1 janvier 2007

Pere Ubu - Why I Hate Women (2006)



I wait for the dawn but I fear the dawn will not come back
I wait for the dawn but I fear the dawn will not come back
What will you do for me?
What will you do?

Le problème de David Thomas et de ce type de caractères c’est que l’on doute forcement d’eux ... tout ces dadas, Pataphysiciens et autres foutraques hein ! Forcement ils sont détachés au-delà voltigeant dégagés de la somme d’obligations communes envers les sentiments alors que ... hein !? y a t-il un appareil mesurant la peine et les tourments chez Alfred Jarry ou Jacques Vaché ? Une chose est sur derrière le lourd-léger Crocus Benemoth et son amour pour les fleurs et les petits oiseaux il y a surtout David Thomas un type qui vibre et pas pour rien et pas de rien … Il suffit de lire les lyrics de cet album (sorti dans une indifférence molle cette année ) pour s’en rendre compte, il y est question principalement des femmes et des rapports avec elles et que c’est dur et pas si simple voir même terriblement plombé plombant parfois :

There is a shadow hangin over me
It's dark and gray and blocks the sun
and I think it's you
The sun does not warm me
The clean rain does not fall
In my head is a white room where all the good things go
A man with a bag walks in,
drops it on the floor and he goes
Goodbye
Goodbye
Goodbye
Goodbye

Pour venir vraiment au disque, il est étonnant d’une hauteur inespérée après 35 ans d’activisme sonore ( le post-punk avant même les punks, la manière psychotique de David Byrne, les Pixies et plein d’autres choses ragoûtantes tout ça … ) Avec un son complètement ramassé et brutal et des titres parmi les meilleurs de Pere Ubu ! « Two Girls (One Bar) » vigoureux et magnifiquement déstructuré avec cette basse sournoise, « Babylonian Warehouses » d’une tristesse insondable avec un fort goût de cendre.. « Blue Velvet » blues post atomique zébré de synthétiseur … « Flames Over Nebraska » « Mona » et « Caroleen » punk-songs terribles que les petits cons (retours du rock en the ) rangent leurs perfectos le vieux gros chauve les enterre allégrement ! On finira par deux climax tortueux et terrifiants mais néanmoins presque bouleversants « Stolen Cadillac » et « Synth Farm » disque formidable, disque de l’année … je vous emmerde , What will you do for me ? !

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