mardi 26 septembre 2006

Années vides ...




« mon opinion était faite : les flics étaient des monstres, les ministres, tous des salopards arrosés par les promoteurs qui défiguraient la France, et puis de toute façon, le pays entier avait collaboré pendant la guerre. Les Français étaient des cons, l’affaire était entendue. Je m’enfuyais sans vergogne. Je m’hypnotisais pendant des heures à écouter de la musique planante : une espèce d’étang, survolé par un nué d’oiseaux qui tournaient en rond, voilà le paysage où j’aimais m’abandonner. »

Papier peint à motif vaguement arrondis, vaguement « design » , pantalon en tergal parfois à carreaux, sous pull en lycra plein d’électricité trop peu statique, pouf en plastique et gilet afghan, fin des espoirs de l’élan et de la naïveté de la politique vers le politique gueule de bois carabinée olympe du plombé plombant. Et moi qui était enfant en plein milieu de cette chose peu gracieuse : les années 70 un océan marronnasse émétique voilà les années 70 - mais océan passionnant quand même à bien y réfléchir … le premier petit récit de Michka Assayas publié en 1990 n’est que ça : du marron, un joli petit truc nauséeux sur cette époque, vu un peu après, de biais avec l’ironie … et pas mal de petites intuitions impressionnistes … des gouttes d’eau sur une vitre, des pointes de seins qui ressemblent à des petites saucisses … c’est surtout un joli livre sur la perte de l’enfance sur cet oxygène des premières fois ou tout est plus grand et vraiment ressenti et que forcement après les premières fois les choses sont plus petites et que ça craque moins au creux de l’estomac, saloperie de maturité…

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samedi 23 septembre 2006

Ratatat – Classics (2006)



Je ne voudrais pas vous asticoter avec la lourdeur des hommes et Louis Ferdinand bidule avec Youri Gagarine et la pauvre chienne Laika avec la pomme de Newton moins rigolote pour rien que la pomme du Suisse Tell , mais indéniablement la musique de Ratatat à de fortes propensions à défier la gravité … Comme sur leur premier album ils font (heureusement) toujours le même morceau : En gros du Daft Punk maigrelet à guitares avec en plein milieu comme par mégarde des micros mélodies tendres intempestives, du Satie à chapeau rond qui prendrait possession d’un dance floor bancal, des micros mélodies qui remuent délicatement au creux de l’estomac mais pas vers l’aigri ressenti plutôt vers une douce tristesse, nostalgie digérée … vers l’enfance peut-être, assurément oui c’est ça voilà j’ai trouvé l’enfance !

Et en plus un disque avec des samples de tigres vous voyez le gros chat orange avec des rayures hein quoi ? le félin en règle générale c’est bien …

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dimanche 17 septembre 2006

Bob Dylan- Modern Times (2006)



Le nouveau Dylan est la chose d’un électrocuté déjà ancien, plus trop raide donc et un peu moelleux. Un vieux chanteur d’avant qui rassemble trois quatre musiciens au professionnalisme matois pour raconter toujours des histoires par le biais de cette voix inlassablement ramassée et presque peu aimable, une voix comme du papier crépon froissé...les chansons de « Modern Times » traînent toutes en longueur Dylan s’en fout royalement ! Les chansons ne sont plus que la trace du mystère qui s’est inventé il y a bientôt 40 ans Dylan s’en fout royalement aussi ! il n’est même plus un classique même plus un moderne c’est le genre de question qu’il ne se pose pas il n’est qu’un conteur dans la grande tradition américaine un passeur de mythes … d’histoires, s’il y a de l’électricité c’est plutôt celle qui est dans les fils dans ce qui transmet et éclaire en fin de compte et ne calcine pas …


Bref survol topologique et subjectif :

Thunder on the mountain
Rockabilly goguenard un peu pataud plein d'humour caché ou Dylan au centre de l’œil du cyclone crache sur le monde moderne, primitif et pas très pur tout ça

Spirit On The Water
Détaché comme un Armstrong languide avec l’arrivé de Django sur le tard une fin faite pour être applaudie, belle chanson de salon avec l’amour tout ça.

Rollin' And Tumblin'
Dylan évoque les eaux boueuses d’un fleuve inconnu, une vraie chanson folklorique américaine avec du blues et les évangiles un riff qui vient de la tradition et des paroles guillerettes : une «jeune putain feignasse» qui lui a «mis la tête à l'envers» ben voyons vieux bougre

When The Deal Goes Down
La voix qui se raccourci encore un peu plus comme si c’était possible. ballade jazz Valse splendide et écorchée

Workingman's Blues 2
Retour du Dylan acerbe même pas à quoi bon, un constat... les bleus à l’âme de l’ouvrier. Litanie intense du Leadbelly résigné. On peut sentir une curieuse lutte entre l'obscurité et la lumière bataillant à l’intérieur de Dylan

Nettie Moore
« Nettie Moore, » sonne comme une chanson du 19ème filtrée par Robert Johnson … images métaphoriques et interrogations ondoyantes

Ain't Talkin'
un violon, un piano, une guitare des percussions comme des flaques d’eau et une ballade qui s'élève très haut. Le pénitent erre, marche, et aspire à faire le bien – et pour faire le bien il faut parfois …. Un sens tortueux du pressentiment... foudroiement, chez Dylan il y a longtemps que ça a calciné mais le tonnerre résonne encore, sacré tonnerre … sacré Dylan amen !

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dimanche 10 septembre 2006

Psapp - The Only Thing I Ever Wanted (2006)



Je me demande si joli n’est pas finalement dévalorisant tellement le joli est dégagé des obligations communément admises envers la métaphysique et la gravité. Prenons la chanteuse de Psapp, Galia Durant elle n’a aucune dette même pas avec elle-même, elle chante comme ça joliment comme une Nico détachée, une Nico plus hantée en creux par l’esprit de la bossa nova que par son harmonium maussade avec le chagrin qui passe dedans. Si on prend le disque de Psapp en lui-même et bien il est joli lui parce qu’il craque toujours et toujours un peu de manière tendre, parce qu’il est fait de micros mélodies de petites ritournelles en papier froissé « Needle & Thread » le Laptop tout ça , une petite science pour les arrangements suaves , xylophone et percussions balayées , phrases de piano … charmant tout ça … Broadcast sans les synthés zigouigoui, Nouvelle Vague sans le coté charognard lounge Get 27 , Velvet On The Ground avec le soleil qui passe entre les feuilles -exquise douceur du soleil tamisé par les feuilles- , un disque parfait pour les heures complémentaires.

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lundi 4 septembre 2006

Tanakh - Ardent Fevers (2006)



C’est un disque qui ne révolutionnera rien qui confortera plutôt l’auditeur dans ses habitudes déviantes : le rocking chair le hamac fièrement tendu entre deux arbres qui ne demandaient rien ou même la simple chaise de jardin en plastique les pieds sur un restant de table avec sur la tête le soleil d’un août finissant laborieusement … belle attitude dégagée et languide de rebelle pour rien. Beau disque dégagé lui aussi apaisé calme on dira, ambré avec des orgues moirés des petits pizzicatos et de bienheureuses guitares pleines d’arpèges, pas de tension parce que la tension à la longue ça lasse, pas de mystère non plus, car à force de jouer au mystérieux hâlé on sombre dans l’énigmatique en rond et l’obtus ; Ce disque là « fièvre ardente » est fait de petits élans pas épiques, mais élégants, petits élans visant à ne pas matraquer l’auditeur. Ne cherchez pas de l'impétueux du détonant de l’explosif ! Il n’y a qu’une légère tension suggérée qui ne ressort vraiment que sur le meilleur titre de l’album « Still trying to find home » belle ballade pleine de calme à ses débuts ou la guitare, commence étouffée par la paume de la main droite près du chevalet pour finir dans une distorsion presque inconvenante. En condensant, c’est un bon disque non essentiel …

Pour en revenir au pizzicato ( le pizzicato c’est rigolo) il s’agit donc de pincer gentiment les cordes avec les doigts de la main droite au lieu de râper l'archet laborieusement. Plus rarement chez Paganini par exemple on se plait futé à utiliser la main gauche Il existe également selon mon informateur (Silien aka Le Doulos) une technique appelée « pizzicato à la Bartók » ou « pizz Bartók » (utilisée par Béla Bartók), qui se rapproche du slap à la basse on imagine pourtant difficilement notre vénérable Bela catogan au vent en technicien Jazz-Rock pompant pompeux finissant cadavre dans une glauque poubelle. Bon je m’égare encore une fois … et on m’attend dans le monde ! Pauvre monde.

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Cool Memories 3



Plaisir inconnu mon œil ! Moi un casque audio sur les oreilles insidieusement dissimulé sous les couvertures bravant le couvre feu familial, un casque Pioneer énorme modèle 1980 les couvertures en laine dégageant une légère électricité si peu statique et la musique qui s’écroule dans le casque et la musique qui n’explose pas ! Qui IMPLOSE! qui m’implose DEDANS comme ça par mégarde et le truc qui remonte de l’estomac vers les yeux dans des larmes hypothétiques et bien réelles, grand disque je suis encore convalescent 26 ans plus tard, Closer est pire en mieux.

Joy Division - Unknown Pleasures (1979)

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