jeudi 29 juin 2006

Cool Memories 1



Volé dans une échoppe de Carnaby Street , la galette de vinyle était plus lourde qu’à l’ordinaire et la pochette splendide et gaufrée était imprimée au Portugal une production Sire records avec le petit logo classieux , dans l’échoppe ils vendaient également des badges et des tee-shirts , un magnifique des Stranglers , en sortant un peu plus loin vers Oxford Street ... acheté un paquet de Benson & Hedges … le ciel était bleu, presque saturé …

Talking Heads - Fear of Music (1979)

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City of angels



Il faudra peut-être un jour s’interroger sur le plaisir et la perversité lasse qu’il y a à lire toutes ces atrocités, je viens de finir ce livre et je reste légèrement circonspect devant mon propre contentement. N’ayant pas de fouet à porté de main je ne me flagellerai donc pas, d’autre part je ne pratique les églises que pour des raisons esthétiques, voir de mornes obligations (obsèques, mariages…) j’exorcise encore pour rien !! Oui c’est horrible la littérature policière, toutes ses choses abominables et on reste goguenard plein de plaisirs suspects tel un hédoniste content de lui surplombant les décombres …
Pour en revenir à « Deuil Interdit » c’est un Connelly de seconde main avec une intrigue tirée par le catogan, il n’y pas la tristesse flottante du « Poète » mais toujours ce coté solide hyper documenté et terriblement efficace … un meurtre sordide oublié qui réapparaît 17 ans plus tard grâce aux progrès de la police scientifique, ADN et tout le tremblement, c’est minutieux quasi journalistique dans l’approche et l’intrigue tente d’ouvrir un peu trop de portes à la fois (la question raciale, la corruption policière, les médias…) C’est surtout comme toujours ou presque chez Connelly un joli bouquin sur Los Angeles, ville qui dévore ses habitants*, sacrée bestiole carnivore LA …
* The Unknowns - City of angels (1982)

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mardi 20 juin 2006

Vivre dans le monde d’aujourd’hui, c’est s’intéresser aux ratons laveurs ...



- Quelle est la chose la plus importante pour toi ?
- J’aime la nature, c’est tout ce que j’ai à dire. J’essaye de vivre avec elle, j’aime la voir, je dors dehors parfois, je l’aime. Je veux apprendre d’elle, comme les Indiens. On peut dire que je suis un « néo-primitif » mes chansons le sont aussi, ma musique vient de la nature, elle est facile. J’aime apprendre des Indiens. Je n’en ai pas beaucoup rencontrés mais j’écoute ce qu’ils disent. J’ai entendu des chefs indiens parler, et j’écoute beaucoup leur musique. Elle est … honnête ! Il y a beaucoup de tribus différentes, c’est dur de décrire cette musique, à part le fait qu’il n’y a pas trop de synthétiseurs dedans ! Elle m’inspire, elle m’est proche, j’écris des chansons sur les Indiens, les Indiens aussi.

- T’intéresse-tu à la politique ?

- Pas comme certaines personnes. Je suis moins branché par la politique que par la nature. Je sais ce qui se passe, quoi. Est-ce qu’il semble que je ne vive pas dans le monde réel ? La nature n’est-elle pas le monde réel ? Les gens qui dirigent le monde vont disparaître, la nature va rester. Je pense qu’elle est le seul monde actuel. Vivre dans le monde d’aujourd’hui, c’est s’intéresser aux ratons laveurs et pas à la politique ! Je commence seulement à vivre, j’apprends à comprendre, mon cœur est là (…) J’aime le monde entier, j’aime Paris, j’aime voir des gens, je ne veux pas vivre en sauvage dans les bois. J’ai choisi de vivre quelque part mais cela ne m’empêche pas d’aimer d’autres endroits, la nature est partout. Je ne suis pas un extrémiste dans ma position ai-je même une position ? J’ai un DESIR d’être près de la nature, et d’être international, de chanter pour les gens en Espagne en Scandinavie. J’aime ce que je fais, je l’ai choisi, je suis libre. Rien n’est jamais parfait, mais ça va plutôt bien pour moi. Je suis heureux quand je chante, et que mon audience pleure ou rit.

Jonathan Richman – Juillet 1982

Petit cadeau Jonathan nous fait le petit dinosaure :


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jeudi 15 juin 2006

Nouvelle Vague - Bande à Part (2006)



Je me demande pour qui ce disque papote nonchalamment. Pour le poisson rouge penaud dans son bocal ? Pour le type qui regarde le poisson rouge dans son bocal ? Pour les plantes vertes qui entourent le type qui regarde le poisson rouge dans son bocal ? Vastes questions, à peu près métaphysiques ! Le premier Nouvelle Vague était un concept mou presque finaud -reprendre des classiques Post-Punk (niou wave, chez nous) avec des arrangements bossa nova, genre Ian Curtis on the rocks t-vois l’idée-, sympathique dans son insignifiance le truc, avec même un petit savoir-faire non dénué de jolies intuitions dans les arrangements. Donc rebelote, donc reconcept et là j’exhorte, je fulmine, j'ulule presque !! Ca suffit maintenant il va falloir trouver autre chose parce que sinon hein je vais sérieusement sortir de mes gonds, bordel de merde (saloperie de poisson rouge) !!! !! Evidement je devrais aimer tout ça « Bande à Part », l’un des plus guilleret Godard , une tracklist d’île déserte (Blue Monday, I can't Escape Myself, Ever Fallen In Love … ) et résultat je ne suis qu’énervé et presque circonspect par mon propre agacement … Comment reprendre aussi mal Blue Monday par exemple ? Genre endive lounge je vous mets combien d’olives ! Franchement vraiment ! Comment surtout vider « I can't escape myself» de toute sa terrifiante moelle de toute cette pâte de sincérité absolue qui fait le prix et la singularité d’Adrian Borland. Céans en ballade feux de bois avec claquement de doigts et harmonica boy scout ( oui des claquements de doigts !! Salopards !) on peut affirmer sans inquiétude aucune que l’interprète trahie grandement l’œuvre…. Ne pas oublier qu’Adrian Borland lui est mort de ne pouvoir s’échapper de lui-même et qu’il ne s’est pas pendu dans un ascenseur lounge un Get 27 dans la main.. .
Evidement j’exorcise comme si un voisin plein de goût trouvait la clé de mon coffre à jouets et se mettait innocemment à badiner avec eux d’une manière non adéquate et sybarite … Donc mes exhortations ne concernent que moi… D’ailleurs il m’arrive certain jour de vivre autant de choses qu'un poisson rouge, il m’arrive aussi parfois de fumer toutes les plantes vertes qui m’entoure, il m’arrive aussi de…

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lundi 12 juin 2006

Fifty Foot Hose – Cauldron (1968)



Pour un peu on se croirait chez Isidore Ducasse, la rencontre improbable entre le psychédélisme cote Ouest et des synthés zigoui-goui top avant-gardistes : Moxa dérisoire sur une guibolle en bois ou opération chirurgicale aka les yeux sans visage? Et bien on navigue entre les deux … les bidouillages électroniques semblent le plus souvent plaqués et manquent un poil de symbiose avec les compositions,il n'y a pas ce joli mutualisme qui fait tout le charme de la « Messe pour le temps présent » de Pierre Henry et Michel Colombier pour prendre le haut du panier en exemple … il y a bien des petits interludes incongrus façon fifties proto-synth sci-fi et deux titres pleinement réussis : « If Not This Time » où les synthés krapouet rejoignent merveilleusement une guitare post-rock 35 ans avant l’heure légale et le très plombé-plombant « Cauldron » sorte de cauchemar éveillé… sûrement un bad trip
En fait quand il ne veut pas faire trop son malin « Fifty Foot Hose » est surtout un altruiste groupe de série b psychédélique avec une très bonne chanteuse qui rappelle Grace Slick, pas loin des premiers Grateful Dead. et Jefferson Airplane genre fleurs dans les cheveux Summer of Love tout ça, vous voyez ?

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mardi 6 juin 2006

Maussade comme un attentat mal réussi



« Ha, pourquoi pleures-tu, fille de Sienne ?
- De joie dit-elle, de joie.
- Il ne faut pas pleurer de joie : nul ne rit de douleur
- De joie mon bien aimé, de joie.
Peu à peu elle s’est dressée. Comme l’herbe en rossée à la brise du matin ; et sans quitter mes genoux, bientôt ses paupières ont été sous mes lèvres, et ses lèvres sur mon col ; là où la gorge bat le temps chaque fois que la vie respire. Ma bouche s’altérait à ces fraîches larmes, parce que en les buvants mon cœur les brûlait. Et je murmurai une autre fois :
- Pourquoi, très chère pleure-tu ?
- De joie parce que je t’aime ; de douleur de douleur parce que tu me quitteras. »


Et voilà donc le chef-d'œuvre d’André Suarès, scintillant tel un diamant palimpseste au milieu d’une production pléthorique ! C’est le livre où il s’étend le mieux, vraie œuvre globale mêlant récit de voyage, rêverie philosophique, histoire de l’art et dangereuse mélopée poétique en prose obtuse et tarabiscotée, un vrai bonheur de lecteur, un hymne définitif d’amour à l’Italie dans les traces du Stendhal des « Promenades dans Rome » …En fait, Suarès quitte assez vite le léger pas stendhalien pour s’égarer admirablement vers autre chose vers d’autres villes vers plus de lourdeur.. Il n’y a aucune page sur Rome qu’il n’aime pas … trop moderne, trop Mussolinienne Rome. On se contentera de Venise, Florence, de Sienne la bienheureuse … Merveilleux aréopage …
Pour Suarès les villes sont vivantes elles ont une psychologie, un caractère défini on peut donc les chérir avec l’intensité que l’on met dans une passion amoureuse peut-être même plus ! On se retrouve donc à l’opposé de ce que les voyageurs pressés en quête de folklore appellent voyage : le rachitique tourisme. ! De Rimini « Maussade comme un attentat mal réussi » à Mantoue « la putride » en passant par Venise, Florence et Sienne « Un baiser dans un sourire mystique » chaque ville a droit à son tableau à son histoire à ses histoires : celles de ses peintres, écrivains musiciens Chaque lieu visité ouvre le flot des souvenirs, du passage du temps et des hommes – de ses jeunes filles délicates et androgynes - dans une prose majestueuse parfois grandiloquente mais toujours souveraine d’une sensualité presque inusitée … Tout n’est que métaphores et ellipses un message initiatique où la vie passée par le filtre de la beauté substituerait l’extase à l’ordinaire. Botticelli, Giotto, Fra Angelico, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, symbolisants cette quête d’absolu.
Il y dans ces pages un amour irraisonné pour la civilisation. Celle d’une Italie faite de petites cités, des villes horizon voulant se faire plus belles les unes que les autres, cette somme d’horizons formant une civilisation crée par l’émulation (dans les arts…) cette succession de micro rivalités modelant un monde : du Quattrocento à la Renaissance. Loin de notre morne village global où il n’y pas d’ horizon(s) il faudrait donc rejouer la petite ville horizon contre le village global qui n’est qu’un retour de barbarie et rien de plus … Pour en revenir à Suarès dissimulé derrière le personnage fictif du Condottiere, il y a un grand écrivain d’art - moins Malraux fumiste sybarite et plus Élie Faure -, il y a un grand poète en prose, un très grand sensuel amoureux … il y a de l’hédonisme, de l’amour rien que de l’amour toujours de l’amour, un très grand écrivain tout court. Un écrivain qui se perd heureusement vers les sentiments vers l’expression fébrile…


« Les trois points terminateurs me font hausser les épaules de pitié. A-t-on besoin de cela pour prouver que l'on est un homme d'esprit, c'est-à-dire un imbécile ? Comme si la clarté ne valait pas le vague, à propos de points ! »
Isidore DUCASSE

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jeudi 1 juin 2006

Le « croquignolet » du jour - Captain Sensible



Au fond le mouvement punk n’était pas une chose aussi drôle que ça. On imagine difficilement une soirée passée avec les Clash par exemple, le top au niveaux conscience politique mais alors flop total au niveau du guilleret et de la rigolade mousseuse. Je ne parlerai pas des sinistres Sex Pistols entre les deux déménageurs cockney presque lobotomisés et les deux autres là … Sid le vicieux et sa chaîne de vélo et Johnny le pourri qui devait avoir un humour assez déliquescent selon mes informateurs … Les punks étaient glauques pas drôles quoi … Heureusement qu’il y avait au milieu de ce malpropre boyau les merveilleux Damned pour ramener tout ce mouvement de pourris sybarites vers la poilade et les confettis. Les Marx Brothers du punk quoi les Damned avec leur Groucho à eux le bien nommé Captain Sensible. Que voulez-vous un type qui aimait les robes à pois, les lapins, les bérets basques et les gentils ne pouvait après coup déclencher qu’un acquiescement goguenard…

Bon si ce n’est pas un groupe crucial sur la longueur, les Damned on eut l’immense mérite d’être crucial entre 1976 et 1977 ce qui est déjà beaucoup. Il y a le premier album « Damned, Damned, Damned»- où nos croquignolets posent couvert de mousse à raser - concentré de punk acéré produit par Nick Lowe avec l’hymne des pourris roses (pagaie) «
New Rose » et le merveilleux « Neat Neat Neat, » . Cet album est un des grands classiques du punk (du rock ?) tout court. Selon les Michelet de l’époque les concerts des Damned sont des sortes de happening dada où Dave Vanian le chanteur transylvanien se produit enveloppé d’une délicieuse cape empruntée à Dracula, Rat Scabbies le batteur lui attaque les autres membres du groupe à l’aide de ses baguettes et Captain Sensible quant à lui en collant et froufrous jette des tartes à la crème où bon lui semble finissant généralement les concerts au milieu du public, royalement penaud , fortement imbibé de bière mais toujours gentil … La carrière des Damned est un poil erratique entre albums incertains (un presque gothique) et line up aléatoires , sentant le vent mauvais Captain Sensible s’échappe au début des eighties et commence une guillerette carrière solo notamment avec le célébrissime « Wot ? » où il se moque gentiment du rap naissant. Tout ça n’est pas très conséquent et notre Captain devient bientôt une attraction rigolote plus qu’autre chose, mais être une attraction rigolote c’est déjà beaucoup, presque tout en fait, non hein !?

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