vendredi 31 mars 2006

Le « croquignolet » du jour - Julian Cope



Un cerveau que l’on pensait perdu pour le sens commun, presque un cas d’école, un type capable d’ingurgiter autant de LSD que Syd Barrett et Roky Erikson réunis , de sombrer dans la paranoïa la plus complète et dans un repli sur lui-même terrifiant - il est vrai que seul on n’est jamais très bien accompagné - … Et pourtant aujourd’hui Cope semble s’en être presque sorti une manière de miracle !
Julian était le leader des Teardrop Explodes, mignon petit groupe de Liverpool au début des eighties. Coalescence* heureuse entre le post-punk et le psychédélisme, avec Talking Heads et Love sous le fer à souder. Jam qui aurait pris de l’acid plus que du speed aussi…. Pas un groupe crucial, mais deux presque très bons albums, tout d'abord « Kilimandjaro » classique de l’époque avec beaucoup de choses plaisantes « Bouncing Babies » et son orgue crève-cœur, le merveilleux « Reward » avec l’orgue toujours et des cuivres énormes, presque folâtres tout ça moins morne atmosphérique qu’Echo and The Bunnymen voisins de pallier qui eux faisaient dans les cascades glacées.. Le second album « Wilder » est un peu plus problématique et enregistré dans des conditions particulières, Cope ayant commencé à forcer un poil sur les smarties qui font vadrouiller. Pendant l’enregistrement les membres du groupe chargés comme des barriques lysergiques allaient faire des balades en Jeep au milieu de la verdoyante campagne britannique.. A la recherche du Graal ? D’une vache violette ? Toujours est-il que Teardrop Explodes ne sera qu’un épiphénomène, la queue de la comète psychédélique au milieu des garçons coiffeurs, neo pirates et autres synthoc pratkouet de l’époque !


Une carrière solo commence alors pour notre ami Cope qui ne semble plus aller très bien, il bascule constamment du coté de la brûlure de ciboulot définitive, de la dégénérescence barrettiene, en frôle la tragédie mes amis !! En 1983 il ne sort plus de chez lui, ne s’occupe plus que d’une collection de voitures miniatures, Dinky toys, Dinky toys !!! Il retrouve le monde hirsute en 1984 avec deux albums « Fried » ou il apparaît sur la pochette, nu sous une carapace de tortue face à l’une de ses fameuses Dinky Toys. L’autre album « World Shut Your Mouth » est une sorte de déclaration, un programme ce n’est pas Cope qui est fou, mais le monde bien évidemment !! Poignante histoire toujours la même , terrifiant abîme peut-être pas ! La raison du plus fou, sûrement...



La carrière de notre héros est ensuite pléthorique oscillant entre l ‘anecdotique et le quasiment mordoré, une sorte de nouveau Peter Hammill en moins plombé- plombant, il y a de gros parallèles à faire entre ces deux croquignolets là.. Du côté du carafon au milieu de rechutes néanmoins sévères, insensiblement Cope s’ouvre au monde, il s’intéresse à la défense de la nature notamment. Ce qui le fait vraiment,son érudition, apparaît à petits feux, sur des sujets divers et variés, du paganisme, des druides à la musique populaire, il s’avère être en effet un homme extraordinairement fin et cultivé, l’excentrique britannique *dans toute sa splendeur hâlée. Éminent spécialiste du psychédélisme, du plus obscur au plus lumineux, docteur en « Krautrock » il faudra d’ailleurs que je me procure son livre « Krautrocksampler » un jour. Il faudra aussi vous promener dans les pages denses et palpitantes de Head Heritage le site de Julian Cope un vrai repaire à croquignolets, sorte de persistance d’une raison autre au milieu d’une toile pas si guillerette que ça … une toile … le monde.. le monde...une toile … monde de merde !



* c’est plus joli que soudure

* Répétez après moi soixante trois fois : John Cowper Powys …

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mardi 28 mars 2006

Irma la douce - Billy Wilder (1963)



Assurément pas le meilleur Wilder et de loin. C’est un film qui a mauvaise réputation, une croûte un peu trop bigarrée, bouffée par les décors d’Alexandre Trauner ou Wilder créerai un paris d’opérette au milieu de couleurs criardes. Evidement Wilder n’est pas un très grand styliste, cela ne l’a jamais vraiment intéressé d’ailleurs. Enfin on pourrait dire que c’est son absence de style trop visible qui génère un semblant de style.Alors ici dans cette recherche incongrue vers l’expression plastique trop évidente on sent qu’il ne maîtrise pas trop son territoire -son grand film fond et forme sera "La Vie Privé de Sherlock Holmes" et pas Irma!! trop de pittoresque, trop de vert, de rouge, trop de petites femmes, mais quand même beaucoup de charme dans ce Paris fantasmé, donc trop d’un coté mais quand même beaucoup de l’autre…
Le problème du film c’est surtout son manque de rythme, qui le plus souvent est bancal. Tout est trop long, on musarde en chemin dans une intrigue qui sent un peu le renfermé et le vieux théâtre même si les dialogues sont le plus souvent drôles et spirituels, un esprit mal pensant doux. Quelques scènes croquignolettes, des amorces heureuses le personnage de Lord X ses apparitions sur le trottoir hissé par un ascenseur, sa réapparition tel le monstre du Loch Ness . : un accouchement dans une église, la prostitution comme emblème du capitalisme absolu, un caniche accro au champagne., Lemmon est joliment protéiforme, naïf buté, amoureux fatigué et lord anglais de pacotille presque plein d’esprit, Quant à Shirley Mac Laine elle est délicieuse, elle défend son rôle avec une énergie extraordinaire. Joli couple de cinéma, jolie symbiose, un peu une Garçonnière coloriée avec moins de mélancolie mais plus de paillardise, Hum, hum !! je m’égare c’est une autre histoire…

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dimanche 26 mars 2006

La course du hanneton ...



Pierre Siniac est un auteur de roman policier souvent truculents, je pense à « Ferdinaud Celine » aux « Morfalous » très mal adaptés au cinéma ou encore ses nouvelles « Reflets changeants sur marre de sang » tout un programme ! C’est le plus souvent très drôle, frôlant avec le grotesque et toujours d’une aimable vigueur. Là où Manchette est sec et précis lui est plus en chair Rabelaisien presque …
Les intrigues de Siniac pourraient le faire tomber dans le pire polar de gare, et bien comme par magie il n’y tombe jamais ! Prenons son dernier roman paru de manière posthume -refusé par une kyrielle d’éditeurs- « La course du hanneton dans une ville détruite » et bien c’est un livre qui se lit d’une traite sans faiblir. Il y est question des effets collatéraux du D Day sur un aréopage de personnage assez aléatoire ; Résistants et miliciens, GI et SS, trouffions allemands résignés, épiciers véreux et même un chien galeux baguenaudant dans les décombres … Il y est surtout question des effets malfaisants de la guerre sur une âme et un corps pur. Barbara jeune réfugiée, isolée avec huit gosses affamés qui part à la recherche d’un hypothétique ravitaillement. Elle traverse le front dans une vieille voiture bientôt délabrée, se retrouve coincée dans St Lo en ruines. Une petite mère courage au milieu de la mitraille… Même si Siniac n’est pas un styliste foudroyant il restitue bien le chaos ambiant, le sentiment de dévastation qui prend possession de tout, paysages, ruines, êtres humains, animaux mêlés dans un maelstrom sans nom… Pourtant il n’y a pas que de la désolation au milieu de tout ça il y a beaucoup d’humour à trouver. Siniac est croquignolet dans l’étude de caractères, sa description d’une famille d’épiciers veules près de leurs sous par exemple. est réjouissante Un Céline qui dodelinerait sa haine du bon coté. Bon on sent bien que Siniac n’épuise pas tout les fils potentiels de son intrigue qu’il se contente de trop peu et verse parfois dans le monocorde mais c’est un bon livre néanmoins. Au-delà de ces quelques réserves.

Siniac est mort abandonné dans un HLM ou il vivait en solitaire ses voisins ignoraient tout de l’écrivain

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jeudi 23 mars 2006

Le « croquignolet » du jour - Kim Fowley



Un fou, mais comme tous les fous qui se tiennent un peu, un fou qui invente sans cesse, il commence par des tubes Bubble-gum pour teenagers acnéiques étasuniens, il s’installe ensuite en Angleterre ou il produit Cat Stevens et Soft Machine à leurs débuts. Il retourne à Los Angeles où il participe au premier Mothers Of Invention.Sort un tube croquignolet « Thev’re Coming To Take Me Away » sous le non de Napoléon XIV ! Compose et produit le dernier simple des Seeds. … Il travail avec le bluesman Texan Johnny Winter, avec Gene Vincent pour un album country ou avec Warren Zevon.Kim Fowley est chez lui partout, rock psychédélique, blues, country … Il participe même à la Bo d’Easy Rider.. Parallèlement à ses activités de sorcier de studio, il mène une carrière solo débridée dans quelques albums complètement intrigants « Good Clean Fun » en 1969 ou « International Heroes » en 1973. En 1975 il invente les Runaways , fantasme Spectorien assumé, avec une croquignolette de 15 ans Joan Jett !! , C’est lui qui découvre les Modern Lovers, en 1971 et produit leurs premières maquettes. Ah !! Oui aussi Spirit et Randy California « Future Games » il est dans l’histoire aussi comme quoi les croquignolets peuvent naviguer dans les mêmes eaux avant de se noyer. On ne parlera pas de ses collaborations avec Kiss ou Motley Crue par charité, et de ses virées bizarres dans les rues à la recherche d’un hypothétique oiseau rare, de préférence jeune et de sexe féminin.
Kim Fowley est un découvreur extraordinaire, qui saisit les talents naissants et les lâchent presque instantanément, ce n’est pas un calculateur qui désire faire carrière ou un démiurge fou comme Phil Spector. Plutot un excentrique, sorte d’aristocrate du bon mauvais goût qui barbotte heureusement dans la sous culture américaine et ne cherche rien si ce n’est l’immense plaisir de trouver.

http://www.kimfowley.net/

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lundi 20 mars 2006

Passage - For All & None (1981)



Un grand disque secret, plus que caché : enfouie, enterré au début années 80. Comme un trésor qui ne demande qu’à ressurgir plein de terre l’air déconcerté et un peu méfiant !
Tout d’abord ce qui frappe c’est l’impression d’avoir à faire à une musique totalement neuve qui s’invente toute seule à partir de quelques bribes infimes. Bribes prises par hasard, des petits fragments de musique populaire, le strict minimum pour se faire un style propre. Et pourtant avec tout ça voilà une musique à proprement parler inouï et un style terriblement, personnel !
Dick Witts le leader de ce petit groupe eighties de Manchester avait une formation de percussionniste classique et donc une approche un peu particulière de l’idiome rock. Comme s’il balançait tout ses foutus instruments dans les escaliers ! Une sacré dégringolade, des pianos éventrés pour la cause, des bouts de xylophone qui tentent de survivre courageusement, des timbales et tambours qui déstructurent tout ça d’une manière délicieusement syncopée. Un magnifique conglomérat au pied de l’escalier où dans un soubresaut un petit synthétiseur aigrelet esquisse une dernière note au milieu de harpes et de flûtes incongrues.
Et voila une musique qui prend par la main toute une gamme de sentiments mordorés : Haine, dégoût, terreur, épouvante … Un vrai bonheur au milieu de morceaux plus heureusement déstructurés les uns que les autres : « Do The Bastino » presque un tube indansable, « The Shadow » Joy Division dans la machine à laver … avec des cailloux, « Save your head » malaisé , « A Good And Useful Life » qui se termine par un furieux « A Good And Useful Life / Fuck’em ». Dick Witts chante ou déclame, murmure, n’arrive pas à fixer une mélodie qui semble lui échapper et s'évaporer pour mieux revenir en douce comme pour mieux enfoncer le clou. Tout cela ne ressemble vraiment à rien, est loin de tout, de l’ordinaire binaire comme de la fausse avant garde. Ah !! Si éventuellement Wire … Même esprit sardonique, même détachement aristocratique, même indifférence furieuse, même amertume …voilà !

hip rebels
good rebels
useful rebels
leading a good and useful life
fuck'em

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vendredi 17 mars 2006

Le « croquignolet » du jour - Randy California

Dennis Wilson, Jeff Buckley, Albert Ayler, Brian Jones, Natalie Wood … « Il paraît que dans l'eau on voit ceux que l'on aime …



Randy California est mort entraîné par un mauvais courant alors qu’il venait de sauver son fils de douze ans d’une noyade certaine. Tragique destin, curieux destin, encore un.
Pour rester dans les histoires de filiation le jeune Randy à l’âge de quatorze ans est quasiment adopté par le nouvel amant de sa mère, Ed Cassidy, un vieux batteur de jazz chauve né en 1923.ayant fricoté avec Gerry Mulligan et Thelonious Monk. Père adoptif ou Pygmalion la question reste en suspend ? Randy est en effet un petit Mozart de la guitare électrique. En 1966 la famille très recomposée s’installe à New York où Randy commence à jouer au côté d’un autre guitariste prodige un certain Jimmy James, plus connu par la suite sous le nom de Jimi Hendrix ! Expérience fondatrice, c’est d’ailleurs Hendrix qui rebaptisera notre héros d’un raffiné « California ». Néanmoins ce dernier ne l’accompagnera pas jusqu’en Angleterre Ed Cassidy ne voulant pas lâcher l’oiseau si vite. Retour en Californie, Randy sera l’esprit de Spirit, le groupe crée par le vieux Ed. Spirit est un groupe assez passionnant qui mériterait bien plus que ces modestes lignes, pour simplifier écoutez « Twelve Dreams Of Dr Sardonicus » chef-d'œuvre officiel du groupe paru en 1970, apogée de l’esprit Acid-Casualty et bon résumé…
Mais revenons à ce brave Randy, pour l’instant ou est le croquignolet dans tout cela ? Grande question … Peut-être le fait d’être un adolescent fricotant dans le marigot psychédélique finissant.. A l’âge de seize ans, il commence à confondre les smarties avec le LSD se fracassant le ciboulot avec régularité. Un peu plus tard il passe aux choses sérieuses et devient un bon vrai junkie à aiguilles. Sa traversée des seventies entre formation et reformation de Spirit qui n’est plus vraiment un groupe prend des teintes bien mordorées. Expatrié à Londres un jour il saute dans la Tamise, on le repêche !! Hagard il se réfugie sous le soleil de Hawaï, publie un disque presque délicat « Spirit Of ‘76 » ou il est le seul maître du vaisseau Spirit…



Miné par de sombres histoires de contrat, il sort par défi l’un des disques les plus incroyables qui soit « Future Games » en 1977. Enregistré seul, une suite de petits tableaux faits de collages, de solo de guitare délicats qui forment un tout homogène. L'ensemble est presque fluide et dégage un sentiment de rêverie féerique. Petite opéra doux au cœur des seventies, c’est, en fait, un grand disque précurseur par inadvertance. Après ce prodige qui doit beaucoup à l’accidentel la carrière de Randy California prend une tournure de plus en plus erratique : reformation à répétition et en vain de Spirit, mauvais hard-rock, sinistre traversée des eighties…
California pourtant continu à sortir des disques et à faire de la musique avec son vieux papa Ed. il ne se languit pas bedonnant au bord d’une piscine californienne le nez plein de cocaïne. Il préfère les plages d’Hawaï, sinistre choix ? Peut-être pas, ainsi soit-il...

http://www.bostream.nu/johanb/spirit/blfl.htm

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mercredi 15 mars 2006

La prose du Transcanadien


Louis Hémon est insaisissable. Quelques manuscrits, c’est tout ce qu’il laisse. Pas un ami, pas une lettre aucune confidence, rien du coté des anecdotes, une suite de disparitions, néanmoins deux faits indéniables : il est né en 1880, mort en 1913…
Son œuvre sera entièrement posthume, comme exhumée. « Maria Chapedlaine» est son livre le plus connu, écrit au Canada ou il s’était fait bûcheron entre deux emplois de bureaux mornes! Rédigé pendant ses heures de loisir, c’est un récit sans action sur la vie dure et nue de personnages très frustres qui se débattent au cœur d’un interminable hiver, loin des villes, au bord des forêts. Récit terrien jusqu'à l’apparition sourde de l’amour qui envahie l’héroïne, apportant au livre un intérêt insoupçonné jusqu’alors. Tout cela est dans l’ensemble bien plombé-plombant, un peu tristounet et manque de saine méchanceté ! Le vrai Louis Hémon écrivain n’est pas là ! Il était à Londres entre 1903 et 1911...
Il faut indéniablement préférer ses romans londoniens, « Battling Malone pugiliste » par exemple qui raconte l’ascension d’un jeune boxeur ,Malone. Celui ci se dégage du peuple et du sinistre pavé londonien. Il est initié au « noble art » par la grâce de quelques gentlemen philanthropes, rencontre l’amour, mais tout cela n’est qu’illusion… Bien évidemment les barrières sociales ne sont pas si faciles à franchir. La femme élégante qui tombe amoureuse de lui n’est séduite que par sa force animale. Tout dans ce roman est admirablement précis et plein d’une vélocité merveilleuse, d’un humour presque gelé, aussi efficace que les coups assenés par un boxeur vif, justement. Le chef-d’œuvre de Hémon son livre le mieux écrit, celui où il se déploie le mieux, c’est « Monsieur Ripois et la Mémésis » publié seulement en 1951. M Ripois est un français médiocre qui vivote à Londres et qui par nécessité séduit, puis abandonne, des londoniennes de tous milieux, c’est un personnage assez détestable : Sec, cynique, parfois féroce, toujours lâche.. Sa futilité et son insanité ne peuvent l’emmener que vers une catastrophe annoncée, balisée par tout le récit… Quand il s’affronte à la pureté, quand sa conscience s’éveille enfin, il est trop tard et la fin du livre avec cette irruption incongrue des sentiments ne peut être que bouleversante. Hémon se réfugie à Londres en 1903, que fuit-il ? Sa famille bourgeoise et compassée, peut-être. … Comment subsiste-t-il ? Dans de médiocres emplois de bureau … Il se serait marié , une épouse hypothétique serait morte en 1911, on n’en sait pas plus…. Il est sûr qu’avec Louis Hémon il faut faire avec la part intime, qui est comme bien souvent la part d’ombre. Sa biographie manquante se niche dans ses romans, et la force de ses derniers comme toujours tient de la lente transformation de l’intime vers l’expression pleine et entière, vers l’œuvre en somme…
En 1911 donc il se réfugie au Canada, se fait bûcheron, écrit Maria Chapdelaine. Attiré par l’ouest il prend la route à pied, longeant une voie ferrée, le 8 juillet 1913 il est tué net par le « Transcanadien », voilà …

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lundi 13 mars 2006

Une porcelaine sur le buffet



J’aime, j’aimais - je ne l’ai pas revu depuis une éternité - Le Diable au Corps de l'ignominieux Autant Lara. Enfin, j’aime, j’aimais surtout Micheline Presle, délicate comme une porcelaine prête à tomber du buffet. Gérard Philippe lui comme toujours était, un peu trop fiévreux faisant s’affaler le personnage du côté de chez Stendhal, une mauvaise interprétation de Stendhal d’ailleurs. Fièvre oui certes, mais légèreté et détachement aussi. J’ai toujours trouvé le jeu de Gérard Philippe plombé-plombant, trop métaphysique, pas assez aérien même quand il se veut léger (Fanfan.) Autant Lara lui aussi avait poussé le personnage dans les bas-côtés du fiévreux. En vieillissant le rôle, un nouveau Julien Sorel, il tournicotait autour de Stendhal lui aussi et se faisant annihilait le vrai potentiel scandaleux du roman … Ce qui n’empêchera pas le film d’être un scandale énorme et ce pour d’autres raisons, un affront supposé au patriotisme notamment, de l’écume en somme.

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La « croquignolette » du jour - Lene lovitch

« Une nana visiblement faite soit pour la gloire, soit pour l’asile » Philippe Garnier.



Qui se souvient de Lene lovich délicate poupée hululant au début des gloomy années 80 ? Fille d’un père yougoslave et d’une mère anglaise ; elle se faisait passer pour transylvanienne . Avec look ad hoc, nattes proéminentes quasi poulpiennes et fanfreluches mordorées. Un regard comment dire hum ! ? Différent voilà ! et un jeu de scène à robuste prédisposition hou hou fait moi peur mon kiki !!
Si on se souvient parfaitement de la dramaturgie de pacotille et des oripeaux du look début eighties sa musique elle s’est complètement évaporée dans le temps, je me souviens assez faiblement d’une sorte de castafiore new wave à la voix suraiguë.- Elle avait paraît-il commencé son immense carrière par hurler sur d 'incertaines bandes son de films d’épouvante-. Elle a également eu l’immense privilège de hululer deux trois choses avec Nina Hagen autre croquignolette notoire.

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mercredi 8 mars 2006

Le « croquignolet » du jour - Steve Peregrine Took



Un croquignolet un vrai ! Dans la longue litanie de rockers morts avant l’heure légale, il y a des choses saugrenues : suicides divers et variés, overdoses mordorées, vomi étouffant (une vraie spécialité), accidents de voitures, d’avions, de vélo (Nico ), meurtres, une vraie féerie glauque. La mort de Steve Peregrine Took elle est l’une des plus singulières et à la limite du burlesque … il est en effet mort en avalant de travers un … noyau de cerise, étonnant non ? Surtout quand on connaît le parcours de l’oiseau qui avait essayé tous les liquides et combustibles, toutes les chimies synthétiques et les herbes rigolotes faisant florès dans les létales sixties.
Steve Took était tam-tam chez le premier Tyrannosaurus Rex, Marc Bolan l’avait recruté par petite annonce. On imagine sans peine la première rencontre entre les deux agités du bocal, Bolan vivant littéralement dans un autre monde et notre ami Took reniflant le frapadingue de haut vol à plein pif. Belle rencontre hasardeuse qui donnera par la suite une musique que l’on qualifiera de différente pour être aimable.. Sur scène notre croquignolet a pour habitude de se fouetter régulièrement jusqu’au sang, il part dans des délires de plus en plus cosmique … Fin 1969 après une calamiteuse tournée américaine où cramé au LSD il prend idée de verser de l’acide dans les canalisations d’eau, Bolan l’éjecte d’une misérable chiquenaude.
Quelques aventures musicales aléatoires plus tard avec les Pink Fairies et le Pink Floyd grillé Syd Barrett , Took se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux, il traverse les Seventies dans un brouillard de narcoses et d’élégantes hallucinations pour finir un jour d’octobre 1980 trucidé par cette fameuse cerise intrépide.

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dimanche 5 mars 2006

I love You but I've Chosen Darkness - Fear Is on Our Side (2006)



Intriguant pourquoi tous ces groupes puisant dans le même giron post-punk ? Et surtout pourquoi maintenant ? La vieille histoire des styles de la transmission et du dépassement progressif vers quelque chose de neuf, une nouvelle forme qui annexerait le passé mordoré pour inventer un présent plus conforme à un hypothétique air du temps. Le problème c’est que tout ces groupes (longue liste…) pratiquement n’inventent rien, ne laissent pas leurs influences les dépasser. On reste dans la sage reconstitution historique. Prenons un groupe comme I love You but I've Chosen Darkness (joli patronyme) tout est bien en place, pour le meilleur « If It Was Me », « The Ghost » cela ressemble à un très bon vieux groupe de série b post-punk oublié , The Sound voir même à Joy Division mais sans la mélancolie surplombante , sans l’urgence implorée par ce genre de musique qui sinon pirouette dans le théâtrale sans but. Pour le pire on est dans des titres qui ressemblent à une mélasse de mauvais U2 marinant dans du Talk Talk vintage. Avec des influences pas si lointaine (le fil de la pelote Eighties) des groupes comme TV On The Radio ou les Liars eux créent quelque chose de neuf, un style propre qui se libère des influences pour flotter entre les musiciens et l’auditeur, tout cela tient bien évidemment de l’accidentel, irrémédiablement et sans crier garde …

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jeudi 2 mars 2006

Shawn Phillips- Second Contribution (1971)



Un Francis Lalanne réussi !! Des cheveux considérablement longs, une barbe de prophète, un type que l’on imagine chaussant d’immondes bottes hautes mordorées et des tuniques salement bariolées, un type assez fatigant à la longue. Voilà pour l’accessoire.
Un album qui débute par un titre monstrueux « She Was Waitin' For Her Mother At The Station In Torino And You Know I » mon dieu qu’elle montée en neige cette chanson !!! Préliminaires susurrés tout doux, mais alors après !! Ca monte, ça monte … la voix qui part dans les limbes, les cuivres, les violons qui explosent dans tout les sens, de l’incandescence, presque de l’indécence,et la basse qui sournoise plante l’auditeur qui ne demandait rien, du Wagner en plus grandiloquent !! Cette chanson pourrait être la pierre philosophale d’un genre bien peu guilleret en lui-même l’ adult Rock, beurk !! Les trois titres suivant s’enchaînent (on est dans une sorte d’album concept), avec la même ligne de basse et la même guitare Soulful , orgueilleusement groovy, bon la voix de Philips est trop dans les mêmes textures, n’est pas James Brown qui veut, mais tout ça est bizarrement addictif . Tout l’album coule dangereusement du même tonneau, romance douillette « The Ballad Of Casey Deiss» ou rock mâtiné de R&B « Lookin' Up Lookin' Down» , Shawn Phillips et ses musiciens évitent soigneusement le bon goût pour plonger avec bonheur dans un maelstrom toujours pompeux, constamment boursouflé. C’est une musique qui ne charrie aucun mystère, qui est uniquement construite sur l’intensité dramatique et la maîtrise technique presque malsaine de musiciens sournois.
Ah !! Oui, il y a bien un titre simple, le dernier « Steel Eyes» , perle folk modeste, guitare, voix et sifflements délicats.. . Nick Drake ou Donovan voilà …

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