mardi 30 août 2005

Clara et moi - Arnaud Viard (2004)


Vu sur Canal + et par hasard, un joli film Clara et Moi, bonne surprise, malgré les écueils, en fait si le cinéma n’était aussi parfois que ça une chose assez simple, on l’occurrence un couple d’acteurs qui marche du tonnerre, Julien Boisselier très bon, détaché et aérien et Julie Gayet assez merveilleuse, émouvante, généreuse le genre de fille que bon hein !! D’ailleurs la camera semble elle aussi être une peu amoureuse de Julie .. et le réalisateur avec, et que dire du spectateur qui de morne en ce lundi d’août pluvieux et venteux en devient tout chose et sensible comme une rosière… après le film comédie douce amère qui laisse un petit goût de mélancolie est une chose moins considérable que la trace laissée par ce couple qui fonctionne merveilleusement .

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samedi 20 août 2005

Remorques - Jean Grémillon (1941)


Pourquoi ne faut il pas classer Grémillon dans le même tiroir poussiéreux que, au hasard, Marcel Carné, grande question ? Peut-être parce qu’avec les mêmes ingrédients : le couple Gabin, Darrieux, les dialogues de Prévert, une histoire de destin forcement brisé hein !! et bien avec tout cela on reste loin du poetoque cher à Carné, ici par exemple les dialogues de Prévert ne résonnent pas dans le lourd et le pesant, on reste tout le temps dans l’écume de la parole un peu en deçà de l’apesanteur, comme si la légèreté probable des dialogues contrebalançais une histoire sombre et mélancolique. Si Remorques est un film assurément complètement bancal dans sa construction, pas équilibré pour un sou il le doit à ses conditions de tournage morcelées, de toutes les façons Grémillon ne cherche pas l’équilibre, ce qui l’intéresse vraiment ce sont les sentiments qui dérivent ou plutôt les sentiments qui dérivent hors de soi, comme dans tous ses films (ou presque) il dérivent tellement qu’on les retrouvent dans la nature, dans la vengeance du ciel et la tempête, dans le vide d’une plage désertique, les sentiments ouvrent l’âme vers un nouveau monde qui de secret en devient quasi réel. Remorques est aussi un grand film de Jean Gabin, son dernier film avant guerre, il est extraordinaire d’humanité bourrue, de fragilité flottante, la tempête sentimentale qui tenaille son cœur est un grand moment tout simplement, Madeleine Renaud est magnifique, Fernand Ledoux aussi ... pour reprendre l’expression de Truffaut un grand film malade.

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The Monks - Black Monk Time (1966)


Mon dieu !! Quelle affaire bizarre, à l’écoute des Monks on se dit sans raison que l’histoire du rock regorge de trucs inattendus, de choses primesautières et hallucinantes dans le bien, donc les Monks par exemple, un groupe de troufions, mais pas n’importe qui comme troufions, des G.I stationnés en Allemagne au milieu des sixties, au début ils s’appellent The Torquays et sont assez sages, spécialisés dans de proprettes reprises bien peignées, mais au fur et à mesure ils se transforment, hein ! , Bidasse en Allemagne ça porte au ciboulot forcement, alors ils se rebaptisent les Monks et se font faire une coupe Chaussé au Moine par un coiffeur sûrement éthylique, et hop c’est parti pour la grande rigolade. Hum, hum !! Comment dire, les Monks voilà, mélange de polka de garage rock avec un orgue riquiqui de guitares bien dans les limbes, et surtout et avant tout un putain de Banjo Electrique !!! qui ferait gigoter n’importe quelle guibolle meme en bois, un vrai appel au pogo sanglant, un miracle de destroy avant l’heure, ne cherchez pas d’où vient le son des Violent Femmes au hasard, et en plus l’attitude, des titres vachards (shut up,. i hate you.), des paroles périlleuses (Why do you kill all those kids over there in Vietnam?) Un grand groupe, le premier groupe punk peut-être ?

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vendredi 19 août 2005

The Ponys - Celebration Castle (2005)


Ah !!! les guitares qui carillonnent et cette voix haut perchée pleine de morgue et de tristesse mêlée, je me souviens de Marquee Moon et de mon air confus et perplexe puis de mon petit cœur qui s’accoutumait qui s’ouvrait doucement à la chose qui vibrait au rythme de ces multiples combats de guitares liquides, le bougre,bordel voilà quel putain de disque, après la voix du mec pas sur de lui du petit gringalet qui se venge en loucedé on la retrouve chez Theo Hakola , on la retrouve aussi chez le chanteur des Ponys, malgré la production un brin propette vers l’efficacité de Steve Albini ce disque est une petite merveille : morceaux joliment charpentés , une petite alchimie de gimmicks croquignolets, une sorte de best off Proto-Post-Punk , avec du Buzzcocks guilleret (Shadow Box), l’entrain génial des Wedding Present (I'm With You) des restes éparts de Richard Hell et surtout des pans entiers qui viennent de chez l’ami Tom Verlaine et de sa bande aux yeux fatigués , (We Shot The World soit le son et la structure reptilienne de Marquee Moon résumé en 4 :20)

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mercredi 17 août 2005

Autolux - Future Perfect (2005)

Jolies guitares abrasives et compactes, jolie voix juvénile et fragile, croisement entre les Pale Saints et My Bloody Valentine, dans les Inrocks ils parlent de Syd Barett et la franchement je cherche vainement !! (vive le name dropping d’opérette), donc pas mal et assez addictif reste à savoir ci c’est un disque qui supportera plus de cinq écoutes…

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Splendor in The Grass - Elia Kazan ((1961)




On peut reprocher beaucoup de choses à Elia Kazan, plus même que l’habit de traître social qu’il a enfilé de manière ostensible c’est surtout son style trop théâtral qui me gêne, emprunt de lourdeur métaphysique, comme si toute la pesanteur d’un après-midi moite dans le Sud des Etats-Unis envahissait de manière insidieuse ces films... Il y a également sa direction d’acteur affreusement théâtrale la plupart du temps, qui aujourd’hui paraît extrêmement vieillotte et âcre. Reste que par un miracle inopportun les films en couleurs de Kazan sont tous magnifiques comme si la vérité entrait brusquement dans son univers, pour simplifier la couleur serait chez lui la sincérité, la légèreté le cinéma alors que le n&b représenterait plutôt le vieux théâtre poussif, la manipulation rance des sentiments et des situations, et même la politique et toutes ces compromissions inconscientes ou pas.

Splendor in The Grass est donc un film magnifique comme quasiment tous les Kazan en couleurs, un mélodrame admirable sur le temps qui passe, sur le sentiment amoureux qui forcement s’enfuit, sur la résignation, sur les occasions perdues, un film sensuel aussi et surtout, d’une sensualité exacerbée même je trouve, qui travaille le corps des acteurs au plus près dans des scènes extraordinaires d’intensité physique. Le scénario est aussi magnifiquement écrit (Inge), loin du théâtre, et empreint d’une légèreté insoupçonnée : la dernière scène comme suspendue dans le temps est l’une des plus belles du cinéma américain, un retour à la réalité doux et subtil qui rejoint la plus admirable poésie américaine, celle de Walt Whitman ou d’Emily Dickinson.

Reste Warren Beatty qui reprend le rôle destiné à James Dean qui est un beau corps de cinéma et qui est très bon, reste l’extraordinaire Barbara Loden bouleversante dans le rôle de la fille libre qui se moque des conventions et sur qui retombe toute la lourdeur du monde, et reste surtout et avant tout Nathalie Wood fabuleuse de fragilité de force intérieure et de persévérance butée, Nathalie Wood qu’on a envie d’enlacer très fort contre soi et pour toujours, puisqu’elle est immortelle

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samedi 13 août 2005

Cluster - Zuckerzeit (1974)


Le genre de disque que l’on découvre tout d’abord un brin intrigué, après le premier titre on se dit ouais !! pas mal le truc , au deuxième on commence à être tout guilleret , au troisième c’est un incrédulité heureuse qui fait place, au quatrième et jusqu’à la fin on se dit que ma foi tout cela est génial et que c’est un PUTAIN DE BON DISQUE voir mieux , le genre de découverte qui rend tout chose qui transforme l’air que l’on respire en un puissant psychotrope qui ferait accepter n’importe quoi , l’existence de Michel Sardou ou d’ Edouard Balladur voir de Benoit Pedretti , ou dans un registre potager, les endives à l’eau ou les betteraves rouges c’est vous dire !!! Pour revenir au disque de Cluster, il faut resituer le toutim, donc Cluster grand groupe de Krautrock fricotant avec Eno, presque aussi crucial que les hommes machines de Kraftwerk, Cluster qui après des disques plus sérieux et dans l’air du temps, (Cluster 71 magnifique) sort en 1974 cette sorte de tranquille déflagration, en gros un disque de pop musik fait avec les armes de l’époque synthé et répétition de chez le père Riley, mais alors des petits bouts de mélodies cheap qui vous accrochent le cœur en moins de deux, un entrain sautillant et communicatif désarmant de fausse naïveté et de maladresse assumée, ne cherchez pas c’est un sorte de best off électronica 20 ans avant, Plaid qui regarde Four Tet de travers, Aphex qui rigole devant le sérieux d’Autechre , Mouse on Pluton et le petit gars de Console qui pleurent de rage en écoutant leurs grands pères baba cool, voilà merde quoi un fichu skeud, avec des morceaux qui s’appellent Caramel. Ou Caramba , un disque foutraque et génial, si vous n’aimez pas cela je me petit suicide derechef ... vive les cheveux sales et longs, vive les barbes hisurtes, vive la République Fédérale Allemande libre, vive la bande à Baader vive … , bon là je m’égare ...

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Chrysalis - Definition (1967)



Encore une petite merveille, encore un groupe à l’unique album, Definition sortit en 1967 à la croisée des chemins, entre les Beatles (surtout Paul Mac Cartney) , le psychédélisme naissant, avec quelques teintes vaguement jazz dans les arrangements ( des miettes Nouvelle Orleans) et de la grande variété folk américaine (des petits lambeaux de Kurt Weill) , donc arrangements futés, inventifs, luxuriants, accrocheur, accroche cœur , vous me direz normal pour un disque sortit en 1967 l’année sainte de la pop de chambre, oui, oui c’est super bien,et en plus de deux trois titres tires larmes, c’est un disque souvent guilleret et folâtre, qui donne une pêche d’enfer.
On ne sait pas grand chose de plus sur Chrysalis, si ce n’est que le chanteur Joe Spider Barbour aurait fricoté avec Zappa et les Mothers Of Invention, et que le gars Zappa aurait déclaré dans un grand momment de clairvoyance que Chrysalis était je cite : « a group that has yet to destroy your mind » pas tort l’oiseau.

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lundi 8 août 2005

Paul Parrish - The forest of my mind (1968)


Comment définir la chose, hum !! De la sunshine folk-pop song avec des petits bouts de psychédélisme dedans, (en gros entre Donovan et love (ouf). Un album lumineux forcement, aux arrangements délicieux, rempli de flûtes allègres et de cordes futées, avec de légers effets et quelques sitars et cuivres qui traînent, ajoutons une voix douce presque parfois volatile un songwriting tout à fait estimable et le tour est joué, des titres comme Dialogue Of Wind And Love ou Suzanne sont de vraies petites merveilles, et la reprise du You've Got To Hide des Beatles est un summum de cool mollasson (c’est un compliment).

Paul Parrish a sorti deux autres albums par la suite, Songs (1971) inconnu de mes pauvres oreilles, et le très très sucré Song for a young girl (1979) un concentré un peu écœurant de variétoche américaine qui ressemble à du mauvais Elton John en pire.

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jeudi 4 août 2005

This Heat - Deceit (1981)


Une grande cause perdue, un grand fourre-tout bordélique mêlant free jazz rachitique, post punk rêche, world musique imaginaire (comme les Raincoats), la liberté structurale du Jazz, l’énergie du punk en plus, une succession de collages, de guitares atonales et de voix psalmodiées donc forcement hein une sacrée régalade ! Choc frontal entre l’école de Canterbury d’Henry Cow le Krautrock de Can, Neu!, Faust et le punk, et puis petit à petit un peu de normalité assumée sur des titres comme A New Kind Of Water , Paper Hats (splendides) où This Heath rejoint Wire c’est vous dire.





Le premier album (sans titre) sortit en 1978 est encore rude expérimental voire incandescent, sans concession, avec des blocs de musiques énormes comme The Fall Of Saigon , Rainforest … et surtout l’hallucinant et prémonitoire 24 Track Loop , mixe saugrenu de Jungle et de drill n'bass circa 1977 étonnant non ?

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mercredi 3 août 2005

Hackamore Brick - One kiss leads to another (1970)


Un seul album en 1970, One Kiss Leads to Another rien d’autre, aucune autre marque laissée par ses oiseaux la, mais on pourrait dire que l’album se suffit à lui-même, un petit miracle. Ici il faudrait parler avant tout de fraîcheur, de la fraîcheur (la candeur aussi) des premières fois, comme s'ils mettaient toute leur énergie gracile dans le truc, un concentré de rock doux entre Lovin Spoonful et la seconde manière du Velvet, oui le Velvet apaisé et frais en apparence, celui du canapé et de Loaded loin des expérimentations, un grand groupe de Rock à l’entrain trottinant. Tout chez Hackamore Brick semble venir naturellement, merveilles pop addictives (Radio, i Watched You Rhumba), ballade tire lame (Peace has come) nimbé de guitare raide et de piano électrique tendre (Wurlitzer ?) , un titre intriguant (And i wonder) orgie inconvenante entre le Murder Mystery du Velvet et les Doors, bon je m’arrête là tout est quasiment excellent, assurément à classer non loin de Jonathan et de ses amoureux modernes.

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mardi 2 août 2005

colder - heat (2005)


Evidemment avec un nom comme ça hein !! Boum de grands bouts de neurasthénie au kilomètre, déjà le premier album (le mal nommé Again) était un bloc froid et un brin conceptuel ( pour résumer Eno rencontre le coté atmosphérique de Joy Division), ici Marc Nguyen (alias Colder) persiste : Wrong Baby tube potentiel pour dance floor mélancolique, Losing Myself Neu ! et Can font un petite bébé répétitif, To The Music et Tonight du Talking Heads glacé, comme quoi le gars peut faire gigoter les arpions sur la banquise, Downtown Alan Vega (ou le pre Stephan Eicher) chez les esquimaux, le reste enfin la grande majorité de l’album reste fortement influencé par le Joy Division de Closer, enfin la seconde face de Closer, le coté apaisé et libéré trouvé comme par hasard par Martin Hannet, on le retrouve ici , notamment dans les trois derniers titres vraiment magnifiques, Your Face (ah ! L’orgue), Fade Away (le piano de M Satie), Burnt Out (ballade chromée.) La ou la chose devient quand même énigmatique, c’est que tous les titres sont scandés par la voix monocorde de Marc Nguyen, loin de Ian Curtis dépassé par ses émotions, ici il n’y a qu’une impression de contrôle froid, et paradoxalement l’émotion (ou plutôt une sensation persistante) provient de ce control même, comme si Heat n’était que ça en fait un objet d’art contemporain post moderne que l’on pourrait rapprocher par exemple des remakes glacés de Pierre Huyghe. Donc pour résumer, un disque à l’uniformité roborative, idéal pour l’autoroute, le TGV, un disque à écouter avant l’orage aussi, voilà c’est cela puissance de la monotonie. Vous allez pas aimer c’est pas grave, moi je reste dans mon coin morose.


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Paul Claudel



Pour en revenir aux histoires de piliers, Claudel c’est quand même pas de la gnognotte , même on se dit que l’ambassadeur est plutôt ravagé du dôme !!

Il y a quelqu’un qui m’a enfoncé les doigts aussi loin qu’il peut dans la bouche et je vomis. De temps en temps il vient des morceaux d’homme de lettres : que voulez-vous que j’y fasse ? Et cette poussée, cette acclamation torrentielle de temps en temps, cette vocifération, ça va tout seul, en ordre, en désordre, comme une armée qui remplit le ciel et la terre... Explosion. Une série d’explosions quelquefois !

On a souvent parlé de la couleur et de la saveur des mots. Mais on n’a jamais rien dit de leur tension, de l’état de tension de l’esprit qui les profère, dont ils sont l’indice et l’index, de leur chargement.

On ne pense pas de manière continue, pas davantage qu’on ne sent d’une manière continue ou qu’on ne vit d’une manière continue. Il y a des coupures, il y a intervention du néant. La pensée bat comme la cervelle et le coeur. Notre appareil à penser en état de chargement ne débite pas une ligne ininterrompue, il fournit par éclairs, secousses, une masse disjointe d’idées, images, souvenirs, notions, concepts... Tel est le vers essentiel et primordial, antérieur aux mots eux-mêmes : une idée isolée par du blanc. Avant le mot une certaine intensité, qualité et proportion de tension spirituelle.

Mais peut-être que, plus prochaines qu’étoiles et planètes, toutes les choses mouvantes et vivantes qui nous entourent nous donnent des signes aussi sûrs et l’explication éparse de cette poussée intérieure qui fait notre vie propre. Et tel est le mystère qu’il s’agit présentement de reporter sur le papier avec l’encre la plus noire.

Les ailes nous manquent, mais nous avons toujours assez de force pour tomber.

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