lundi 31 janvier 2005

Jacques Higelin-Inedits 1970




J’en vois qui se pince le nez là dans le fond, mais non Higelin au-delà du type attachant a sortit quelques trucs merveilleux dans sa très longue carrière, carrière un peu en dents de scies c’est vrai ou se côtoient perles et choses discutables pour le moins, bon la c’est le Higelin des débuts celui qui vagabondait avec Brigitte Fontaine et Areski sur le Label Saravah une musique un peu Folk et surtout très très mélancolique écoutez Sa dernière Cigarette pour vous faire une petite idée c’est très beau et un peu oublié et ça mérite d’être redécouvert avant qu’Higelin ne parte un peu trop loin de nous.

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Jean-Patrick Manchette-Les Yeux de la momie

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Jean-Patrick Manchette a écrit pendant des années une chronique cinéma dans Charlie Hebdo sans avoir vu un seul film en salle !!!, Il était agoraphobe sortait rarement de chez lui et se faisait raconter les films par son fils, et le pire c’est que ses critiques se tiennent admirablement bien, défense du cinéma bis américain et de l’age classique Hollywoodien mais distance avec les chapelles et la nécrophilie cinéphile malgré une certitude pour le lui, le cinéma est mort avec la modernité. Les chroniques ont été reprises dans le volume « Les Yeux de la momie» aux éditions Rivages et c’est un vrai bonheur hédoniste de lecteur d’ailleurs il faudrait reparler un peu ici de Manchette qui est un écrivain assez incontournable je trouve et pas qu’un auteur de polar.

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dimanche 30 janvier 2005

Ocean's twelve-Steven Soderbergh (2004)

Le dernier vrai mauvais film que j’ai vu ? Ocean's twelve feignant scénario bricolé et pas travaillé pour un sou, comme s’il suffisait de filmer quelques similis stars pour que le truc existe, ben non ça marche pas ,en plus au dela du gros poil dans la main, c’est tres déplaisant genre nous ne sommes pas dupe les stars vivent comme tout le monde et ont des émotions simples, cinéma clin d’œil entre people beurk ! en plus Cassel est complètement ridicule en French Lover d’opérette, et même Clooney et Julia sont mauvais, en fait il ne reste que les mollets galbés de Catherine Zeta Jones.

Le premier Ocean Eleven était pas mal genre cinéma loungy cool il était surtout beaucoup plus travaillé.

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lundi 24 janvier 2005

Patrick Modiano-Un Pedigree



Petite livre magnifique court et d’une densité exceptionnelle, une accumulation d’informations, d’êtres de lieux de faits, accumulation hyper resserrée, en fait c’est un peu une notice tardive qui éclaire toute l’œuvre de Modiano, oui l’occupation oui les personnages louches aux lisières du banditisme et du spectacle, oui la rue Lauriston la Place de l’Etoile qui est forcement sur le cœur la place de l’étoile, oui l’affaire ben barka les fugues les pensionnats glaciaux et terrifiants ou l’ont ne mange pas à sa faim, en fait toute l’œuvre de Modiano serait un Je Me Souviens caché, d’ailleurs il y a beaucoup de parallèles à faire avec Perec ils parlent souvent de la même chose de leurs enfances respectives, de l’occupation de leurs parents disparus ou absents du fait de devoir vivre avec le passé, seule diffère la manière, les fameuses contraintes Oulipiennes chez Perec, mais la fameuse petite musique de Modiano n’est-elle pas une contrainte ?.
Pourtant ici la petite musique aurait dut être moins présente, le livre est comme l’avoue Modiano rédigé dans l’urgence comme une confession. Au-delà du constat, de la chronique familiale et personnelle, la douleur se fait plus présente et tous devient tranquillement déchirant sur la fin, déchirant et lumineux car ce qui a sauvé l’homme Modiano c’est l’écriture, et que le terreau de cette œuvre c’est ce qu’il a vécu avant de l’écrire, son enfance, la mort de son frère, sa jeunesse solitaire et un peu misérable, l’abandon de ses parents, Un Pedigree est une sorte de mausolée intime.

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dimanche 23 janvier 2005

C'est gratuit [La compil]


Il y a beaucoup de choses sur Internet beaucoup de musique gratuite notamment, alors donc il y a un petit travail à faire une petite ethnologie du truc à faire , comme pour le nuggets de Lenny Kaye qui explorait le garage rock 60s dans ses recoins les plus sombres et souterrains et l’emmenait en pleine lumière, l’ordinateur a remplacé le garage et la plupart des morceaux de la petite sélection qui suit sont l’œuvre de types a priori seuls, le Nerd solitaire a remplacé le garage band , les titres sont pour la plupart de l’électronique mais dans l’ensemble assez facile d’accès et sont proposés en téléchargement gratuits sur une multitude de net-label qui prolifèrent un peu de partout Ukraine,Allemagne, Lituanie, Georgie, Etats Unis, Roumanie … On pourrait faire facilement 40 compilations du même type.


ST-I'll meet you there
Text Adventure-If It Could Talk It Wouldnt SayAnything
Kid Mingus-Crash Site Tune
lackluster-last song for the night
the symphonic stereo-Lorn/Tara
izmar-one eight
vizion-survol d'une foret debeton
stakka-mosaik
Vim-Ickmansworth
blue sky research & iermoc-fletcher moss
bliss-transportation is bliss
karmacoda-firefly
ne:o-leaf
tweeter-planet boelex
Hectopascal-Bump Set Spike
Le Zéro-Can't C
Seestrings-The Last Slice of Bread
beak-how a hot air balloon works
Text Adventure-Tide To The Oceans
IJO-Cumf-L
LeutOhm-Period Coma
iermoç-attosecond v1
Le Zéro-New Situation

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jeudi 20 janvier 2005

Chuck Close

Big Self-Portrait, 1968                                                 Kiki, 1968

Le sujet des tableaux de Chuck Close est toujours le même : la reproduction en gros plan de la figure humaine qu’ il traite comme un territoire. Il prend une multitude de photos d’identité, des Polaroids au format 60/51 cm. en noir et blanc et en couleur , Il dessine ensuite sur acétate une grille posée sur le Polaroid qui est reproduite sur la toile, ses portraits sont réalisés à l'acrylique et avec un aérographe : Close joue sur la notion de flou il travaille par groupe de petits blocs pointillistes et si ses tableaux sont bien une survivance magnifique de l’hyperréalisme lorsque l’on se rapproche d’eux ils deviennent par miracle impressionnistes voir insensiblement abstraits en faisant expirer le sujet, un exercice de disparition énigmatique.


Kiki (detail)

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mardi 18 janvier 2005

Paul Fusco

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Cette
série de photos est très émouvante, les clichés sont pris depuis le train qui transporte la dépouille de Bobby Kennedy à travers les Etats Unis en direction de Washington, les couleurs sont vives, les laissés pour compte sont au bord de la voie, c’est la fin d’une utopie, Bobby Kennedy était malgré ces débuts douteux un immense espoir pour beaucoup d’américains ordinaires, l'étude de Fusco fournit une exploration unique d'une nation en deuil, un instantané de l’Amérique en1968, il capte la tragédie et la profondeur des sentiments d’une nation, c’est un travail pensif et beau.

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samedi 15 janvier 2005

Après vous - Pierre Salvadori (2003)



Pierre Salvadori a un immense avantage sur la plupart des cinéastes français qui donnent dans la comédie, ses films sont drôles ils font rires et c’est presque un petit miracle, ici après un début un peu hésitant il trouve vite son rythme, la mécanique peut se mettre en route, jolie mécanique d’ailleurs une petite horlogerie bien huilée qui fait la part belle à un comique doux, tendre et un peu inquiétant. Si Salvadori réussi son coup c’est qu’il a de bonnes idées de scénario mais aussi et surtout une science innée pour la caractérisation des personnages, qui ont la chance d’exister à peu près il filme comme tous les cinéastes un peu généreux, à hauteur d’homme, José Garcia en ange passeur dépressif est assez étonnant, Auteuil magnifique et décalé laisse durer les temps subtilement et Kiberlain est frémissante, en fait ils sont tous les trois frémissants, et le film comédie fluide burlesque et tendre se souvient de Lubitsch et de ses petites boutiques, il se souvient aussi de Black Edwards de ses serveurs ivrognes et même de Claude Sautet le temps d’un plan discret et émouvant.
Pour résumer c’est subtil et drôle, léger et grave, le film fourmille d’idées poétiques et généreuses les sentiments se transmettent comme des fleurs et Salvadori est peut-être le seul vrai auteur de comédie populaire réussie en France.

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Giotto

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Giotto-Tête de vierge                                         L'Ange Gabriel- Cathédral de Reims



Giotto invite la statuaire gothique et l’art byzantin à l’intérieur du tableau, c’est l’un des premiers artistes au sens moderne du terme. Artiste parce que pas uniquement au service de l ‘allégorie religieuse, sa peinture est aussi la trace de son âme en représentation.

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jeudi 13 janvier 2005

Guerre froide - 1981

Je ne sais plus qui, de Philippe Pascal de Marquis de Sade ou des branchouilles top moderne d’Actuel avaient inventé ce concept mou de rock européen, en gros pour résumer une sorte de rock qui peut exister et avoir des racines strictement européennes, Kurt Weill, Berg,Mahler, le père Schoenberg et tout le tremblement... Sérialité et imagerie décadente viennoise sont des influences majeures, bon ok d’accord quand les influences sont bien digérées cela peut être sympathique mais quand la viennoiserie est un peu lourde la digestion peut être problématique, musique sans âme (soul), fascination suspecte pour des époques et des imageries pas top (l’Allemagne nazie, brrr), érotisme d’endive blafarde on en fait vite le tour, alors que ce qu’il y a de miraculeux dans la musique populaire c’est peut être la lente partouze continuelle entre les racines, les genres et les influences digérées, l’European Son du Velvet a autant ses racines dans le blues du delta que chez les binoclards germaniques. Et Kraftwerk est aussi un grand groupe de Soul Music. Bon je digresse un poil, et les gentils Guerre Froide alors dans cette histoire, ben c’est un groupe de rock Européen plutôt sympathique et émouvant dans son incompétence, on est pas chez Ultravox, jolies paroles touchantes et naïves chantées en français, anglais et allemand, jolie basse super « mediatorisée » et mélodies tendres et adolescentes...

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mardi 11 janvier 2005

La Tête contre les murs- Georges Franju (1958)

Comme on dit l’amour fou, du premier long métrage de Franju, on dira : le cinéma fou. La tête contre les murs est un film de fou sur les fous. C’est donc un film d’une beauté folle.(Jean Luc Godard)

Dès les premiers plans on est chez Franju, la nuit un motard dans les dunes, hommage à peine voilé à Jean Cocteau et tout de suite ce sentiment d’inquiétude latente cette manière unique de chercher l’insolite au cœur de la réalité, oui c’est de poésie dont il est question et même de la plus belle qui soit, celle du romantisme allemand de Novalis, qui passe par Baudelaire pour finir chez les surréalistes et donc chez Georges Franju.

Pourtant le film devait être le premier de Jean Pierre Mocky en tant que réalisateur il possédait les droits du roman, mais la production le trouvant un peu jeune il recommanda Franju dont il avait admiré les nombreux courts métrages : Le sang des Bêtes, Hôtel des Invalides…, des morceaux de celluloïd ou celui ci traquait l’insolite transformait le réel en terreur pure ou en umour noir, soit les différentes façons d’envisager la mort. , Ne pas oublier non plus les débuts de Franju, créateur de la cinémathèque avec Henri Langlois, mais aussi collaborateur de Jean Painlevé et de son cinéma scientifique un mélange détonnant.

I- Réalité

Je distingue, au fond de tes yeux, une cuve, pleine de sang, où bout ton innocence

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Donc premiers plans ou plutôt première scène chez Franju on se souvient des scènes et non des plans (Godard), un motocycliste fonce dans les dunes, l’image est sombre charbonneuse, la photo est d’Eugene Schufftan elle sera constamment admirable, notre motard François Geranne (Jean Pierre Mocky) est ivre de vitesse sous le regard brun d’Anouk Aimée la rencontre va se faire, comme un éclair doux et tremblant, deux corps de cinéma jeunes et libres.

Ensuite quelques automobiles flottantes plus loin, seconde scène magnifique, une jeune fille se baigne dans la nuit, l’eau est noir tellement noir quel pourrait imaginons la en couleur, être rouge sang, rouge sang, comme le sang des bêtes, impression d’inquiétude sourde et profonde. Franju fait durer la scène et derrière le réalisme il cherche un surnaturalisme qui paradoxalement est peu être la vérité de la scène, surnaturalisme Baudelairien, la poésie c’est le réel, le film est après le portrait de François Geranne, une jeune homme de 1957, qui aime les femmes, l’alcool, ne travaille pas et est peu être lançons une hypothèse fumeuse, le frère dissimulé de Guy Debord, le film devient un passionnant jeux de miroirs générationnel, François Geranne cambriole l’appartement familial, il brûle quelques dossiers par désoeuvrement et est surpris par son père, scène glaçante et symptomatique entre le jeu tremblant de Mocky et celui très théâtral du père c’est histoire du film en creux, un jeune homme libre contre un homme aveuglé par ses conventions, La Nouvelle Vague contre le vieux cinéma, des corps légers et aériens contre des corps lourds et terriens, bientôt le corps de François Geranne va être littéralement enlevé par une ambulance inquiétante, comme toutes les automobiles chez Franju l’ambulance est un personnage qui ici nous laisse devant les murs gris terrifiants et concentrationnaires d’un hôpital psychiatre au cœur des champs.

II- Folie

Comme s’il se heurtai à un mur la liberté !

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François Geranne se réveille et fantomatique il est conduit vers un réfectoire incertain, là complètement abattu il comprend -on est chez Jérôme Bosch en enfer, et paradoxalement au milieu des malades au cœur de la folie la plus palpable ce qui est le plus inquiétant c’est le peu de normalité qui persiste, les infirmiers le son confus et un peu sourd, les objets qui imposent leur présence, bols et cueilleres, tables et chaises et assis sur l’une de ces chaises Heurtevent Aznavour, un être doux et un visage magnifique. Redire l’admiration qu’il faut avoir pour Aznavour acteur ou plutôt pour ses apparitions car s’agit bien de cela des apparitions pleines de poésie.

Retour à l’opposition entre les corps, le médecin qui « soigne » Geranne c’est Pierre Brasseur qui impose sa présence son épaisseur toute sa lourdeur massive en quelques scènes, il est impressionnant et face à lui Mocky tremblant et fiévreux abrutis par les drogues ne pèse pas bien lourd, c’est la société qui reprend le contrôle d ‘un corps libre, Brasseur n’est pas un médecin c’est un flic qui veut préserver la bourgeoisie de tous ces suicidés potentiels.

François Geranne n’est pas fou et son regard celui d’un être normal au cœur d’un hôpital psychiatrique est celui de l’épouvante pure. Alors après une visite de la douce Anouk Aimée il tente de s’échapper de se fondre dans le flot des visiteurs. Mais il ne passera pas la porte, retour aux sédatifs on drogue les malades. L’ordinaire de l’hôpital prend place, portes sans poignées, de gros pigeons dans une volière, un petit train qui transporte les patients, une folle sublime qui chante au milieu des fougères, cris des oiseaux qui se mélange au gémissement presque continu de quelques patients, et la revanche des objets, une attaque terrifiante à la scie égoïne et le fou homicide qui se débat, plan extraordinaire, l’uniforme noir de « l’aliéné » se débattant au milieu des blouses blanches, abstraction beauté convulsive, la beauté sera convulsive ou ne…

Il y a bien un Médecin qui représente l’espoir Paul Meurrise (sobre) dirige une clinique libre au cœur de l’hôpital dans la nature. Une clinique ou les patients sont considérés ou on utilise des méthodes modernes mais la clinique est pleine. Il n’y pas de place pour Heurtevent et François Geranne alors ils s’évadent, la séquence est admirable, la fuite dans la nuit, la forêt et la mer, la lumière des infirmiers qui traquent les évadés, et au moment ou les deux hommes semble vraiment libres, Heurtevent tel l’ange de Cocteau Heurtebise, se heurte à un mur la liberté, il tombe d’un bloc en arrière les bras en croix, Aznavour est bouleversant il est épileptique on l’apprend.

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Le film prend sa vrai dimension et bientôt l’intime s’imbrique se mêle à l’histoire dans une scène stupéfiante, une église les orgues qui montent et Edith Scob qui se lève son visage si singulier mais effroyablement beau, c’est un plan d’homme amoureux c’est une piéta et s’il n’est pas convenable de pleurer devant un tableau au musée, au cinéma la chose se fait naturellement., Heurtevent va ensuite réussir sa mort (Godard) et Mocky s’évader dans un plan fixe plein d’umour anticlérical.

III- Retour

Mocky-Geranne est libre mais le monde réel semble prendre les couleurs de la folie, à force de nous le montrer comme un être normal Franju nous persuade petit à petit qu’il est devenu vraiment fou., Nous ne sommes plus dupes, il sera pour toujours un inadapté, il rejoint Anouk Aimée le temps d’une scène encore inoubliable d’érotisme frémissent ou il lui déboucle son ceinturon de manière gauche et subtile, les corps fusionnent enfin.

Mais bientôt une ambulance terrifiante pourra naturellement l’emmener vers son destin et le film se terminer par un travelling amer le long des murs de l’asile psychiatrique.

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Ptôse - ignobles limaces



Mon dieu quel choc ce truc est immense, immense et assez difficile à définir, comment dire : si les dadaïstes avaient eu des minimoog peut être que c’est le genre de musique qu’ils auraient commis, le « chanteur » vocifère avec beaucoup de sérieux des choses assez énigmatiques sur la vermine, les limaces et autres animaux fort sympathiques, les lignes de synthés sont délicieusement naïves, les guitares comme des petits coups de rasoir, l’ensemble donne un sentiment de malaise réjouissant, voilà j’ai trouvé comment définir tout ça c’est de la musique baveuse, baveuse et reptilienne, un rendez-vous crapoteux avec l’immonde, mais un rendez-vous délicieux.

Ps : Ptôse a sortit deux trois choses sur le mythique label « sordide Sentimental »

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lundi 10 janvier 2005

The Shop Around The Corner -Ernst Lubitsch (1939)

"Quant à la comédie humaine, j’estime n’avoir jamais fait mieux que dans The Shop Around The Corner. Jamais je n’ai réalisé un film dont l’atmosphère et les personnages étaient plus authentique que dans celui-ci..."



Comme le disait si bien François Truffaut, Lubitsch était un prince, et justement la plupart de ses films décrivent un monde de princes légers, de coquettes ou de grands bourgeois, sous les lustres étincelants de la Paramount les téléphones blancs sonnent souvent mais ne donnent pas beaucoup de nouvelles du monde... The Shop Around The Corner est une exception merveilleuse, il décrit un monde de petits employés, voire de bourgeois un peu étriqués, loin des altesses et du champagne. C’est son film le plus près de la réalité, mais pas du réalisme et heureusement : le simulacre est toujours présent, la recréation d’une Budapest stylisée, recréation d’une mitteleuropa fantasmée, est très loin de tout vérisme ; et quand les flocons de neige tombent ils sont tellement parfais qu’ils renforcent le coté « conte de fées » du film.

The Shop Around The Corner est donc un “conte de fées”, l’un des sommets de la Lubitsch Touch, un film merveilleux et doux, mais pas si simple que ça en fait, sur le désir, sur la sexualité, sur le simulacre, sur la lutte feutrée des classes il ouvre des portes assez inattendues. La boutique de Matuschek est un est petit monde en lui-même, où Lubitsch s’intéresse d’abord à cette chose assez indéfinissable qu’est le sentiment amoureux, « l’intrigue » amoureuse puisqu’il faut la nommer ainsi. Le quiproquo épistolier met en valeur l’antinomie entre les mirages de l’amour idéal fantasmé et la réalité du désir charnel, ou comment être amoureux de son propre état amoureux plus que de l’être convoité, thème que l’on retrouve entre autres chez Proust. Margaret Sullavan, la petite vendeuse amoureuse, aime de manière éthérée un poète épistolier délicieux qu’elle n’a jamais vu, d’un autre coté elle désire inconsciemment être renversé dans l’arrière boutique par James Stewart, employé qu’elle juge terne et médiocre et qu’elle repousse d’un froid mépris ; voilà pourtant que le vendeur prosaïque et l’épistolier distingué ne font qu’un, James Stewart et Margaret Sullavan vont bientôt pouvoir fusionner corps et âmes mêlés.

Toute l’élégance et le talent de lubitsch sont donc de transformer l’habituel triangle amoureux en un duo, la conquête de l’être aimé passant par la destruction d’un rival réel ou fictif, la scène finale, véritable film dans le film en est la trace, James Stewart déclare à Margaret Sullavan avoir rencontré le correspondant sublime, le décrivant comme gros, pantouflard chômeur sans le sous et pour tout dire profiteur et vaguement coureur de dot, Sullivan est effondrée, quoique très bien dans son corps, elle assume maintenant pleinement son attirance physique envers le vendeur terne, elle se résigne pourtant à rejoindre son amant fantasmé quand a cet instant précis Stewart lui révèle la vérité, lui et l’épistolier charmant ne font qu’un, instant miraculeux, le corps et les sentiments se rejoignent dans une alchimie parfaite.

Lubitsch s’intéresse à l’intrigue amoureuse mais en second plan la boutique vit elle aussi, Matuschek le patron onctueux puis dur et cruel devient neurasthénique et tente de se tuer en apprenant l’infidélité de sa femme ; Pepi le petit livreur le sauve et est nommé comme vendeur ; Vardas l’employé mielleux de Matuschek est l’amant de sa femme ; Pirovitch l’ami fidèle est un peu peureux ; tout un petit théâtre, triste et gai où tous les personnages ont une vie autonome et existent vraiment.

Si Lubitsch était un prince, c’était aussi un magicien, maître total de ces instruments, capable de remuer en nous des sentiments profonds de manière quasi invisible et légère, capable de fusionner le grand style viennois à la comédie classique hollywoodienne avec une ferveur détachée et pleine d’ironie, pour finir il faut dire un mot de Jimmy Stewart, vibrant, fiévreux, hésitant, d’une gaucherie sur le fil du rasoir, il est extraordinaire, comme d’habitude et même un peu plus dans ce film.


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dimanche 9 janvier 2005

Stéphane Breitwieser

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"Le pâtre endormi" par François Boucher volé à Blois

Après une tentative de suicide par pendaison dans sa cellule Stéphane Breitwieser, a été condamné par le tribunal correctionnel de Strasbourg à trois ans de prison, dont dix mois avec sursis, il a reconnu être l'auteur de 68 vols en France entre 1995 et 2001 et d'une centaine dans le reste de l'Europe (Danemark, Pays-Bas, Autriche, Allemagne, Suisse. Il a avoué aussi avoir dérobé au total 239 objets d'art de toutes sortes. La valeur estimée du trésor, détruit pour une grande part: 10 à 15 millions d'euros !!!
Sa mère et son ancienne petite amie ont également été condamnées, il faudrait écrire une petite histoire des voleurs d’œuvres qui pourrait être assurément un chapitre en mouvement de la « grande histoire de l’art », d’ailleurs en parlant de cette histoire ne pas oublier Malraux et ses visites pour le moins équivoques chez les Khmers. «Au musée on ne peut pas toucher, on ne peut pas conquérir.

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vendredi 7 janvier 2005

Alain Peters



Qui connaît cette voix d’une tendresse infinie, qui connaît ces mélopées poignantes, chantée dans un créole mélancolique et nostalgique, qui connaît surtout Alain Peters ? Un chanteur Réunionnais au destin tragique et à la fulgurance assumée au travers d’une vie marquée par l’alcool et l’autodestruction. Alain Peters est d’abord dans les années 70 une sorte de Pop Star locale écumant les bals de l’île avec une prédilection pour quelques standards de Led Zepellin, Hendrix, Beatles... Puis petit à petit il prend conscience de sa " Creolité " et en même temps qu’il plonge dans l’alcool il découvre le M’aloya, musique traditionnelle Réunionnaise et la Takamba, une sorte de guitare sahélienne qui va définir son style, pour simplifier-on dira que ça sonne comme du blues, un blues rêche et émouvant au plus haut point comme si cette musique après être passé par le Delta du Mississipi et après quelques détours revenait à ses racines africaines juste un peu plus à l’Ouest... Les seules magnifiques traces laissées par Alain Peters ont été enregistrées pour la plupart du temps sur des magnétophones 4 pistes un peu légers, elles n’en sont que plus émouvantes et intimidantes. (Il y un album disponible Paraboler qui regroupe pas mal de titres). Loin des clichés touristiques et de la prétendu World Music, Alain Peters est un chanteur secret à découvrir d’urgence, il est mort d’une crise cardiaque en 1995, l’une de ses chansons s’appele "Mangé Pou Le Cœur" il était aussi un poète magnifique...

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mercredi 5 janvier 2005

Piero Manzoni



-Idée géniale la merde en boite, mais après que peut ont faire ?

-Ben la machine à merde est pas mal non ?

-Mais apres ?

-Ben relire le PERE UBU !

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lundi 3 janvier 2005

Les Ensorcelés -Vincente Minnelli (1952)


C’est un film nostalgique qui parle d’Hollywood, mais ce n’est pas le meilleur Minnelli manque surtout la couleur, lui qui est avant tout un peintre qui fait avec les histoires des autres souvent de manière splendide, qui se les approprie esthétiquement, est un peu moins à l’aise dans le N&B et le naturalisme. Manquent le simulacre, le factice, la pâte esthétique qui transcendent le plus faux en une vérité plus que palpable, la vérité de l’artiste la seule envisageable. Le scénario est un peu trop littéraire compliqué et mode dans ses structures, on sent l’influence de Citizen Kane et du roman contemporain, trois flashbacks qui scindent l’histoire en trois temps, alors que l’intrigue aurait mérité plus de fluidité moins de mécanique scénaristique un peu théorique qui bloque l’émotion. Les trois temps du film se terminant par contre par trois climax extraordinaires où tout l’art de Minnelli se fait sentir, trois trouées poétiques dans le corps du film qui sont la marque de sa sensibilité débordante.

Un film nostalgique qui parle d’Hollywood, une star, un réalisateur et un scénariste ce sont les trois fameux temps, eux les ensorcelés. Voilà donc, le système hollywoodien, le star-system, la déchéance, l’alcool, la prépondérance des producteurs. Evocation à peine déguisée de Val Lewton et d' Irvin Thalberg… Superbe clin d’œil à Jacques Tourneur et à sa poésie du hors champ et quelques amusantes piques un peu théoriques sur la rivalité producer, réalisateur avec cette question en suspend : qui est le vrai auteur ? Tout cela est évidement pertinent et Minnelli ce fait entomologiste distant, le film mélange un peu le drame à une ironie qui passe assez mal, le scénario est passionnant, mais comme dit plus haut il n‘est pas assez fluide et trop conceptuel.


Un film nostalgique qui parle d’Hollywood, oui, mais surtout un film nostalgique qui parle de Minnelli. Longtemps considéré comme un formaliste qui n’avait rien à dire, c’est pourtant un cinéaste de l’intime, qui ne parle que de lui, de la création. Alors qu’il fait figure d’illustrateur doué une sorte d’artisan sage, ses personnages ne sont quasiment que des artistes, peintres, danseurs, cinéastes, écrivains, fous. Voilà son sujet, des êtres ultrasensibles qui se heurtent à la vie, qui cherchent à se fondre dans le décor, par la danse, par l’abandon, par la légèreté ou la pesanteur, ce sont ces fameuses brèches poétiques, sorte de trous noirs magnifiques, où le sujet et le film ne font plus qu’un, ici dans les Ensorcelés, c’est la scène admirable, quasiment sublime, ou Lana Turner, délaissée, au plus profond de « son » désespoir perd le contrôle d’elle-même, s’oublie dans son chagrin et se laisse guider par son automobile vers la mort, croit-elle ? Là l’intime prend le pouvoir sur l’ordinaire du scénario, c’est la revanche d’artiste de Minnelli sur les studios, c’est son empreinte sa marque et tout ce qui fait le prix singulier de son cinéma : ce basculement entre le personnel et l’universel qui fait de lui un peintre de l’âme magnifique et un homme libre.

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La Garçonnière-Billy Wilder (1960)

Quand je fais des Spaghettis je pense à chaque fois à la Garçonnière, c’est un Wilder merveilleux derrière le sujet un peu sociétal c’est aussi un film sur la solitude et l’intrigue a des cotés très sentimentaux choses qu’on oublie régulièrement en évoquant Billy Wilder, ne pas négliger ses débuts aux cotés du grand Lubitsh , il n’est pas que sec et cynique même si il n’est pas bien pensant.

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dimanche 2 janvier 2005

Francisco de Goya


Doña Isabel Cobos de Porcel - 1806

Derrière ce portrait alimentaire et presque faussement serein on cherche le vrai Goya celui des Désastres celui qui fait entrer le démon dans son art, décapitions, pendaisons fusillés et cadavres délaissés, Goya est le peintre du sang peut être le premier à introduire l’infernal chez l’humain et non l’inverse, la ou la peinture Italienne empreinte de sentiment religieux coupe un peu l’art de son monde souterrain, lui le révèle à l’univers.


Grand fait d'armes! Avec des morts! Désastres de la Guerre

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